samedi 25 juillet 2015

LE CIEL A MIS SA CASQUETTE DE VOYOU





Robert Vickrey




dernier fleuri
le pommier de Flandres
ouvrent les yeux

 
*
 

le ciel
a mis sa casquette
de voyou




*




face à face
avec un engin spatial
...une moiss-batt'




*




perle de cristal
aux fiancés d'Auvergne
-j'ai 30 ans ce soir




soirée rétro
"accordéon // trompette
-j'ai 30 ans ce soir




les trilles s'envolent
résonnant dans ma tête
-où sont mes 30 ans?




*




dans le ciel d'été
un train de cumulus
voyage voyage




Robert Vickrey - About july, perhaps august






tout là-haut
elle chante avant le piqué
l'alouette





*





rose ou blanc
il tremble sous la pluie
le cosmos




*




sur la route
ignorant le danger
un faisan




*




dans la grisaille
un massif de roses
- parfum du matin




*




flaque d'eau
au pied du tilleul
...un merle s'y baigne




*




perdu l'auto
sur le parking de l'hyper
..un cauchemar




*




dans un placard
mallette en carton
-canevas de mes 10 ans




*




le ciel et la terre
ne font qu'un dans la brume
-je frissonne




*




perdu mes clés
sous l'averse imprévue
...je patauge




*




tombées du ciel
des hallebardes pilonnent
les plants de salades




*




la lune se noie
dans une flaque d'eau
-je vais me coucher




Ishiwata koitsu





"danser sous la pluie"
la trouble profondément
-seule ce soir




*




sur le lac
il fait des ricochets
-le papillon blanc






* * *




dans le forsythia
jouant à chat-perché
les étourneaux






*






rompant le silence
un chien aboie dans la nuit
- tilleul dans ma tasse






*




après l'orage
petits bateaux sur la route
... feuilles sèches






*




un air de guitare
monte dans le ciel
au clair de la lune





*




près de l'arrosoir
deux petits gris en vadrouille
une goutte d'eau





*




dévorée
par la passion d'un frelon
...pomme de moisson





*





cette page
même sous la pluie
reste une amie





*






sur le muret
une cascade odorante
de chèvrefeuille





*




penchant la tête
il sombre de plus en plus
le tournesol





*





sur la terrasse
ils jouent à s'attraper
les petits lézards




la mi-juillet
les fait sortir des pierres
brûlantes




*




toutes mouillées
elles sèchent sur le fil
les deux tourterelles





*




un mur de verdure
agité sous le vent du soir
- champ de maïs





*




vacances d'août
les oisillons sont envolés
reste le chat...




sous le ciel bleu
le linge claque au vent
-une odeur de thym





*





entre les maïs
une buée monte du sol
- goudron brûlant





*





frémissement
dans le buisson de roses
-un papillon blanc





*






seize heures
le tocsin se souvient
cent ans après





*





dans la nuit
la tête dans les étoiles
...une pipistrelle





*




hier un bébé
la fille au smartphone
- les étés défilent




*




son et lumière
entre maïs et tournesol
- murmure du vent





*





agitation
dans les roseaux
- un colvert s'envole





*





le vent malicieux
jette les pommes à terre
- où est le cochonnet ?





*





après l'averse
il continue de pleurer
le saule





Matisse - Gerbe






après l'averse
le chat fait des bonds
par-dessus les flaques





*





il arrive en courant
cet air venu de nulle part
-mes yeux brillent





*





petite brunette
pédalant dans la campagne
cheveux au vent





*





elle scintille
dans la nuit de l'été
ma bonne étoile





*





dans la nuit noire
mes yeux s'écarquillent
-pluie sans étoiles





*





sous la pluie
le vide-greniers liquide
ses vieux pépins





*





sous le ciel gris
bikini au placard
-café brûlant





*





barbecue
à midi dans le jardin
-plaid sur les genoux





*



sur la haie
les mûres dévalent
en cascades piquantes




Éliane Fournier




mercredi 17 juin 2015

LUNE BLEUE





Photo de Jean-Pierre Divet





au dernier soupir
un regard sur ses brebis
il est parti




*




Sur le causse
au bal des papillons
l'esprit léger




*




Journée finie
flotte l'odeur
de l'enfumoir




*




Lune bleue
la tête dans les nuages
après l'orage




*




poussières d'étoiles
la mémoire de ses chaussures
au tableau de bord




*





sieste au vert
la musique des tarines*
et des mouches




*




vertige
le vent d'avant l'orage
jusque sous sa jupe




*




FOSSIL
étrange la marque de lunettes
de ma vieille sœur




*




Un à un
les grains de raisin
s'allument au soleil




*




Cette première mousse
offerte par mon Fils
longtemps sur mes lèvres




*




Ciel gris
piscine bleu
je plonge




*




été au ruisseau
soudain sa lumière
caresse la préhistoire




*




Instant d'éternité
seules dansent les feuilles
au gré de l'air




*




Ah, vous dirai-je mon fils
le plaisir d'un baiser posé
au milieu d'une vieille barbe




*




Retour de course
le salaki au fond du frigo
attend la tomate




*




dans ses yeux
la glycine se reflète
et m'enlace




Photo de Jean-Pierre Divet





Trapéziste
A quel fil de vie
tu te suspends




*




l'odeur de mon enfance
remonte de la cuisine
mon fils à la bilig*




*




Tel un radar
au bord de l'autoroute
le tournesol




*




Maquereaux à la main
il embrasse
ma fille




*




cette maison
façonnée de mes mains
la quitter




*




De notre été
ses jours ardents
que reste-t-il




*




Tête embrumée
l'ombre de lui même
le Ventoux cuve sa nuit




*





pour une journée
la douceur de vivre
au pays de la châtaigne




*




royaume des escargots
la pluie partie
ils prennent leurs pieds




*




ambiance des 24 H
chez les escargots
les pneus crissent




*




dorment les volets
le ressac de nos corps
près de la piscine




*




ceinture de sécurité
son parfum
reste attaché




*




terre en automne
son visage caché
accueille la semence




*





journée sous la pluie
les os encore mouillés
la douche attendra




*




combler l'absence
en notes de musique
prêtes à jaillir




*




ah! vieux prunus
offrant une fleur
avant l'hiver




*




aux fils du grenier
dormaient les fantômes
vents de mon enfance




*




pétales après pétales
sa rose sur mon chevet
doucement déposée




*




un jour imaginer
l'espoir que l'on porte
dans une valise




*




le sud
à l'angle de la rue
ses mains bavardent




*




carré de ciel bleu
fenêtres ouvertes
sur le Sud




*




Galerie marchande
rayon lingerie
il plie son bréviaire




*




elle partie
ma cheminée
a perdu sa flamme




*






envie d'ailes
la retrouver encore
cap au nord





*




aurore
le plat pays
un peu givré




Photo de Jean-Pierre Divet





que se disent ils
d'avoir vu tant de culs
les bancs publics



*



au bout du fil
une à une
les étoiles s'allument





Jean-Pierre Divet

 
* Race tarine, synonyme de race bovine de la Tarentaise. (Larousse)
* Le ou la bilig, aussi dénommée crêpière ou galettière, est une plaque circulaire en fonte, extrêmement lourde, utilisée pour réaliser et faire cuire les galettes ou les crêpes. (Wikipédia)




dimanche 7 juin 2015

FRISSONS BLEUS





Uemura Shoen








vache au pré
la queue dessine
un nuage



*



au bord de l'eau
une aile de papillon
abandonnée



*



grasse matinée
de temps en temps un oiseau
traverse la lucarne



*



au large
un bateau de pêche
ou la dernière étoile



*



sur mon poignet
fraîches les deux premières
gouttes de pluie



*



soleil oblique
les arbres s’allongent
dans le sentier



*



dans l'herbe verte
elle enfile des perles
la toile d'araignée



*



entre les rochers
une feuille blonde
a caché son or



*



solitude
l'allée des amoureux
a perdu ses feuilles



*



brouillard
je marche, fantôme
entre des fantômes



*



hiver
le ciel bleu
un couteau sur la peau



*



solstice d’hiver
les vieux tout heureux
du surplus de lumière



*



rosée
des gouttes de nuit
au bord de l’aube



*



cueillie sous la bruine
acidulée et fraîche
une pomme



*



au-dessus des plaines
un Mont Blanc
de nuages



*



fin de l'averse
la dernière goutte
ne me rate pas



*



odeur de roches
ou de silence
le petit sentier



*



il n’en finit pas ce rose
d’ouvrir ses pétales
à la brise du soir



*



bord de mer
par vagues successives
me visite son silence



*



aube limpide
dans la rue une voiture
en sens interdit



*



dattiers en fleur
le bec rouge de la sterne
dans le bleu du fleuve



*



tremblement
dans les feuilles légères
danse la lumière



*



le souffle du vent
sur les frissons bleus
de la mer



*



jardin d’avril
goûter dans le vert des feuilles
la joie du moment



*



crépuscule
le coeur de la rose
de plus en plus visible



*



crépuscule
doux entre les mains
le sable



*



printemps
son rire espiègle
me rajeunit



*



les criquets
au passage du vent
plus loquaces

*

le ciel est trop bleu
les vaches dans le pré
ferment les yeux



*

 

les rides de l’eau
portée musicale
sans notes



*



un oiseau
traverse le soleil
pour aller au nid



*



dans le vert
de chaque feuille
une once de soleil



*



odeur de roches
ou de silence
le petit sentier



*



le saule
admirer ses mobiles
de lumière



*



printemps
la rose et son reflet
sur la table



*



le mégot d' hier
toujours sur la dalle
plus le papillon



*



il pleut
invisible depuis hier
l'écureuil



*



de ses yeux rétrécis
que regarde le chat
dans la mer ?



*



ça gargouille
la vie reprend de plus belle
dégel



*



le vieux prof
ne se souvient
que de leur surnom



*



buée matinale
l’enfant sur le pare-brise
écrit un nom



*



dans l'autobus
nos jambes lentement
font connaissance



*


Aurore
les mots que l’on a tus
me reviennent





Marlène Alexa