jeudi 23 mai 2013

Le printemps de la pluie




trop faible
ce printemps
ne passera pas l'hiver


*


jamais un printemps 
n'a aussi bien imiter l'automne


*


printemps
les beaux jours
taxés à 75%


*


un temps d'hiver
paraît que le Qatar
a racheté Le Printemps...





Christian Cosberg

mercredi 22 mai 2013

Une oeuvre de l'ami Toshiro


Aïkikou, photo de Roger Amade




 Mon ami Toshiro, c'est Roger Amade avec qui j'écris des haïkus dans un groupe sur la toile. Roger, dont j'espère un de ces jours vous faire connaître les poèmes admirables, a aussi un talent d'artiste bâtisseur, il se coltine avec la matière et peut tout aussi bien construire un poulailler sur pilotis pour une voisine que de faire un "p'tit truc" pour son neveu...

 Je viens juste de finir un p'tit truc. Comme je le trouve assez réussi, je vous le montre! Pas frimeur, le gars!

Projet réalisé dans l'après-midi pour l'anniversaire de mon neveu,  3e dan d'aiki.
J'ai eu de petits déboires avec les pieds de tori (celui qui projette) pourtant acrobatiquement découpés mais qui ont cassé lors du perçage devant recevoir les broches de fixation de bambou du socle. 
J'ai dû me résoudre à les supprimer. 

Mais bon, le mouvement est là.


Données Techniques: 
Dessin récupéré sur Internet et vectorisé puis nettoyé et adapté.

Planchette de pin de récup' et bambou "brûlé" de trois ans gracieusement fourni par la Maison Pierre de Nautet-Sauternes, réputée, au plan européen (au moins!) pour l'excellence de sa production!  ;•)

Scie à chantourner Parside PDKS 120A2 (Lidl)
Lame Pégas® MGT2/0

Huiles de traitement: Dictum Gmbh


Haïkikou, de Roger Amade
Pour traiter les hakamas ("jupes") et les chevelures, j'ai utilisé un pigment noir en suspension alcoolique, "noir de vigne". Lorsqu'il a été sec, il s'est tranformé en poussière noire très tachante et il a fallu tout nettoyer à la brosse sèche "intelligemment" pour éviter la maculation des zones claires. L'huile a fixé le reste.
Première imprégnation (2 couches) avec huile de tung + térébenthine + huile de pavot. 
Couches de finition (2 couches): Huile de tung pure + huile de citron + choji (huile de clou de girofle).

Y'a rien de pire qu'un fainéant qui se met au travail! ;•)

Portez-vous BIEN!

Roger Amade

mardi 21 mai 2013

Trois haïkus dans le vent





sous mes fenêtres
et dans les arbres
le bruit des vagues
 
*
 
 
petite marche
mon courage emporté
par le vent
 
*
 
 
nuages dans le vent
mon regard braconne
le temps qui passe

 


  
Christian Cosberg
 

vendredi 17 mai 2013

Le printemps introuvable





arrive la pluie
et quelques vieux souvenirs
au goût de terre
 
*




nouveau matin gris

ce printemps

est une peau de chagrin



*



 

minuit passé
me voilà au milieu des ombres
couché dans le silence...




*

 

 
midi
ni toi ni le soleil
~ repas froid




*

 

 
ce matin
je croque un jour d'automne
~ pomme rouge
 
 
Christian Cosberg
 
 


mercredi 15 mai 2013

NEW YORK POLARS, une chronologie




Villes et auteurs de romans policiers se retrouvent parfois associés comme des couples d’amants maudits . Barcelone/Manuel Vazquez Montalban, Amsterdam/Janwillem Van de Wetering ou Los Angeles/James Ellroy pour ne citer que trois exemples évidents. Mais que dire de New York ? Qui associer à la ville quand tant de noms nous viennent à l’esprit ?


Et puisqu’il s’agit de the Big Apple, la Grosse Pomme, cette citation de Mirabeau nous emmènera droit vers Chester Himes et préfigurera Lawrence Block : “L’entassement des hommes comme l’entassement des pommes produit la pourriture”.
“Figurez-vous qu’elle était debout, leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. Chez nous, elles sont couchées, les villes” (L.F. Céline)… avant qu’elle ne bascule dans l’horreur de ce 11 septembre 2001 et ne plonge avec L’Homme qui tombe de Don DeLillo (2007, Actes Sud, 2008) au-delà de la catastrophe.



·                    À tout seigneur tout honneur et en rapport aux origines du genre, Edgar Allan Poe inaugure la longue liste, s’intéressant en chroniqueur à un fait-divers advenu à New York : le corps d’une jeune femme découvert dans l’Hudson qui nous vaudra Le Mystère de Marie Roget (1842) premier conte des Histoires grotesques et sérieuses.

·                     D’autres datent l’apparition du roman policier aux USA à la publication de The leavenworth case (Le crime de la cinquième avenue, 1878 republié au Masque en 1999), vendu à 1 million d'exemplaires. Ouvrage de la fille d'un avocat new-yorkais spécialisé dans les affaires criminelles : Anna Katharine Green, dans lequel un policier nommé Ebenezer Gryce, que l'on retrouvera dans une dizaine de romans, mène l'enquête dans  la haute bourgeoisie. C'est à partir de 1886 que dans le New York Weekly, John Russell Coryell crée le personnage de Nick Carter l’as du déguisement, le détective new-yorkais qui sera le premier grand héros de la littérature policière américaine (700 novelettes, feuilletons)... juste avant qu’Herman Melville ne travaille pour les Douanes de la ville de New York en vieillard taciturne, oublié de ses lecteurs.

·                     Dans la veine des romanciers naturalistes et de l’École de Chicago, Stephen Crane publie Maggie fille des rues (1893) qui décrit les bas-fonds de New York City, 70 ans avant les portraits de freaks et de new-yorkais de Diane Arbus.

·                     Dans les années 20, à l’heure où Weegee commence à photographier en noir et blanc la vie nocturne de notre Big Apple, deux figures légendaires vont dominer la scène US : Charlie Chan le flic de Honolulu, créé par Earl Derr Biggers et Philo Vance, un détective amateur de salon de la très bonne société new-yorkaise, aristocrate cultivé, raffiné, gourmet, esthète amateur d’art, expert en égyptologie aussi intelligent que snobinard, créé par un critique d’art sous le pseudonyme de S.S. Van Dine. Van Dine  concevait le roman policier comme une partie d’échecs et se fit le théoricien de cette conception ludique en édictant dans un article célèbre ses fameuses 20 règles pour le roman policier in The American Magazine (1928). Après trois ans de convalescence durant laquelle il lut jusqu’à plus de 2000 romans du genre, il débute la série des Philo Vance avec La Mystérieuse affaire Benson (1926), puis publie L’Assassinat du canari (1927) qui devint même le nom d’un sorbet à la mode !

·                    Le tandem de cousins publicistes nés à Brooklyn en 1905, Ellery Queen (Frederic Dannay et Manfred B. Lee) entame avec Le Mystère du chapeau de soie (1929) leur longue et prolifique collaboration qui perdurera jusqu’en 1964, et même 1971 pour l’un des deux. Ainsi paraîtront plus de 33 romans, d’innombrables nouvelles (comme Village de verre) au fil des enquêtes de leur personnage Ellery Queen, un clone de son prédécesseur Philo Vance. Selon Jorge Luis Borges, sa décadence date du roman Le 4 de coeur (1939). Surtout, ils créèrent en 1941 l’Ellery Queen Mystery Magazine, extraordinaire revue qui eut un rôle capital dans la littérature policière du XXème siècle.

·                    C'est aussi en 1929 que William Riley Burnett, qui vécut longtemps à New York, invente le roman de gangsters avec son Petit César et le sous-genre avec casse et organisation du forfait, le caper novel, avec Asphalt Jungle (Quand la ville dort édité chez Knopf en 1949  en traduction française) qui se passe dans une immense cité du middlewest.    

·                     En 1934 Rex Stout lance si l’on peut dire son énorme limier Nero Wolfe littéralement « loup noir », le fameux Homme aux orchidées. Sans bouger de son fauteuil, en armchair detective il résout les énigmes les plus coriaces dans Fer de lance, Ici, Radio New York (près de 40 romans, d’innombrables nouvelles et pièces radiophoniques). Rex Stout a créé l’un des plus célèbres duos de l’histoire du roman policier : Nero Wolfe, le gourmet casanier et polyglotte habitant dans la West 35th Street secondé d’ Archie Goodwin, le narrateur, celui à qui, forcément, sont dus les déplacements, efforts, coups de poing…   

·                     1934 c’est aussi l’année de parution de L’Introuvable le cinquième et dernier roman de Dashiell Hammett (de San Francisco !) dans lequel Clyde Wynant richissime inventeur a disparu depuis le meurtre de sa secrétaire très particulière. Nick Charles le détective et Nora son épouse éclairciront cette disparition. Hammett vivait à l’époque à New York avec Lillian Hellman qui s’écrirait plus tard : “J’étais Nora”... Ceci signifiant à la lecture du texte que l’alcool était pour eux dans la vie et à toutes les pages... À mon avis, c'est le roman mineur et très dialogué de ce si grand auteur. Le titre n’apparaît même pas -et demeure donc introuvable- dans les six pages de l’intéressant entretien J.P. Deloux / N. Beunat (in la Revue 813 de mars 1999).

·                     Pour William Irish (pseudonyme de Cornell Woolrich), New York est la ville où il retourna vivre en reclus, avec sa mère. Une ville “...noire, comme frottée au fusain” qui est “comme une énorme gueule dont les silhouettes stylisées des gratte-ciels formaient les crocs acérés” !!! (in J’ai vu rouge, Carré noir, traduction française de 1952). Il écrit entre autres  love song (1932, publié en France chez Rivages/Noir) où l’amour passion entre Wade et Bernice les mènera au meurtre et à la désolation, et La Mariée était en noir (1940),  début de la fameuse suite en noir (5 romans).  Excellent nouvelliste (voir New York Blues, Club des Masques n° 430), Irish fut merveilleusement adapté au cinéma par Alfred Hitchcock : Fenêtre sur cour, et deux fois par François Truffaut : La mariée était en noir et La sirène du Mississippi.

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lundi 13 mai 2013

Petits riens






matin de mai
je ne sais rien
de ce silence



mattino di maggio
non so niente
di questo silenzio
 
 *
 

midi
le soleil a déjà mis
les pieds sous la table

 

mezzogiorno
il sole ha già messo
i piedi sotto il tavolo
 
 
 
Christian Cosberg
Traduction de Giordano Genghini 
 

dimanche 12 mai 2013

Les haïkus de Phil : Quelques heures au Salagou




Tant de cris s'échappent
de la roselière -
oiseaux sans leur nom

 
*

autoroute -
le parfum des genêts
m'énivre

 
*

 
coups d'ailes bruyants
les tourterelles
amoureuses

 
*

 
milieu du lac -
sur le radeau
un parasol grand ouvert

 
*

 
eau tiède du lac -
des éclats de boue barbouillent
leurs joues

 
*

 
somnolant dans l'herbe
je compte les gouttes
sur mon visage
 
 
 
Philippe Quinta