samedi 18 avril 2015

Woody Allen, Gershwin : I adore "Manhattan" !



   
   Ah ! George Gershwin, Rapsody in blue, des images de Manhattan qui défilent, la voix off de Woody Allen  cherchant ses mots et la meilleure entame possible au livre qu'il commence à écrire, sa déclaration d'amour pour New York qu'il adore... C'est un début formidable. Voyez, revoyez Manhattan, c'est une splendeur !

mercredi 15 avril 2015

LE SENS CACHÉ DES MOTS





Escher




TENIR MAINTENANT DES DEUX MAINS



*



RÈGLE DE TROIE

TOUJOURS MISER

SUR LE BON CHEVAL



*


AUTO-ANALYSE...AUTO-PSY !



*


PARLER EN GÉNÉRAL, C'EST FAIRE DU PARTICULIER UN PETIT SOLDAT.



*


 UN RAT D'AUTEUR EST TRÈS SOUVENT UN RAT DE BIBLIOTHÈQUE.



*




JE SUIS COMME LES ROBINETS, IL ARRIVE TOUJOURS UN MOMENT OU J’ÉPROUVE L’IRRÉPRESSIBLE BESOIN DE FUIR.



*



ON ME DEMANDE SOUVENT:
"VOUS ACCEPTEZ LES CHÈQUES ?
JE M'EMPRESSE DE RÉPONDRE.
"NE VOUS EN FAITES PAS, JE SAURAI LES TRANSFORMER EN SUCCÈS."



*


  MILAN
ON LES APPELLE COMMENT LES GRANDS PÈRES, LÀ-BAS ?
LES MILLE ANNÉES !
  *
 
 AYANT PRIS CONSCIENCE DE MON INCONSCIENT, JE ME SUIS MIS A MANGER POUR DEUX, ET DEPUIS QUE JE SAIS L'EXISTENCE DE MON SURMOI, JE MANGE POUR TROIS ! MAIS IL PARAIT QUE POUR RÉUSSIR UNE BONNE PSYCHANALYSE IL FAUT SE METTRE A TABLE...





LE B A BA POUR GUITARE ET DICTATURE : LA MUSIQUE DU JE INTERDIT




 
Jean-Marie Frappereau et Christian Cosberg 

 

lundi 13 avril 2015

CERCLE DE PIERRES - JEAN CLAUDE "BIKKO" NONNET




Vincent Bioulès








En ces temps d'insouciance nous filions des nuits entières, par de mauvaises routes, vers son hameau enserré de buis et de rocaille. Sous l'œil endormi de la chouette, gardienne autoproclamée de la lucarne Est de la bergerie écroulée, les petits matins saluaient nos arrivées d'un bon gros soleil levant sur la Séranne. Embrasée par les premiers rayons, la grande table de bois brut, posée sur l'herbe, nous attendait chargée de café brûlant et de gigantesques omelettes aux asperges sauvages qu'elle glanait aux flans des dolines.

Nous passions nos jours en d'interminables errances aux senteurs de thym ou en molles discussions à l'ombre d'un pan de mur qui parfois lâchait un caillou.

J'aimais particulièrement les jours de descente au moulin. Sacajawa Caussenarde, elle nous conduisait d'un pas sûr par des sentiers de renards, jamais les mêmes. Passant de la lumière crue à l'ombre épaisse, les yeux aveuglés, seules nos mains nous guidaient.



Scolopendres
la silhouette d'un meunier
mort depuis longtemps


Quand le jour virait au mauve, par son envol, la chouette donnait le signal de nos nuits à toucher les étoiles où les vins aux saveurs approximatives, et parfois l'herbe d'importation, semaient du lyrisme. Les ruines résonnaient alors de chants à faire pleurer la lune et de contes à effrayer un loup-garou.


fenêtre borgne
pelotonnés par grappes
autour de l'âtre


Au retour de ses chasses, la chouette nous trouvait dans la paille, membres entremêlés, soûls de nous même et encoconnés d’odeurs fauves .....


place du Caylar
l'orme sculpté maintenant
~ qu'est-elle devenue ?




 Octobre 2012



* * *


son mec si saoulant ~
partie au petit matin
morte de cirrhose




*





par-delà les murs ~
le parfum du seringa
jusqu'au potager





*






colère d'enfant ~
la vilaine maîtresse
au pilori




*




surveillants absents ~
le règne des petits chefs
sur la récré




*




direction laxiste ~
un à un les bons élèves
quittent l'établissement




*






route D18 ~
sur le poulailler en planches
un radar factice




*




café en terrasse ~
sur le gazon l'écureuil
fait ses plantations




*




odeur de pluie ~
dans l'entre deux nuages
la pleine lune




Hasui Kawase - Nuit pluvieuse





remontant du port ~
l'imperméable chemine
sous la lune




*




grande nuit venue ~
manquera à mes cheveux
le souffle du vent




*




cernes témoins
de nos nuits de débauche
~ ma douleur et moi




*




panache noir
l'usine d'incinération
embrume la ville




*




halo solaire ~
la brume sent le cheval
et le feu de bois




*




le café brûlant -
de la pomme il reste
trois pépins une queue



*



matin embrumé -
marc de café dessinant
des arabesques



*



par-dessus mon bol -
dans ses yeux noirs les reflets
d'une nuit blanche




*




barche da pesca -
avanti e indietro tra due punti
immaginari




Barques de pêcheurs -
va et vient entre deux points 
imaginaires




*




près de la nouvelle
envahie d'herbes folles
- la vieille route




*




grande régate
de folles feuilles sèches
– vent sur la mare




*




Bar des Halles ~
jusqu'aux bateaux amarrés
l’épique engueulade




*




jardin englouti
sous la glace un poisson
dessus un moineau





*




brouhaha d'expo ~
je m'arrache et examine
un grand poil de nez




*




vague d'Hokusai ~
dans la salle d'exposition
des remous de foule




*




solstice d'hiver ~
la nuit précoce ravive
les peurs ancestrales




*




premier citron
j'ai cru voir une jonquille
prendre son envol





*




 soleil englouti
au-delà des peupliers
le cri d'un corbeau





*





cercle de pierres
le cul bouffé par la rouille
d'une conserve






*




volet entrouvert
dans un carré de soleil
l'interrupteur






*




deuxième demi
il me tourne la tête
le printemps nouveau
 
 





Bikko 





dimanche 12 avril 2015

L'antichambre des durées


Les Amants, Louis Malle



  Jamais les amants ne se prénomment autant que les derniers jours de leur histoire...
   Un peu comme si les voyelles formant l'ensemble de leurs prénoms devenaient seulement alors véritables, assez en tout cas pour qu'on essaie de s'accrocher à elle avant de partir.
   Reste que régulièrement le prénom s'incline devant le nom dans l'antichambre des durées ; ne serait-ce qu'eu égard à sa dépendance vis à vis des phénomènes de mode.
   Le feu brûle mais il ne produit pas. Aussi les amants torrides se prénomment-ils le plus lorsqu'ils découvrent qu'au pareil de toutes choses, l'éphémère gagne en amour.



Roch-Gérard Salager

Extrait de Jour de l'an, aux éditions La Dragonne

jeudi 9 avril 2015

LA PETITE MOUCHE ET LE PRINTEMPS



Gustav Klimt - Les trois âges de la femme





au tréfonds de nous
quelques continents
à la dérive...



*



fouillant
dans sa mémoire
le vieil archéologue



*



de la vieille lampe frottée
sort
une petite mouche



*



fin de journée
encore la route à tailler
pour le jardinier



*



météo
chaque matin
plus vieux



*



entre les gouttes et le silence
un chant d'oiseau
chemine



*



~ le parfum d’un iris
et soudain
la tête me tourne
elle se tient donc là
mon enfance !



*



si léger
dans les bras
de la fille aux seins lourds



*



de moi
quelques traces
dans des lieux oubliés
 
.
 
.

de moi
quelques traces
dans des lieux inconnus
 
.
 
.
 
de moi
quelques traces
au creux des chemins
 
.
 
.
 
de moi
quelques traces
perdues dans les terres
 
.
 
.
 
de moi
quelques traces
dans des rires lointains
 
.
 
.
 
de moi
quelques traces
murmurées dans le vent
 
.
 
.
 
un peu de moi
dans les yeux bleus
de la fille qui passe



*



graines de basilic
déjà les tagliatelles
s’impatientent



*



dans leur grande sagesse
les fleurs
ignorent les lignes droites



*



arrivées
avant moi les fleurs
au sommet de la colline



*



impossible
de raisonner
une herbe folle



 *



rêvant leur vie
j’ai rêvé la mienne
premiers coquelicots



*



lune d'avril
s'oublier dans la vie
des autres



*



tout ce chemin
pour une porte close
je repars dans le vent



*



le ventre de la voisine
un seul habitant
dans ce petit monde rond



*



jogging
le matin court déjà
vers midi



*



baptême de l'air
les jeunes feuilles s'accrochent
aux branches






Christian Cosberg


vendredi 3 avril 2015

MATINÉE D'ÉTÉ - ROGER AMADE




Richard Thorn - Mayligh





Mi-mai dans les vignes ~
une cour de moucherons
autour de la tête
 


*



Mi-mai dans les vignes ~
le vert chasse le noir
petit à petit
 


*


 
Mi-mai dans les vignes
passe le tracteur
et son nuage mortel
 


*


 
Mi-mai dans les vignes ~
à l’abri dans sa cabine
il me regarde
 


*


 
Mi-mai dans les vignes ~
une mante religieuse
agonise
 


*


 
Mi-mai dans les vignes~
assis sur son cul
il n’entend plus le coucou




*




Mi-mai dans les vignes ~
à la brise de noroît
les acacias neigent




* * *






l’atelier, fin Mai ~
l’odeur chaude du métal
et de l’huile de coupe
 


*



l’atelier, fin Mai ~
petit à petit le foret
pénètre le fer
 


*



l’atelier, fin Mai ~
des ripes d’acier
la chevelure bleue
 


*



l’atelier, fin Mai ~
sur la tranche de pin frais
le chant du rabot
 


*



l’atelier, fin Mai ~
son bédane soulève
des dentelles de chêne
 


*



l’atelier, fin Mai ~
sous les dents de la ryoba*
le pin vire à l’encens



*(scie japonaise à denture fine que l’on tire au lieu de pousser)
 

*



l’atelier, fin Mai ~
le friselis des copeaux
sous le fer du rabot
 


*



l’atelier, fin Mai ~
un deux trois coups de marteau
la pointe tordue




* * *




Médoc en été~
en conduite supervisée
avec mon petit







Médoc en été~
le ciel est bas et sombre
mon fils détendu



*



Médoc en été~
j’aime rouler avec toi
me dit-il serein



*



Médoc en été~
là, un poil trop vite
Je gère dit-il



*



Médoc en été~
que de progrès chaque fois
il me dit sa vie




* * *



 orage



matinée d’été~
silence et tranquillité
plus rien ne bouge



Sept ans de réflexion de Billy wilder




matinée d’été~
soudain les tambours du ciel
l’air sent l’ozone



*



matinée d’été~
après un bref silence
le petit galop de la pluie



*

matinée d’été~
l’odeur devient verte
et l’herbe respire








tomates séchées ~
il veille au coin du four
le vieux haijin



*



sa tarte à la tomate
un peu de travail
et beaucoup d’amour



*



ton lemon curd
c’est une tuerie dit-elle
devant le pot vide



*



matinée d’été ~
ne rien faire du tout
juste respirer



*



matinée d’été ~
elle, partie au marché
lui en train de glander



*



matinée d’été ~
plus qu’une semaine
et… mon tout petit





Roger Amade





mercredi 1 avril 2015

SOUPE DE TOMATE - PLUME LU




Jeffrey T. Larson - The hidden Place





dans son hangar de draps
sales, seule
une âme sœur





*




longue nuit
elle vomit dix fois
sans me réveiller





*




fermer ce livre
ouvrir un rêve
bonne nuit





*




Il se promène avec
les cheveux tous propres
et quinze de moyenne





*




en deux bonds
boing boing
le tour du cadran





*





Au lit
En la sûre compagnie
D'un gros livre





*




un peu avant le solstice
la lumière un instant
se repose





*




sans un mot
son baiser sur mon front
sans un mot





*




Entre Betelgeuse
et Procyon
Le museau d'une licorne





*




sentier de nuit
de quoi nous a prévenu
cet oiseau





*




ne retournons
plus
la moindre carte





*




à travers la forêt de mars
dans la bouche
chaud et froid mélangés





*




entre ces deux pins jumeaux
décidément
plane un mystère





*





soupe de tomates
seule
mais au paradis





*




première tiédeur
le mimosa déjà
décline





*




allongé par terre
en manteau
il attend son père





*




dans le gingembre mariné
mon coeur
éclairci





Jeffrey T. Larrson





lente tristesse
laisser tourner un peu
les astres





*




matin sans douleur
et dehors
la vie mouillée





*




tais-toi rossignol
ses beaux yeux
ne m'ont pas aimée





*




avec toutes ses fleurs
le camélia sous la pluie
rêve de l'Angleterre





*




mets des talons
sussure
le collègue aux yeux bleus





*




la première asperge
juste au dessus du vide
hors de portée





*




soleil voilé
courir vers l'école
dans l'herbe mouillée





*





tout donné
et pourtant
encore entière





*




Après la bataille
envie d'un bijou





*




Quel âge
peut bien avoir
le printemps





*




apaisement
même les gros nuages
sourient





*





Le chat noir
sur mon ventre
parfaitement à l'aise





*






salle d'attente
Au milieu de nos détresses
les robes légères des avocats








PLume Lu