lundi 31 décembre 2012

Un petit dernier pour la route !











promenade
désormais je guette les premières
fleurs d'amandier













Christian Cosberg




lundi 24 décembre 2012

vendredi 21 décembre 2012

Promenade sous la pluie






route défoncée ~
la douce bruine
burine le macadam

 
 
 
 
 
nids de poule ~
dedans seulement
de la flotte

 
 
 
 
 
il pleut
sous mes pas
la colline rigole

 
 
 
 
 
le ciel
est une
vieille bassine grise
 
 
Christian Cosberg 


jeudi 20 décembre 2012

Faim du monde







 
 
 
la fin du monde ~
c'est la cupidité
sans fin
 
 
 
 
 
midi ~
tous les jours
la faim du monde
 
 
 
 
Christian Cosberg
 

mardi 18 décembre 2012

52 fins du monde dans l'année




lundi matin
la semaine encore
dans ses langes

 
 
dimanche soir
un goût de fin du monde
à la petite semaine
 
 
 
Christian Cosberg
 

lundi 17 décembre 2012

Temps sec et jour de fête




Tout est à l'honneur
Temps sec et jour de fête
Des brises et des allumettes
Le marché et ses senteurs.

Tout est bien
En maillot de bain
Jour de fête sans lendemain.

Ça finira bien
Brioche et pain
Temps sec sans fin.


Samuel Thomas



Le regard de Charles Denner


Tu m'as dit                                                    
je t'aime plus !
Je t'ai cru, et je me suis jeté dans la rue
qui m'a gommé
à la sortie d'un soupirail.


Jean-Luc Viala

*Charles Denner dans L'Homme qui aimait les femmes

dimanche 16 décembre 2012

Preuves à la pluie







toute la nuit
chante le chœur
des gouttes
 
 
 
*
 
 
 
sous la couette
l'été
en miniature
 
 
 
*
 
 
 
la pluie
toute la nuit
~ le petit jour en rigoles
 
 
 
*
 
 
 
le même temps
qu'hier
preuves à la pluie

 
 
 
*
 
 
 
 
le parc sous la pluie ~
seules les gouttes
font du toboggan
 
 
Christian Cosberg 


vendredi 14 décembre 2012

Défaire le feu ne suffit pas à dissoudre le froid




Mécaniques, Christian Martel



   
   Défaire le feu ne suffit pas à dissoudre le froid.

   Le froid se simplifie plutôt qu'il ne s'éloigne.

   Si la main reste toujours très proche du regard, la voix n'en élargit pas moins l'espace.
   Les visages, eux, sortent du livre pour prendre appui sur un corps de papier.

   Un enfant fait un pas de côté, en marge d'une falaise, et son angle d'écoute s'en trouve modifié.


   "Heureuse solitude." Ce matin, depuis la rue, quelqu'un l'aura dit à voix haute. Un inconnu de passage, car personne dans le pays n'aurait accordé ces deux termes. 
   Pourtant de ce côté-ci des murs, il m'avait semblé qu'à l'extérieur l'air était léger et l'herbe devenue lourde sans qu'on sache pourquoi.
   Aurons-nous jamais assez marché vers cette mesure capable de contenir l'absence partout, la solitude nulle part et pourtant implacable.
   Trop de lisières nous sont hostiles pour songer vraiment à s'éloigner d'ici.
   Et puis où qu'on aille, n'arrive-t-on pas toujours quand il s'agit de partir.





Roch-Gérard Salager
Extrait de Quelques aperçus d'un autre territoire aux éditions La Dragonne

Nakhombra ou La relève



Alerte ! Alerte ! Toute la propriété résonnait alternativement d’une voix féminine au ton inquiétant et des stridences entêtantes d’une sirène. Attention ! Attention ! Processus de Raoulisation en phase terminale. Nakhombra sortit de sa poche deux bouchons de mousse jaune qu’il ficha dans ses oreilles. Cette alerte durait dix minutes et intervenait de façon aléatoire deux fois par semaine. Il supportait ce tintamarre depuis de longs mois. Dix-huit, exactement. Il ne s’était pas résolu à déprogrammer le système. Ce qu’en toute logique, il aurait dû faire. Mais l’espoir, bien mince, de reprendre contact avec Queïra demeurait, et les alertes, depuis longtemps périmées, entretenaient cette illusion.
Nakhombra s’éloigna du corps des bâtiments. Il se fraya un chemin au travers des oliviers centenaires et grimpa jusqu’au Belvédère. Un reste de fraîcheur flottait encore dans l’air, il flattait son visage et ses avants-bras. Petit bonheur avant la grande claque que le soleil n’allait pas manquer de lui administrer. A peine huit heures. Pas un nuage à l’horizon, il allait faire chaud, très chaud. Le domaine produisait essentiellement de l’huile d’olive. A perte de vue les collines prenaient une couleur verte argentée, tachée de noir. La ville la plus proche se situait à l’ouest, au-delà du fleuve. Il s’y rendait quatre à cinq fois dans l’année, tout au plus. C’était là- bas que vivait Queïra, à Villeceinte. Il n’arrivait pas à vivre sous cloche. Peut-être que tout venait de là. Peut-être pas. D’un autre côté, qui, à part une poignée de fous, aurait bien pu vouloir vivre seul, perdu dans le vaste territoire des Fermes Automatisées ?
Nakhombra s’installa sur la terrasse du café-restaurant et posa ses mains bien à plat sur la table. Son allergie régressait. Il ne restait plus que trois petites taches rosées sur son avant-bras gauche. Toutes les mesures qu’il relevait jour après jour indiquaient un retour à la normale. Les chiffres corroboraient ce que la nature montrait depuis déjà trois années pleines. La pollution n’existait plus qu’à l’état résiduel dans des zones géographiques limitées et encore interdites au public. Pour autant, presque tous restaient encore calfeutrés au sein des villes-pyramides foncièrement sceptiques quant à la véracité des bonnes nouvelles dont tous les médias se faisaient le relais. Les médias s’étaient trop longtemps compromis avec les autorités pour qu’on ne les soupçonne pas d’un énième mensonge. Queïra avait été une des premières à se risquer au dehors, à vivre près de six mois dans une ferme automatisée, avec lui. Queïra. Il voulait l’oublier maintenant, si c’était possible. Demain, il déprogrammerait l’alerte de Raoulisation.

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Une nuit d'été, récit en 12 haïkus



 
 
passé la colline
les clameurs de la fête
s'estompent
 
 
*
 
 
il est cette ombre
qui s'enfonce
dans les hautes herbes
 
 
*
  
 
couper
à travers champs
une vieille habitude
 
 
*
  
 
sur la route
mangée d'ombres
le silence enfin
 
 
*
  
 
à un moment
rien d'autre
que la nuit
 
 
*
  
 
plus de temps
plus d'espace
la nuit
 
 
*
  
 
au loin
une lumière tremblée
mesure les ténèbres
 
 
*
  
 
revenir
chez soi
la seule quête
 
 
*
  
 
des bruits d'ongles
sur le bitume tiède
son chien
 
 
*
  
 
devant la porte
ses parents
refont le monde
 
 
 
 
à l'étage
sa sœur endormie
son souffle léger pulse la nuit
 
 
*
 
 
un grand verre d'eau
plus tard
~il s'endort
 
 
Christian Cosberg
 


mardi 11 décembre 2012

Dans la nuit froide






 
 
marché de Noël
nos mains glacées
sur un cornet de frites
 
 
 
 
 
 
 
petit matin
l'orient
c'est la machine à café
 
 
 
 
 
 
 
décembre
la petite fumée
de nos paroles
 
 
Christian Cosberg
 
 

En voiture, c'est Dizzy Gillespie qui conduit : Swing Low, Sweet Cadillac



   Quand le jazz devient folie douce, envoûtante fantaisie et célébration joyeuse d'un standard revisité et sublimé...Ce fut mon premier 33 tours de Dizzy, avec cette magnifique trompette dont le pavillon lorgne du côté du ciel, à chaque nouvelle écoute, je suis aux anges... 





lundi 10 décembre 2012

Madeleine Peyroux - The Summer Wind, en attendant l'été prochain


Heureusement pendant les frimas des voix chaudes et sensuelles nous consolent, parmi toutes ces nouvelles et magnifiques chanteuses de Jazz, il y a Madeleine Peyroux, une américaine si proche de nous...



Buisson de froid








piquante promenade
l'air
est un buisson de froid
 
 
 
*
 
 
 
page blanche
le haijin campe
dans l'attente
 
 
 
*
 
 
 
sur la neige
le haïku
d'un oiseau inconnu
 
 
 
*
 
 
 
parc sous la neige
un chien fou et son maître
complètement givré
 
 
Christian Cosberg

jeudi 6 décembre 2012

Les haïkus de Phil : la lune sur l'oreiller




elle s'endort
la main dans le pelage
du chien
 
 
 
 
 
 
fillette malade -
tous ses doudous veillent
sur son sommeil

 

 
fillette au sofa
savourant
les bruits de la nuit

 
pour ma fille
les bruits de la nuit
deviennent musique
le sommeil vient
en même temps que la lune
sur l'oreiller
 
 
Philippe Quinta

mardi 4 décembre 2012

Fauré nous offre le Paradis



   Oui, Fauré nous offre le Paradis grâce à son Requiem ! Cette musique est littéralement merveilleuse de la première à la dernière note. Écoutez-donc In paradisum, qui constitue la dernière partie  de ce chef-d'œuvre  de la musique classique. Avec ce Requiem, 2012 peut  doucement et paisiblement s'en aller, nous n'avons plus aucune crainte...




Ensemble de La Chapelle Royale, dirigé par Philippe Herreweghe 


dimanche 2 décembre 2012

Vin de paille






fin novembre ~
partout des rivières
de feuilles et de pluie



*
 
 
vin de paille ~
ta voix douce
encore plus sucrée



*
 
 
au fil des mots ~
toute une année à chantourner
le temps qui passe


*
 
 
la nuit s’installe ~
elle est là, avec nous
au coin du feu


*
 
 
midi ~
tous les jours
la faim du monde


*
 
 
mauvaise humeur ~
quelques heures barbouillées
au fusain