lundi 13 février 2012

CONCERT





 Tremblante est sa main
           Sous son regard absent ;
Impatients, le sont ses pieds
           Sur l’asphalte indifférent ;
Sa tête dodeline…
           Entend-elle seulement
le rythme obsédant
du pas des passants ?
Et lui, très lentement, s’est assis,
comme suspendu…
Céleste, il effleure
les touches du piano,
ses pieds marquent le rythme
d’une batterie légère
que frappe, ingénu,
le frère qui ne l’a jamais vu.
A deux pas, leur sœur ballerine
Pose son délicat baiser
sur le plancher
de bois blanc.
Les curieux s’agglutinent,
spectacle charmant,
qui pour un sou, qui pour un franc.
Et puis soudain,
Les vilains poils blancs d’un petit chien
-inconscient petit loulou surgi de nulle part-
sèment la terreur et l’affolement.
Elle tombe…empêtrée de tissu blanc
sur la grosse caisse, en plein élan.
Le batteur penche la tête :
 Étonnement !
Et puis s’emmêle les baguettes
dans tous les haubans blancs.
Seul et délaissé
Le pianiste lentement s’étonne
à ses mains de ses gants blancs.
Là-haut, tout là-haut,
le grand monsieur vivant
sans un reproche se rapproche.
Il se courbe, tendrement,
rend à l’une sa robe, à l’autre ses gants blancs,
démêle baguettes, chapeaux et loulou blanc,
puis il part faire la quête…
Mais il est cassé le cercle
des badauds insouciants…

Alors il referme ses boîtes
range, Mesdames et Messieurs,
ses instruments,
et quitte les lieux fort tristement
au cœur une larmette
et l’œil plein de néant




 Jean Gelbseiden


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