samedi 11 février 2012

Futur Antérieur, A nouveau

   

A nouveau, il y eut un orage violent que, trop plongé dans l'enfance, j'ai cru d'abord sec, entièrement dénué d'eau, les coups de tonnerre rapprochés au point de couvrir le bruit de la pluie, imaginant des chevaux dételés qui partaient en tous sens, comme pour gagner, sinon un pays neuf, à tout le moins une autre terre...
Ils allaient résolument et rien ne permet pourtant aujourd'hui d'affirmer qu'ils s'éloignaient de l'endroit qui les avait vus naître !
   
   Le matin, mon père couché. "Pourquoi irait-il contraindre sa jambe malade !" tonne ma mère.  
   Jamais on l'avait connu allongé après le lever du soleil.
   Les draps ensevelissent un arbre. 


   Ascèse des distances.
   Dans l'aplomb d'un effet, les détails cherchent une ébauche.
   Rien ne couronne l'errance, cette autre mère de l'erreur, marâtre de l'inabouti et nourrice de l'abîme.
   L'audace des morts réitère cette distance qu'aucune main ne menuise, ni n'anime.
   Dispersion toujours trop tardive des amas de non-dits.
   Le rapport des ruines au dévolu recouvre les distances.
   A l'égal des pierres que le grand froid n'arrive à rompre, ni à raisonner.


Roch-Gérard Salager, extraits de Futur Antérieur, éditions La Dragonne.

 

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