lundi 6 février 2012

Pour une nuit


A toute vitesse
le visage lavé d'un mouvement
ils vont

Le bruit du moteur
s'asphyxie
dans la musique

Ils vont
mais ils ne parlent pas

Prisonniers de la nuit
fatigués de sons et lumières
ils vont

Déjà l'étang métallise sa peau
et une goutte de sang
brouille lentement l'eau

Eux
ils vont
et ils ne regardent pas

Une ville arrive
et ils s'arrêtent dans un café
deux boivent un chocolat noir
les autres trempent un croissant chaud
dans un verre de lait

Et avant que le soleil
ne glace leur vue
ils vont se coucher


Jean-Luc Viala

Lumières d'Amérique, d'Edward Hopper

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