samedi 31 mars 2012

Entre chien et loup






C'est un moment magique entre deux états, où deux mondes qui semblent s'ignorer se croisent en silence. Celui de l'obscurité et celui de la lumière, celui des cauchemars et celui de la réalité, celui de la nuit et celui du jour.

Un moment magique ou les choses se confondent et où on a du mal à saisir la
réalité. A qui sont ces deux yeux brillants dans le crépuscule ? Est-ce un chien, l'ami de l'homme, ou un loup menaçant ?

François Milhiet

Photo, François Milhiet

vendredi 30 mars 2012

Mayday, comme un avion sans elle



juste avant le coucher
une gorgée d'eau
pour traverser la nuit

*
 
7:47
le radio-réveil m'intime
un atterrissage d'urgence


*

au travers des persiennes
rayon de soleil
posé sur ta joue




Objets Voyeurs Non Identifiés : Marie-Hélène Vallade-Huet



Figées comme dans un instantané, elles se donnent d’abord à voir pour finir par s’imposer à nous, comme les photos d’un album feuilleté, et sur les pages duquel on s’arrête, en proie aux souvenirs, à la petite robe, ou au petit chapeau blanc que portait… Comment s’appelaient, au fait, ce petit enfant, cette jeune fille ? D’où provenait et où allait cette procession ? Car ces sculptures nous semblent si familières qu’il est possible qu’on les ait déjà vus ces êtres arrêtés pour le temps d’une contemplation, au coin de la rue,  sur un  banc ou au bord de la rivière un jour d’été, et surpris dans leur rêverie, leurs secrets et leurs échanges, dans leurs prières ou leurs méditations, et qu’ils soient un temps les personnages entrevus de nos rêves, elfes à jamais disparus dans nos souvenirs d’enfance.
Contemplés aussi ces groupes hiératiques, processions vers le sacré, vierges silencieuses et attentives à l’Annonciation, ces couples posés dans une instantanéité éternelle, puisqu’ils nous sont donnés à voir aussi longtemps qu’on le souhaite, comme si nous avions soudain pouvoir à arrêter le temps par notre contemplation.
On les dirait murmurant quelque chose à notre égard qui nous est à tout jamais interdit, et qui nous rend curieux de leurs conciliabules, ces enfants entre soleils et ombres, quelquefois aussi muets, jaloux soudain, de leurs secrets à l’approche des Objets Voyeurs Non Identifiés que nous sommes.
Le talent de Marie-Hélène Vallade est justement de leur donner vie : ils ne se contentent pas de notre regard, ils nous arrêtent, jettent sur nous un œil curieux, étonné et plein de questions, comme si nos deux mondes soudain se conjuguaient dans l’espoir d’une hypothétique communion…
Car tous ces personnages semblent attendre un contact idéal et impossible avec les humains, et nous, prisonniers de notre chair, avec eux ; 
Et la terre—matériau fondamental— dont doivent être conçus les Peuhls, tellement leur couleur de peau reflète le sol qui les voit naître et mourir, porte le message que nous sommes poussière,  et rend de ce fait le sculpteur démiurge pour un temps de cette allégorie.

Jean Gelbseiden

jeudi 29 mars 2012

Marie-Hélène Vallade-Huet à Montpellier

  Juliette Rossignol a le plaisir de vous inviter à la découverte des œuvres récentes de 
Marie-Hélène Vallade-Huet
Sculptures en grès et papier-clay
(appelées aussi terre-papier)


VERNISSAGES LE JEUDI 5 AVRIL
DE 18 H 30 À 21 H
EN PRÉSENCE DE L'ARTISTE

EXPOSITION DU JEUDI 29 MARS AU SAMEDI 28 AVRIL 2012

GALERIE OUVERTE DU MARDI AU JEUDI DE 15H À 19 H
VENDREDI AU SAMEDI DE 11 H À 19 H

SUR RENDEZ-VOUS AU 06 11 376 011


GALERIE DE L'ÉCUSSON
11 RUE DE L'ANCIEN COURRIER
34000 MONTPELLIER
TÉL 04 67 52 80 14
E-mail lecusson@wanadoo.fr
Site www.galerie-ecusson.com

*Le regard de Jean Gelbseiden sur le travail de Marie-Hélène Vallade-Huet sera publié dans Point Critique en date du 30 mars 2012.

Comment parler à son cheval


DIRE "ESPÈCE D’ONGULÉ" A UN CHEVAL C'EST SABOTER LA RELATION.



Christian Cosberg

Crazy horse


As an English horse can say:
"Henni soit qui mâle y pense"
 

Jean Gelbseiden

mercredi 28 mars 2012

Les haïkus de Phil


Tiré d'une veste délaissée, un petit carnet de haïkus. Je l'avais
apporté avec moi pendant les trois jours du festival de l'association
française de haïku à Lyon en octobre 2010. Un peu relookés, les voici
frétillants à votre lecture. Ils me semblent avoir bien vieilli.

il y a ceux qui l'ouvrent
et ceux qui la ferment
la fenêtre
- Neuville c'est où ?
- c'est toujours tout droit
dit il pour me perdre
loin le Rhône -
toute cette eau bue
où la pisserai-je
sur la passerelle
enjambant le Rhône
j'ai le mal de mer
avant sommeil -
à quel sein ma main                                         
va-t-elle se vouer
 
Philippe Quinta

lundi 26 mars 2012

Marges déclives





 Marges déclives.

   L'immuable entoure ce que l'éternité sauvegarde ; ou bien
rajeunit.

   L'éternel : ça même qui change sans jamais finir.
   (La possession hors la soif du désir.)
   L'immuable : cela qui refuse tout changement au risque de
 périr.
   (La soif du désir sauve de toute possession.)

   Ce que l'on trouve n'est que trop rarement ce que l'on cherche
et le mot que l'on croit juste finira par fléchir, ou bien se révolter.

- Ultimes vêpres, là-bas, à jamais seules, sous les acacias, et
dont l'écho effeuille le calcaire.

                                                                          
Roch-Gérard Salager
Extrait de Futur Antérieur, aux éditions La Dragonne
*Claude Monet, Cathédrale de Rouen, l'après-midi. 1894.


Réflexion d'un étudiant en médecine


LE SYSTÈME LIMBIQUE ME REND CHÈVRE.

 Jean-Marie Frappereau

dimanche 25 mars 2012

Leurre d'été



des jours plus longs
chaque année c'est pareil
leurre d'été
*
quai de gare
haïku du matin
entrain

*

à l'arrêt au feu rouge
bétaillère
je regarde passer les vaches





vendredi 23 mars 2012

Vipérine attitude


"Entendu dans un salon de manucurie:
Vous savez la pauvre elle est tombée bien bas; elle va quelquefois ramasser des fruits tombés, sur la place, après le marché. Quand même être belle et bien mise, il y a quelque temps et en arriver là, on a pas idée!
Paraît qu'il y a pas si longtemps elle faisait monter des clochards chez
elle et qu'elle partageait les repas qu'elle allait chercher à la soupe
populaire.
Même que la concierge s'en est plainte à la police..."




Jean Gelbseiden

Tissu de mystère


Les états et les formes de la vie, ainsi que les processus qui les génèrent sont issus de mystères.

Illusoire risque zéro

MÊME AU PARADIS LE RISQUE ZÉRO N'EXISTAIT PAS.

Extraction



La fleur hésite
Les rideaux se sont mis à bouger
C’est le vent qui fait sa visite
Une porte claque
Un nuage passe
Dehors
Ils sont tous en train de rire
Je les entends
Je m’avance près de la fenêtre
Ils sont tous là
Tous
Ils ont l’air heureux
Ils le sont peut-être
Pourtant
Le vent
Les nuages
C’est l’odeur du temps qui a changé
Un filtre vient de tomber sur l’objectif
Je me souviens de tout
Il est vraiment temps de partir


Christian Cosberg


mercredi 21 mars 2012

Les haïkus de Phil


maternelle -
la minute de silence
sans dire pourquoi




Philippe Quinta

Les haïkus de Phil


Le festival "Itinéraires en méditerranée" de Montbazin s'est terminé par  une grande soirée marocaine. Au menu couscous royal et chants arabes.  C'était l'occasion pour les organisateurs de mêler une dernière fois  générations et cultures.

 

personne pour me traduire
les mots d'amour
de la chanson égyptienne

*

ses yeux si noirs
derrière la pile d'assiettes
blanches

*

modulant sa voix
sur des mélodies orientales -
nos bouches bavardes

*

à la file indienne
pour un couscous aux trois viandes -
oignons au miel

*

[ Pour lire la suite cliquez sur Plus d'info ci-dessous ]

mardi 20 mars 2012

Entendu sur France Culture, ce matin.



« Les russes disent qu’un optimiste est un pessimiste mal informé. »

Tout regard est exil


   Tout regard est exil.
   Et nous avons déjà blessé tant d'anges...
   Puni l'abeille, effrayé le moineau !

   Le Dire et le Lire : le premier sort du corps quand le second
y entre.

   On ne devrait écrire que les jours de fête et, comme de juste,
sur du papier de gala.

   Quelquefois l’Écriture masque ce qui n'a pu être aboli et que
le futur a déjà restitué, après de lourdes pertes.

   L'oubli éclaire ce que nous sommes, le souvenir nous conduit
 là où nous devons demeurer.



Roch-Gérard Salager
Extrait de Futur Antérieur, éditions La Dragonne

dimanche 18 mars 2012

Les adieux de l’hirondelle



Petite pluie fine et glacée
Des jours de tristesse
Quand tu tombes
Mes vieilles douleurs renaissent

Petite pluie fine et glacée
Adieu et sans rancune
Je te quitte pour l’été
Je rejoins des pays d’eaux et de dunes

Des pays où les petites pluies
Sont chaudes comme des baisers



Laura Breitwieser

Sweet Jungle













Sweet Jungle, photo et dessin de Christian Cosberg

samedi 17 mars 2012

DIALOGUE DE FAIM


Le cheval: j'ai l'estomac dans les talons,
 

La jument: j'ai l'étalon dans l'estomac



Jean Gelbseiden

JEUX DE HASARD ET HUBRIS



LA MESURE SE PERD SUR UN COUP DE DÉ.


Hubris ou hybris : « Chez les Grecs, tout ce qui, dans la conduite de l'homme, est considéré par les dieux comme démesure, orgueil, et devant appeler leur vengeance. » (Larousse)

vendredi 16 mars 2012

FOEHN





Le foehn frivole fait frémir
le foc qui faseye
et force le friselis frais
de la risée folâtre ;

Fuyant franchement les contreforts
le frêle esquif fend les flots
et fuit déjà la fête des filles en fleurs
d’où fleurissent les frissons fous
de leurs falbalas affriolants ;
les fiancées fragiles
frisées de folles fleurettes
fendent la foule affairée
leurs fanfreluches frivoles se fripent
de feuilles affolées ;
déjà leur front fiévreux se fronce
sous la fuite des fandangos fanés
et le vent fripon festonne leur jupe fendue
qui frétille sous la frange des ans
les fifres affaiblis se fanent futiles
et les figuiers fragiles
se figent enfin du vent qui se fatigue.


…Fin !




 Jean Gelbseiden


jeudi 15 mars 2012

Désir et désert




    Désir et désert.
   Simple question de soif !
   La part du désir dans le désert.
   La part du désert dans le désir.
   Partitions mêmement équivoques.
   Sans cesse trouvées, sans cesse perdues.

   Pas plus qu'elle n'appartient à elle même, l'image ne peut
contenir le miroir.
   Tout possède tout ; et cependant rien.
   L'immense ne faisant que prolonger l'infime.

   Plus au loin, la rive séculaire de l'anneau.
   Et l'adjonction de l'espérance.





Roch-Gérard Salager
Extrait de Futur Antérieur, aux éditions La Dragonne

Pas exhaustif mais pas sommaire


   Après avoir travaillé comme une bête de somme, sommé par la fatigue, au sommet de la dune de sable en guise de sommier, je faisais un somme sommaire sans débourser une somme en Baie de Somme pendant que le ravitailleur le Somme passait au large. En somme, une petite sieste rapide et gratuite en bord de mer.
Somme toute, beaucoup de sommes et même pas peur !*


François Milhiet
* En référence au film "La somme de toutes les peurs", thriller réalisé par Phil Alden Robinson

mercredi 14 mars 2012

Jouer sur les maux

Faire des mots croisés, c'est bien ! mais défaire des maux croisés, c'est mieux !

Une définition


"LA POÉSIE C'EST L'ART DE JOUER SUR LES MAUX."

Jean Gelbseiden

PETIT SOMME



 

   C’était un petit somme. J’avais quatre ans. Je dormais au soleil chaud de juillet, au bout du monde. Au début du monde. A mes côtés, dormait une petite chatte noire. Minette.  Nous dormions dans le grand champ, derrière la maison, aux frontières du temps, dans une campagne vaste et secrète que j’explorais inlassablement, où de grands serpents se faufilaient entre les herbes et les ronces, où le soir d’adorables épineux sur pattes venaient déguster les épluchures jetées dans les buissons. Nous dormions, heureux, sans doute, de la caresse du vent qui s’était mis à souffler. Nous dormions dans l’odeur de paille des herbes sèches, dans l’odeur de terre brûlée, dans l’odeur de toutes ces plantes, de toutes ces graines torréfiées par le grand feu de l’été.
    Sans le savoir, je veillais sur un trésor, Minette m’avait choisie, j’étais son amie, j’étais cette petite fille qui l’aimait et lui prodiguait de longues et interminables caresses. Mon sommeil innocent, ma joie, mon abandon, la force rassurante qui montait de la terre, ce plein soleil, cette campagne assoiffée, tout cela travaillait au mystère.
  A mon réveil, les tout-petits tétaient déjà leur mère, des petits chats nés sous mon nez, nés sous mon aile. Des petits chats bientôt joyeux et polissons dont j’étais un peu la maman, moi la petite fille,  « petite princesse des hautes herbes » comme m’appelait mon père. Une princesse barbouillée de terre, aux cheveux blondis de paille, une princesse aux pieds nus, aux  rêves simples et doux comme de fraîches orangeades.
   Ce jour là, j’étais fière, j’avais devant moi la vie toute entière…et déjà le sentiment de faire un peu partie du mystère…


Laura Breitwieser

Votez, éliminez !


Sarkozy et Le Pen célèbrent à leur manière  le cinquantenaire  la fin de la guerre d'Algérie.
On pourrait appeler leur initiative: "les accords déviants" ! 



Jean Gelbseiden

Les haïkus de Phil


Une longue chaîne jaune

11 mars
tous en jaune contre
l’invisible feu

A cette heure, j’ignore si la longue chaîne des anti-nucléaires fut un succès ce 11 mars.
Il me faudra attendre le résultat du comptage des manifestants, lequel se faisait, j’en fus le témoin, à l’unité près.
Nous nous trouvions donc en famille sur le tronçon du Pontet entre Avignon et Sorgues. La grande ribambelle des insoumis se tenait entre la cité des papes et Lyon.
Nous étions tous habillés de jaune. Certains arboraient le soleil heureux qui dit non merci à l’énergie mortifère.
Le mistral soufflait fort. Les visages étaient sympathiques. Nous longions une double voie
et d’immenses hangars fermés. Un peu plus loin, sur un pont enjambant l’autoroute, nous nous donnâmes pour la première fois la main. Des klaxons assez réguliers saluaient le cortège d’or. Nos holas s’amusaient à leur répondre.

 

Main dans la main -
le mistral on le dit gagnant
sur une pancarte

*

ceux qui passent à vélo
nous donnent des nouvelles
des deux bouts

*

fukushima
plus jamais ça !
entend-on crier dans la file

*

un message passe
de main en main –
on en compte peut-être 100 000

*

une auto circule
-poussée par le vent -
entre nos jambes

*

dans la file indienne          
des têtes chenues
y croient encore

*

à Fukushima
le même jour, les chaînes
sont silencieuses

*

sur le sol
un enjoliveur
transformé en soleil

*

parole d’enfant :
« alors tous les autres ...
(sous entendu ceux qui n’étaient pas dans la chaîne)
ils veulent mourir ! »

*

d’avoir manifesté
sans violence
m’a fait du bien

 
Philippe Quinta

mardi 13 mars 2012

Un doux baiser


Juste avant que le sommeil ne nous prenne
Que ne s’efface la journée
Je veux tes bras
Je veux ta peau
Je veux tes lèvres sur les miennes
Un doux baiser
Juste avant que le sommeil ne nous prenne
Que ne s’efface la journée
Je veux tes bras
Je veux ta peau
Je veux t’aimer



Laura Breitwieser
  
Auguse Rodin, Le Baiser, 1888-1889, marbre, Musée Rodin.
 

Chut !


  A l'aube, il a refermé doucement la porte de la maison.  Juste quand la bergeronnette s'est aperçue qu'elle avait dormi sur la branche d'une copine. Il a essayé d'être le plus discret possible, marchant à pas de loup sur la terrasse, évitant les jouets de ses enfants. Mais il a écrasé la queue du chat qui venait à sa rencontre. Le cri du chat a réveillé le chien du voisin qui s'est mis à aboyer comme un fou. "Zut !" a-t-il lâché mais le calme est revenu au bout d'un moment. Toujours à pas feutrés, il a franchi le portillon dont il a immobilisé la petite cloche dans la paume de sa main. Alors il est monté dans son hélicoptère et tout le monde est sorti aux fenêtres pour le voir partir !



 

DISPUTE


Ce matin je me suis disputé avec Belle Maman.
Tellement que j'y ai coupé la tête,
et que me v'là maintenant
à la traîner dans la rue, par les ch'veux !
Les gens me regardent bizarrement...
 


Jean Gelbseiden

lundi 12 mars 2012

L'amour, le vrai



   "The graduate*" et sa scène finale bouleversante. Dustin Hoffman qui court comme un dératé pour enlever sa belle, ne pas perdre l'amour de sa vie, comme il le fera neuf ans plus tard pour sauver sa peau dans "Marathon man." Dynamitage de l'ordre moral, ça explose comme dans "Zabriskie Point" d'Antonioni. La belle, c'est katharine Ross, resplendissante, sa mère, magnifique et vénéneuse, c'est la grande Anne Bancroft et la chanson inoubliable, "Misses Robinson", est de Simon and Garfunkel.


*"Le lauréat", titre français.

Avis de tempête


Par temps fort, par gros grain
Par un chagrin de force neuf
L'homme-éponge ne peut rien

dimanche 11 mars 2012

Thomas Fersen nous régale !


   
   Il fait passer dans sa voix éraillée, dans ses textes aux petits oignons, une forme  de joie et de fantaisie qui met le cœur en fête. Léger, intelligent, élégant, Thomas Fersen nous régale !


La France forte


Hier soir sur Arte.
Dans l'évocation de la vie et de l’œuvre de Vauban,
J'ai appris qu'il avait été atteint de bronchite chronique grave.
J'aurais été son médecin je lui aurais prescrit des fortifiants!
 


Jean Gelbseiden

samedi 10 mars 2012

Foie froid


MANGER TROIS FOIS DU FOIE FROID ? MA FOI, QUEL EFFROI !

Muse…hic !



Si je ne m’abuse,
Ma muse s’amuse
Et m’abuse
Si d’abord
Ma muse
S’amuse
Et m’amuse
Elle en use
Elle en abuse
Ma muse
Et m’use
Et s’en amuse
Aussi
Ma Muse
M’use
Et ne m’amuse plus



Jean Gelbseiden

vendredi 9 mars 2012

Futur Antérieur : Des rendez-vous d'oiseaux




   Un manteau d'argent épinglé sur un reste de corde.
   A l'entour, le fantôme de quelques exégèses.
   Des rendez-vous d'oiseaux...
   Le mensonge jamais en berne sur le bord d'une lèvre.
   L'orge entassée en vue de l'hiver.
   L'odeur du miel et celle des mots, tandis que les reliefs
de l'ombre voudraient traverser la clairière.
   Il parait que le silence est d'or !




Roch-Gérard Salager
Extrait de Futur Antérieur, éditions La dragonne

jeudi 8 mars 2012

La fin




C'était la fin. Oui, bel et bien la fin. Ils s'étaient tous battus de façon héroïque, sûrs de leur victoire finale, sûrs que le bien finirait bien par l'emporter, comme d'habitude, sur les ténébreuses forces du mal.

De toute éternité, cela s'était toujours passé ainsi, comme le racontent les
récits anciens. Le bien avait toujours vaincu le mal, ne serait ce qu'au dernier moment.
 

Les ténèbres avaient envahi la presque totalité de la terre. Le royaume de l'ombre allait livrer sa dernière bataille. Toutes ses forces maléfiques unies contre le dernier carré d'irréductibles.

Ces derniers ne purent rien faire devant le torrent de haine et de violence
qui se déversa sur eux. Oui c'était la fin. Le mal avait fini par avoir raison du bien et à l'emporter.

Le soleil n'était plus qu'un immense trou noir, la terre infestée de marais
et de fumées, d'animaux et de créatures maudites. Il n'y avait même plus de vent, même les atomes semblaient morts et pétrifiés. Il n'y avait presque plus d'atmosphère, et un froid sidéral régnait partout.

Le maître du mal, fêtait avec ses créatures sa victoire au rythme maudit de
danses sataniques.

Qu'est ce que qui aurait bien pu désormais inquiéter le maître, qu'est-ce qui
aurait bien pu lui faire peur, à lui, le maître de la peur.

Pourtant, son cri atroce résonna sur l'ensemble de la planète, son écho
rebondissant entre les montagnes résonant mille fois plus que le tonnerre.

Un oiseau avait sifflé dans le noir. Un léger vent chaud qui bruisse sur le
feuillage d'un arbre, des millions de feuilles qui chantent leur bonheur de retourner à la vie.

L'Univers, en danger devant ce déséquilibre qui le menaçait avait décidé de
redonner aux choses leur ordre normal. Le mal ne peut exister qu'à travers le bien et vice versa. Si l'un vient à disparaître, l'équilibre est rompu.


François Milhiet

mercredi 7 mars 2012

Kitzbühel*


Grâce à Sarkozy, j'ai une retraite décente... vertigineuse!
 


Jean Gelbseiden

*La piste la plus célèbre des épreuves de descente du championnat du monde de ski alpin est assurément la Streif à Kitzbühel, en Autriche. La Streif est une piste extrêmement exigeante techniquement et physiquement, sur laquelle seule une descente hommes est organisée. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ski_alpin

Les haïkus de Phil

Fukushima (un hommage à quelque chose qui n'est pas fini)

 

fukushima -
ce jour-là ils allaient voir      
la mer en famille

*

déjà sombre
avant d'être noire
la grande vague


*


grande vague -
hokusaï se retourne
dans sa trombe

*

sur le pont
juste le temps de dire
- qu'est ce qui se passe ?



Philippe Quinta

HokusaÏ, La grande vague de Kanagawa

mardi 6 mars 2012

La question taboue


SI ON METTAIT TOUS LES TABOUS BOUT A BOUT, EST-CE QU'ON EN VIENDRAIT A BOUT ?

TANGO

   
"Tout procède de l'accumulation". Ici,  cette chorégraphie donne à voir le quotidien d'un lieu, sa mémoire, ceux qui animent ou ont animé ce lieu et qui, d'ordinaire, n'y laissent qu'une succession de traces invisibles. Zbigniew Rybczynski nous donne à voir en les superposant tous ces moments de vie, toutes ces vies qui habitent le lieu. Et cette imbrication devient poétique "en diable", d'une poésie et d'une fantaisie endiablées !





CONFITEOR




Séchez-moi Peigneur parce que j'ai baigné. (euh...non)
Peignez moi, Bénisseur, parce que j'ai séché (euh...non plus)
Bénissez-moi Sècheur, parce que j'ai peigné.(c'est toujours pas ça)
Bénissez-moi Baigneur, parce que j’ai saigné (ah ! là ! là !)
Bénissez-moi, Seigneur parce que j'ai péché...

Le croyant émotif quitta le confessionnal soulagé...


Jean Gelbseiden

lundi 5 mars 2012

ME VOICI



Me voici
Arbre écorcé
Revêtu seulement d’ailes inconnues*
Frissonnant sous la douleur du jour.

Me voici
Arbre à peau nue
À la merci de l’incertain glas de mort.

Me voici
Tout inquiet des frimas, des insectes
Et du mauvais vent.
Me voici songeant aux tempêtes à venir

Me voici
Tout tremblant de soleils futurs
Du bourdonnement des serins
Des rosées suspendues
Aux toiles d’araignées,
Enfin tranquille,

Le bûcheron est mort…


Jean Gelbseiden

*première phrase d’un poème de Yannick Girouard

A deux pas de là



dimanche midi
promenade dans les vignes
jonchées de sarments

*
sur le chemin
un chien vient à ma rencontre
nous sommes deux

*
début mars
l'herbe est sèche
comme en juillet

*
deux heures de l'après-midi
le vent se lève
tourbillon de feuilles mortes 




dimanche 4 mars 2012

LE THÈME DU POÈME





 C’est un poème
Qui dit
Je t’aime
C’est le thème du poème
Un poème
De tous les jours
Un poème
Fait pour l’amour




Laura Breitwieser

vendredi 2 mars 2012

L'univers d'Arnaud Fleurent-Didier








   Ce qui frappe dans l’univers d'Arnaud Fleurent-Didier, c'est son intelligence et sa légèreté, l'acuité de son regard , cette capacité à évoquer toute une vie, tout un milieu, en trois minutes et quelque. En cela France Culture est un modèle du genre. 

   Je vous donne à lire l'intégralité du texte sur plus d'infos ci-dessous.

Mais qu'ils s'en aillent tous


   Le Football professionnel serait en danger après les dernières déclarations de François Hollande. Il propose de taxer les revenus annuels supérieurs au million d'euros à 75% . Une centaine de joueurs, le président de la Ligue, un président de club s'élèvent contre cette nouvelle tranche d'imposition. «C'est contrariant, choquant, réagit "Jean-Michel Aulas" dans un entretien au Républicain Lorrain. Dans une concurrence européenne, comme dans une entreprise, les gens intelligents vont là où ils ont les meilleures conditions de rémunération. Là, cette taxation supplémentaire peut toucher un tiers des effectifs à Lyon ou Paris. On va dégoûter les meilleurs.» C'est vrai qu'avec 1 million d'euros de revenus par an la vie de tous les jours est difficile, que fait-on avec à peine plus de 80 ans de smic par an ? Et comment avoir le goût de l'excellence, comment avoir envie de donner le meilleur de soi-même quand on est si mal payé ? Séguela avait dit "si on a pas une rollex à cinquante ans, c'est qu'on a raté sa vie", Jean-Michel Aulas lui emboîte le pas et suggère que ceux qui se contentent d'un salaire annuel en dessous d'un à deux millions d'euros sont quasiment des idiots. La moyenne du salaire mensuel (qui cache de grandes disparités) chez les footballeurs professionnels est d'environ  40000 euros.
 "Vikash Dhorasoo, ancien footballeur professionnel, soutien déclaré de François Hollande pour la présidentielle, approuve vendredi dans le Parisien la proposition fiscale du candidat socialiste de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros. La mesure «ne choque pas» l'ancien milieu de terrain international (38 ans). «Le pays est en crise. On doit aller chercher l'argent là où il est.» La réaction de Christophe Jallet, le joueur du PSG, expliquant qu'il aurait l'impression de travailler pour rien si la mesure était appliquée ? «Qu'est-ce que ça va changer dans le quotidien de Jallet si on lui enlève un peu d'argent pour le donner à ceux qui en ont vraiment besoin ? Le monde du foot est déconnecté des réalités.»
   Vikash Dhorasoo a raison, bien sûr, mais ils sont encore trop peu parmi les très hauts revenus à s'inquiéter des réalités de la vie du plus grand nombre.
  Le mot décence ne veut rien dire pour les tenants de l’ultralibéralisme, les mots conscience, fraternité, non plus. L'argent fou est en train de détruire notre monde, nous sommes tous au courant maintenant, nous connaissons les ravages de la spéculation financière, les ravages du toujours plus de bénéfices pour les actionnaires et toujours moins pour les salaires. Les classes moyennes se paupérisent et vivent pour beaucoup la vie de ceux qui sont au bas de l'échelle, qui  ont du mal à faire face aux loyers prohibitifs, des loyers qui représentent souvent plus de la moitié de leur salaire, aux factures de chauffage, qui renoncent à se soigner en raison des déremboursements, toujours plus nombreux, des médicaments, des  mutuelles toujours plus chères et des dépassements d'honoraires. 
   Un à un tous les pays d'Europe pourraient connaître le triste sort de la Grèce, une austérité funeste, un chaos social et économique. Et ces footballeurs, chanteurs, acteurs, ou autre, crient au scandale, menacent de quitter le pays pour une taxe de  75%  qui  toucherait les revenus supérieurs à un million d'euros? Mais qu'ils s'en aillent tous !



*Les passages entre guillemets proviennent du site de L'équipe