lundi 30 janvier 2012

DÉRIVE




Nous avons longtemps dérivé.
Dans le silence et la pénombre d'une nuit profonde;
Seul le clapotis indistinct de la rive proche et lointaine
 fut une réponse à notre espoir
nous étions deux,
d’un amour sans crainte enlacés l’un à l’autre.
Nos regards se buvaient le cœur,
et bercés de notre ivresse criaient au monde leur joie, leur bonheur.
Que nous est-il arrivé si vite que nous ne l’ayons pas vue venir
Cette tourmente atroce qui nous laisse sans vie,
Désemparés, comme un navire à l’abandon au milieu de la mer,
quand la tempête a tout dévasté ?
Quel est-il ce Satan qui nous attache
 et nous déchire à la fois l’un de l’autre ?
Pourquoi ? pourquoi…
Tu t’en es allée, mon souvenir vibre encore de ta présence,
telle une onde à peine calmée de la tourmente.

Comme si n’y suffisait pas la mort,
la vie nous sépare plus violemment encore :
Tes cheveux, leur odeur, la douceur de ton corps
à mon corps accouplée,
Ton sourire et ton rire, et ma vie en allée
Pourquoi ? pourquoi…
Qu’avons-nous fait ici bas
que nous soyons si affreusement payés de notre amour ?
Quand il faudrait le dire, les mots seraient vains !
seuls permanents, le fiel et l’amertume d’une joie partagée
qui déjà s’est enfuie et qui demeure comme un immense regret,
Glaçant de son absence un univers de solitude
Comme une plaie dont on sait, du sang qui en sourd,
qu’on n’en guérira pas. 



Jean Gelbseiden

 Tableau de ZaoWou Ki , source photographique Arton 10jpg ; artere.free.fr





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