mercredi 1 avril 2015

SOUPE DE TOMATE - PLUME LU




Jeffrey T. Larson - The hidden Place





dans son hangar de draps
sales, seule
une âme sœur





*




longue nuit
elle vomit dix fois
sans me réveiller





*




fermer ce livre
ouvrir un rêve
bonne nuit





*




Il se promène avec
les cheveux tous propres
et quinze de moyenne





*




en deux bonds
boing boing
le tour du cadran





*





Au lit
En la sûre compagnie
D'un gros livre





*




un peu avant le solstice
la lumière un instant
se repose





*




sans un mot
son baiser sur mon front
sans un mot





*




Entre Betelgeuse
et Procyon
Le museau d'une licorne





*




sentier de nuit
de quoi nous a prévenu
cet oiseau





*




ne retournons
plus
la moindre carte





*




à travers la forêt de mars
dans la bouche
chaud et froid mélangés





*




entre ces deux pins jumeaux
décidément
plane un mystère





*





soupe de tomates
seule
mais au paradis





*




première tiédeur
le mimosa déjà
décline





*




allongé par terre
en manteau
il attend son père





*




dans le gingembre mariné
mon coeur
éclairci





Jeffrey T. Larrson





lente tristesse
laisser tourner un peu
les astres





*




matin sans douleur
et dehors
la vie mouillée





*




tais-toi rossignol
ses beaux yeux
ne m'ont pas aimée





*




avec toutes ses fleurs
le camélia sous la pluie
rêve de l'Angleterre





*




mets des talons
sussure
le collègue aux yeux bleus





*




la première asperge
juste au dessus du vide
hors de portée





*




soleil voilé
courir vers l'école
dans l'herbe mouillée





*





tout donné
et pourtant
encore entière





*




Après la bataille
envie d'un bijou





*




Quel âge
peut bien avoir
le printemps





*




apaisement
même les gros nuages
sourient





*





Le chat noir
sur mon ventre
parfaitement à l'aise





*






salle d'attente
Au milieu de nos détresses
les robes légères des avocats








PLume Lu




jeudi 26 mars 2015

SOIR D'ÉTÉ



Tsuchya koïtsu - Yanagbashi-Sale







vivre après Auschwitz-
l'entêtante odeur
du mimosa




*





femme à la burqa -
vif derrière le treillis
l’oiseau du regard





*





Pause bavarde
entre deux salves
de caresses





*





Éclats de rire -
Poutine et le Pape
sont « Charlie »



*



lendemain de colère-
mon voisin fait tout tailler
dans son jardin




*





nuit agitée-
cauchemar de guerre
rien que des morts




*




Après la marche
reprendre le dialogue
avec la lune




*







septième jour de l'an -
rafale de kalachnikov
une page est tournée...





*





Journée d’hiver
engourdie de poésie
-l’esprit exalté





*





Avec le temps
Les tuiles devenues poreuses
-la larme facile





*





Noël- s'il vous plaît
"écris-moi un haïku"
me répète l' enfant





*





Le sdf
penché dans la poubelle
la lune si maigre !





*





Première gelée-
sur la table du jardin
duvet de glace





*





Pont des arts
le musicien fait le « bœuf »
avec le vent





*





Chemin de hallage –
juste au loin un pivert
qui picore l’espace





*





Couleurs d’automne
blottie au milieu du livre
-feuille momifiée





*





Début novembre-
retrouver les pulls en laine
ajourés par les mites





*





Anniversaire-
un peu de sable a coulé
dans le sablier.....











restés prés du lit
ils ne réchaufferont plus
ses pieds Les chaussons





*





bruit de tondeuse-
le vent m’apporte les parfums
de l’herbe coupée





*





Émergeant de la sieste
l’ombre de l’arbre
a changé de coté





Vincent Bioulès - L'allée des béas






Fosse commune-
dans un coin du cimetière
pots de fleurs fanées





*





À nouveau la Toussaint
a nouveau le chrysanthème
a nouveau la mort





*





Vieux robinet -
toute la nuit toc toc toc
dit la goutte





*





Vieux garçon-
dans son regard imprimés
des regrets





*





Montagnes de brumes
J’y dépose mes rêves
-offrande à l’éphémère





*





Livre d’occasion-
sur le marque page oublié
un haïku





*





Ami disparu-
encore présente sa voix
sur son répondeur





*





Par poignées ses souvenirs
dispersés par le vent
-automne précoce





*





Ciel lumineux-
des cheminées d’usine
s’échappent des nuages





*





Marelle -L’enfant
trop pressé d’aller au ciel
les genoux en sang





*





maison ancienne-
dans ma paume la douceur
du bouton de porte





*





soir d’été -
plus qu’un à
déboutonner
et la robe tombe …





*





banc de l’hospice-
une vielle jeune fille
refait ses tresses





*





bibliothèque

caché derrière Rousseau

le marquis de Sade





*





Fukushima
il ne peut regarder les
vagues sans pleurer





*



bassin du Luxembourg-
ma jeunesse
y navigue toujours








Patrick Somprou



samedi 21 mars 2015

LE PRINTEMPS EN CULOTTES COURTES





Photo et texte de christian Cosberg






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Photo et texte de Christian Cosberg






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Photo et texte de Christian Cosberg







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Photo et texte de Christian Cosberg







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Photo et texte de Christian Cosberg







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Photo et texte de Christian Cosberg






*
 





Photo et texte de Christian Cosberg





mardi 17 mars 2015

CARTE AU TRÉSOR




Hugo Pratt





passage piéton
je cueille son sourire
et sa main levée



*



endormi
sur l'étagère
ce vieux dimanche



*



minuit passé
embrassé
de silence



*



ce chemin
qui ne mène nulle part
sinon au cœur des choses



*



nuit d'hiver
île neige
quelques blancs souvenirs...



*



désert
peut-être une fatwa
contre la pluie



*



dans son long sommeil
pour sûr que le grand chêne rêve
de feuilles et de vent



*



vite, vite
que l'hiver trépasse
embaumé de fleurs



*



vite, vite
des robes légères
des vagues et des dunes



*



passe-partout
son sourire ouvre
toutes les portes

 

*



croissant de lune
le chat espère
des miettes



*
 


tête à tête
un reste de spaghetti
et un mille-pattes



*



cette joie qui sautille
entre les voitures
deux moineaux



*



ciel blanc
pour l'heure il ne neige
que du silence
 


*



midi
l'hiver dévore
sa propre lumière



*



nuit d'hiver
les torgnoles
du grand vent



*



bien sûr la neige
mais les champs de fleurs
ah, les champs de fleurs !



*



mon pays
une croûte de sel
sur la peau des filles



*



dans le tram
deux inconnus
fesse à fesse



*



nuit noire
le plus court chemin
vers l'inconnu



*



sur l’auvent
la pluie joue
au télégraphe



*



nuit d'été
son chemisier ne tient plus
que par deux boutons de fièvre



*



grenier
une machine
à remonter le temps



*



avec la fille qui passe
nos sourires se marient
sans faire de petits



*



ah, cette femme !
l'apprendre
dans mes bras...



*



carte au trésor
ses grains de beauté
pour tout chemin



*



un fruit rouge
sur la fille au teint
de lune



*



à l'assaut de l'hiver
quelques bataillons
de pâquerettes



*



brasserie ~
toute une soirée à mettre
l'hiver en bière



*



tomates-cerises
le kigo
mangé à l'apéritif



*



de nos rires
plus aucune trace
coup de vent



*



le nez
dans ses cheveux
au tout début du voyage





Christian Cosberg