mercredi 25 janvier 2012

The Artist et Hugo Cabret : hommages transatlantiques

  •    Le triple A de Michel Hazanavicius 

   The Artist et Hugo Cabret vont vraisemblablement se disputer l'oscar du meilleur film le 26 février à Los Angeles. Ce sont les deux films les plus nommés, 10 nominations pour l'un et 11 nominations pour l'autre. Les jeux ne sont pas faits puisque concourent aussi au titre de meilleur film, entre autres, The Tree of life de Terence Malick, Minuit à Paris de Woody Allen, Cheval de guerre de Steven Spielberg et quatre autres prétendants capables de créer la surprise.
   Mais que les deux films les plus nommés soient The Artist et Hugo cabret ne peut que réjouir et toucher le cœur des français.
   The Artist qui vient de recevoir le Golden globe et le Critic choice award  du meilleur film, entre autres récompenses, est un brillant hommage au cinéma muet américain, une synthèse de burlesque et de mélo, une histoire qui évoque tout à la fois Chaplin et Fairbanks, les films d'aventures et les comédies musicales. L'age d'or d'Hollywood ! Les critiques et les professionnels du cinéma américain sont tombés amoureux de ce film. 
   
Michel Hanazavicius, depuis les deux réjouissantes parodies de film d'espionnage que sont les OSS 117, Le Caire, nid d'espions et Rio ne répond plus, s'est imposé comme un cinéaste de grand talent qui allie exigence artistique et respect du public, ce qui ne va pas toujours de soi dans le tout venant du cinéma français. Avec The Artist, il nous a littéralement bluffé comme il a bluffé les américains. Ce bluff, c'est quoi ? Un peu d'ambition tout simplement, et beaucoup de travail. Et puis deux merveilleux acteurs :  Jean Dujardin et Bérénice Béjo. 



    Si The Artist ne remporte pas l'oscar du meilleur film, il nous plairait, ici, à Point Critique, que ce soit Hugo Cabret.
    Hugo Cabret, de son côté, rend hommage au cinéma français, aux frères Lumière qui inventèrent le Cinématographe et, surtout, à un de ses pionniers, Georges Méliès. Si l'histoire racontée est romancée (adaptée du roman de Brian Selznick, l'Invention de Hugo Cabret), elle illustre bien cette enfance magique du cinéma, cette magie, au propre comme au figuré, redevable, notamment, au génie poétique de Georges Méliés. Quant au génie de Martin Scorsese que nous n'attendions pas sur ce terrain-là, il invente une grande machinerie vivante pleine de mise en abyme, pleine d'émotion, de peur et de féérie à l'égal du cinéma lui-même.

Christian Cosberg

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