vendredi 13 novembre 2015

NEW YORK POLARS, une chronologie






      Villes et auteurs de romans policiers se retrouvent parfois associés comme des couples d’amants maudits . Barcelone/Manuel Vazquez Montalban, Amsterdam/Janwillem Van de Wetering ou Los Angeles/James Ellroy pour ne citer que trois exemples évidents. Mais que dire de New York ? Qui associer à la ville quand tant de noms nous viennent à l’esprit ?


Et puisqu’il s’agit de the Big Apple, la Grosse Pomme, cette citation de Mirabeau nous emmènera droit vers Chester Himes et préfigurera Lawrence Block : “L’entassement des hommes comme l’entassement des pommes produit la pourriture”.
“Figurez-vous qu’elle était debout, leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. Chez nous, elles sont couchées, les villes” (L.F. Céline)… avant qu’elle ne bascule dans l’horreur de ce 11 septembre 2001 et ne plonge avec L’Homme qui tombe de Don DeLillo (2007, Actes Sud, 2008) au-delà de la catastrophe.



·                    À tout seigneur tout honneur et en rapport aux origines du genre, Edgar Allan Poe inaugure la longue liste, s’intéressant en chroniqueur à un fait-divers advenu à New York : le corps d’une jeune femme découvert dans l’Hudson qui nous vaudra Le Mystère de Marie Roget (1842) premier conte des Histoires grotesques et sérieuses.

·                     D’autres datent l’apparition du roman policier aux USA à la publication de The leavenworth case (Le crime de la cinquième avenue, 1878 republié au Masque en 1999), vendu à 1 million d'exemplaires. Ouvrage de la fille d'un avocat new-yorkais spécialisé dans les affaires criminelles : Anna Katharine Green, dans lequel un policier nommé Ebenezer Gryce, que l'on retrouvera dans une dizaine de romans, mène l'enquête dans  la haute bourgeoisie. C'est à partir de 1886 que dans le New York Weekly, John Russell Coryell crée le personnage de Nick Carter l’as du déguisement, le détective new-yorkais qui sera le premier grand héros de la littérature policière américaine (700 novelettes, feuilletons)... juste avant qu’Herman Melville ne travaille pour les Douanes de la ville de New York en vieillard taciturne, oublié de ses lecteurs.

·                     Dans la veine des romanciers naturalistes et de l’École de Chicago, Stephen Crane publie Maggie fille des rues (1893) qui décrit les bas-fonds de New York City, 70 ans avant les portraits de freaks et de new-yorkais de Diane Arbus.

·                     Dans les années 20, à l’heure où Weegee commence à photographier en noir et blanc la vie nocturne de notre Big Apple, deux figures légendaires vont dominer la scène US : Charlie Chan le flic de Honolulu, créé par Earl Derr Biggers et Philo Vance, un détective amateur de salon de la très bonne société new-yorkaise, aristocrate cultivé, raffiné, gourmet, esthète amateur d’art, expert en égyptologie aussi intelligent que snobinard, créé par un critique d’art sous le pseudonyme de S.S. Van Dine. Van Dine  concevait le roman policier comme une partie d’échecs et se fit le théoricien de cette conception ludique en édictant dans un article célèbre ses fameuses 20 règles pour le roman policier in The American Magazine (1928). Après trois ans de convalescence durant laquelle il lut jusqu’à plus de 2000 romans du genre, il débute la série des Philo Vance avec La Mystérieuse affaire Benson (1926), puis publie L’Assassinat du canari (1927) qui devint même le nom d’un sorbet à la mode !

·                    Le tandem de cousins publicistes nés à Brooklyn en 1905, Ellery Queen (Frederic Dannay et Manfred B. Lee) entame avec Le Mystère du chapeau de soie (1929) leur longue et prolifique collaboration qui perdurera jusqu’en 1964, et même 1971 pour l’un des deux. Ainsi paraîtront plus de 33 romans, d’innombrables nouvelles (comme Village de verre) au fil des enquêtes de leur personnage Ellery Queen, un clone de son prédécesseur Philo Vance. Selon Jorge Luis Borges, sa décadence date du roman Le 4 de coeur (1939). Surtout, ils créèrent en 1941 l’Ellery Queen Mystery Magazine, extraordinaire revue qui eut un rôle capital dans la littérature policière du XXème siècle.

·                    C'est aussi en 1929 que William Riley Burnett, qui vécut longtemps à New York, invente le roman de gangsters avec son Petit César et le sous-genre avec casse et organisation du forfait, le caper novel, avec Asphalt Jungle (Quand la ville dort édité chez Knopf en 1949  en traduction française) qui se passe dans une immense cité du middlewest.    

·                     En 1934 Rex Stout lance si l’on peut dire son énorme limier Nero Wolfe littéralement « loup noir », le fameux Homme aux orchidées. Sans bouger de son fauteuil, en armchair detective il résout les énigmes les plus coriaces dans Fer de lance, Ici, Radio New York (près de 40 romans, d’innombrables nouvelles et pièces radiophoniques). Rex Stout a créé l’un des plus célèbres duos de l’histoire du roman policier : Nero Wolfe, le gourmet casanier et polyglotte habitant dans la West 35th Street secondé d’ Archie Goodwin, le narrateur, celui à qui, forcément, sont dus les déplacements, efforts, coups de poing…   

·                     1934 c’est aussi l’année de parution de L’Introuvable le cinquième et dernier roman de Dashiell Hammett (de San Francisco !) dans lequel Clyde Wynant richissime inventeur a disparu depuis le meurtre de sa secrétaire très particulière. Nick Charles le détective et Nora son épouse éclairciront cette disparition. Hammett vivait à l’époque à New York avec Lillian Hellman qui s’écrirait plus tard : “J’étais Nora”... Ceci signifiant à la lecture du texte que l’alcool était pour eux dans la vie et à toutes les pages... À mon avis, c'est le roman mineur et très dialogué de ce si grand auteur. Le titre n’apparaît même pas -et demeure donc introuvable- dans les six pages de l’intéressant entretien J.P. Deloux / N. Beunat (in la Revue 813 de mars 1999).

·                     Pour William Irish (pseudonyme de Cornell Woolrich), New York est la ville où il retourna vivre en reclus, avec sa mère. Une ville “...noire, comme frottée au fusain” qui est “comme une énorme gueule dont les silhouettes stylisées des gratte-ciels formaient les crocs acérés” !!! (in J’ai vu rouge, Carré noir, traduction française de 1952). Il écrit entre autres  love song (1932, publié en France chez Rivages/Noir) où l’amour passion entre Wade et Bernice les mènera au meurtre et à la désolation, et La Mariée était en noir (1940),  début de la fameuse suite en noir (5 romans).  Excellent nouvelliste (voir New York Blues, Club des Masques n° 430), Irish fut merveilleusement adapté au cinéma par Alfred Hitchcock : Fenêtre sur cour, et deux fois par François Truffaut : La mariée était en noir et La sirène du Mississippi.

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·                    Si Don Tracy a déjà traité en 1938 du racisme dans l’inoubliable La Bête qui sommeille et son lynchage expiatoire comme Ed Lacy le décrira dans Blanc et Noir ou encore Harlem Underground (1965), rendons ici hommage à Chester Himes (1909-1984, décédé à Alicante). Enfant d’une famille bourgeoise du Missouri, il se sentit très tôt persécuté, en butte au racisme et à cette Amérique blanche qui l’envoya 7 ans dans un pénitencier de l’état de l’Ohio pour vol à main armée.  Chester Himes, dès 1948 (S’il braille, lâche-le) mais surtout après sa rencontre en 1954 avec Marcel Duhamel et la Série Noire à Paris où il s’est exilé, publiera La Reine des pommes (1958). Dans ce roman deux flics noirs, féroces et violents, à l’image de vrais flics du ghetto et nommés en français Fossoyeur Jones et Ed Cercueil, tentent de maintenir l’ordre dans un Harlem haut en couleurs, picaresque où règnent l’ironie et la dérision.
Sont également à recommander L’Aveugle au pistolet (1969) où défilent prophètes, exploiteurs, vieillards superstitieux, manifestants et pilleurs, Il pleut des coups durs, Mamie Mason cette bourgeoise de Harlem qui rêve d’un salon chic “nègre-plus-ultra”, Retour en Afrique, et  Noir sur Noir.
Mentionnons la brillante biographie de Chester Himes écrite par James Sallis         (collection Écrits Noirs, Rivages, 2002). 

·                    De 1945 à 1955, Georges SIMENON s’installe aux USA et écrira entre autres : Trois chambres à Manhattan (1947) et Maigret à New-York la même année.

·                    En 1948, ce sont les débuts du très important nouvelliste Stanley Ellin influencé par notre universel Simenon dans l’Ellery Queen Magazine. Il écrira aussi 13 romans assez inégaux dont quelques chefs d’oeuvres ayant un peu vieilli comme Le Huitième cercle de l’enfer (Edgar Award du Mystery Writers of America, 1958). New York y figure une jungle où les êtres se déchirent par passion et soif du pouvoir. Cet extrait de la fin du roman, p. 188 en est une illustration “Ils étaient dans l’appartement que Franck occupait au St-Stephen... Trente étages plus bas, dans Central Park, des otaries lançaient des clameurs inutiles vers le ciel indifférent et des tigres rugissaient pour répondre à la sirène d’une ambulance qui filait le long de la 5è avenue... - Pauvres bêtes... quand elles ont peur, elles font du bruit... on jurerait qu’elles vivent dans l’épouvante. Eh bien ! Je suppose que toutes les créatures de Dieu en sont là. Effrayées. Toujours effrayées. Et le clamant aux étoiles qui ne les écoutent pas.”   

·                    En 1950 c’est l’heure de Midi, Gare centrale de Thomas Walsh qui se révèle être l’un des meilleurs police procedural sur le thème du kidnapping. Il sera suivi de dix autres romans policiers qui se déroulent tous à New York. La plupart ont été adaptés au cinéma.
 Pour mémoire en 1951 Jérôme David Salinger pose une bombe à deux ventricules : L’Attrape-coeur ou les vagabondages de Holden Caulfield, adolescent fugueur et new-yorkais de 16 ans, feront le tour du monde et la révolution littéraire.

·                     À peu près à la même époque, et dans un genre quelque peu différent, Carter Brown installe sa série de 34 titres consacrés à son privé Danny Boyd dans Manhattan, le lieu privilégié de nombreux de nos romanciers.

·                    En 1954  Frédéric Dard, sous le pseudo de Frédéric Charles participe à notre saga en publiant, dans la célèbre collection La Loupe des éditions Jacquier, La Grande friture (réédité en Fayard Noir, 2006 ; et Points Seuil, en 2008) où page 11 “John Clay regarda autour de lui. La pluie tombant à verse enrobait les éclairages de Manhattan à l’halo de plomb”. Son flic à l’imperméable trempé et au chapeau mou pénètre alors dans un bistrot mal fréquenté et y rencontre une pin-up blonde à longs cils qui manie le cornet de dés, carbure au Four roses et va le mettre dans de sales draps.
  

·                                Ed Mc Bain (qui a pour autre pseudo Evan Hunter et se nomme en fait Salvatore  E. Lombino) est né en 1926 “sur la table de la cuisine familiale” au coeur de Harlem ou du Queens. Scénariste des Oiseaux d’Alfred Hitchcock (1963), il se lance en 1956 avec Du Balai! dans la création d’une série de police procedurals où le héros ne serait plus un seul flic, un seul cop, mais l’ensemble des policiers d’un même commissariat : la brigade du 87ème District. Steve Carella, Bert Kling l’inspecteur sorti du rang, le juif Meyer Meyer, le Noir Arthur Brown, y mènent plusieurs enquêtes en parallèle dans leur ville fictive appelée Isola !? Rappelons qu’ Isola signifie île en italien à rapprocher évidemment de Manhattan et donc de notre cité. D’ailleurs et à ce propos, Ed Mc Bain s’est laissé aller à écrire New York au lieu d'Isola dans Le Fourgue, le troisième d’une série de 56 romans sur 49 années ! Un monument de la littérature policière contemporaine dont le dernier opus Jouez violons (aux Presses de la Cité en septembre 2006) est un exutoire. Quant à l’antépénultième il n’était rien de moins que des jeux savants d’écriture ayant pour base les mots-valises de Lewis Carroll..
Dans son New York / Manhattan / “Isola dressait ses pics déchiquetés et ses minarets contre le ciel de plomb” (Branle-bas au 87ème, p.105, 1973) ; on entend “Le sourd murmure du vent dans les canyons de ciment”... (Le Sonneur, Carré noir N° 1954) et “On vous laisse pas vivre dans cette ville, pensa Herrera, et on vous laisse pas canner non plus” (in Isola Blues).

En 1962  Donald Westlake, le futur auteur du Couperet, l’ami de Lawrence Block, entame la saga du braqueur professionnel Parker sous le pseudo Richard Stark et c’est en 1970, dans un registre plus comique qu’il crée un autre personnage de cambrioleur pilier de bar Dortmunder qui, avec les potes de sa bande Kelp, Murch, Greenwood et Chefwick monte de gros coups presque toujours voués à l’échec. Leurs burlesques aventures démarrent dans Pierre qui brûle (1971 en Série Noire) puis Pierre qui roule (Rivages/Noir 2007) qui sera adapté en bande dessinée par Lax (Rivages/Casterman/noir en 2008),  et au cinéma Hot rock, de Peter Yates (1972)  avec Robert Redford, où une émeraude qui échappe à tout le monde permet de visiter la ville : “ … il rentra chez lui, à pied, par des coins du West end qu’il connaissait à peine, et fit une halte « Bourbon-double-sans-glace » chez Hopper avant de terminer par le métro”. Puis Le Paquet; V’la aut’chose... (20 titres seront écrits). “C’est en entrant dans un bar de New York dans les années 60, que j’ai choisi le nom de Dortmunder. C’est une marque de bière.”
Il a par ailleurs traité du vol d’actions au porteur dans Gendarmes et voleurs et réuni             en recueil les six nouvelles où apparaît son inspecteur Abraham Levine du 43ème      commissariat de Brooklyn (Levine, 1984).

En 1964, un certain Hubert Selby Jr laisse éclater sa rage bukovskienne dans Last exit to Brooklyn, le roman noir et désespéré d’une humanité en souffrance dans les bas-fonds new-yorkais. On a même parlé de “sordidisme”... Citons également Le Saule, où le South Bronx est pris d’assaut par la violence, les misères et la vengeance.

En 1970  : Un jeune homme de 20 ans qui deviendra un musicien célèbre entre soul et rap, Gil Scott-Héron publie son premier roman : Le Vautour (traduit en France seulement en 1998 aux éditions de L’Olivier, Petite bibliothèque US, 2001) Une savante construction autour de la mort d’un jeune dealer Noir de 18 ans John Lee, relayée par les quatre récits à la première personne des protagonistes narrateurs :

- Spade l’homme fort du quartier,
- le chef de bande Junior Jones,

            - le frère Tommy Hall enseignant et militant pour la cause des Noirs à BAMBU (Black           American Men for Black Unity, fondée à New York en 1967)* ,

            - et Ivan Quinn, brillant étudiant et poète.

             “Je me souvenais de Brooklyn. Le quartier de Bedford-Stuyvesant était devenu le      nouveau Harlem. Les gens s’y entassaient.../ J’avais connu la solitude qu’on ressent    quand on doit partager la salle de bains avec les familles qui habitent le même palier et          qu’il faut s’asseoir sur les chiottes le cul à l’air alors que le Faucon souffle à travers les             lézardes du mur et vous gèle les couilles.” (p.149)
            et on apprend  “En général, les rues de New York sont à sens unique, vers l’ouest      quand elles portent des numéros impairs, vers l’est quand elles ont des numéros pairs.             Les avenues qui portent des numéros impairs sont à sens unique vers le sud et celles            qui ont des numéros pairs vers le nord.” (p.184 ).

            * voir le remarquable glossaire de fin de volume repérant martyrs, références, dates, émeutes de     Harlem, 1964 ; de Watts à Los Angeles...

  • En 1973, Peter Maas sort son fameux Serpico : l’agent infiltré qui défia la corruption au NYPD (New York Police Department), ensuite incarné par un génial Al Pacino, dirigé par Sidney Lumet.

  •  Le prof de lettres et enseignant de cinéma Jerome Charyn, influencé par Ross Mc Donald, fait une entrée fracassante dans l’univers du polar urbain avec sa trilogie Marilyn la Dingue, Zyeux-Bleus, Kermesse à Manhattan écrits en 1974 mais publiés en 1976 aux USA et en France en Série Noire en 1977.
            Isaac Sidel, superflic un peu trop littéraire mène une lutte acharnée contre la tribu de    pickpockets marranos des Guzmann du Pérou, encadrés par plus d’une centaine de         personnages qui animent ce théâtre grouillant et baroque. Traitant à sa manière    truculente du crime organisé, des clans, des groupes, des familles mafieuses,    irlandaises ou des sous-groupes juifs... “J’avais fait du culturisme, j’avais été fou de         ping-pong. L’image que je me faisais du milieu, je la devais aux salles de billard et    aux bandes des rues du Bronx” (p.13, introduction de J. Charyn à Zyeux-Bleus). Une             farce littéraire, un délire d’humour juif, une grande fresque new-yorkaise par l’un de    ses enfants et de ses meilleurs connaisseurs : “Je vivais dans une partie dévastée du    Bronx... mais il n’y avait pas de goulags. J’ai survécu. Je me suis battu avec une espèce d’ange radin qui contrôlait toutes les facettes de l’alphabet.../... Mon quartier   était la propriété de petits bonshommes méchants qui le parcouraient au volant de grosses voitures noires, des feutres gris sur le crâne... Appelez-les « Mafia ». Nous, on          les appelait « les chapeaux ». C’était des Italiens qui avaient parfois des cousins juifs”.   (J.Charyn,  Les Temps Modernes, n° 595, de l’été 1997).
            Dans Métropolis : New York comme mythe, marché et pays magique, Charyn revisite       l’histoire moderne de New York.

  • En 1975, William Patrick Mc Givern publie La Nuit de l’égorgeur qui voit un tueur psychopathe sévir à Central Park.

  • En 1976, c’est l’année de parution du légendaire Nécropolis d’Herbert Lieberman dont le titre américain était The City of the Dead, La Ville des Morts. Titre gardé dans la nouvelle traduction de Maurice Rambaud.
             “Avril est de retour. L’éveil du printemps. Le temps des feuilles d’impôts et le mois    des suicides. Finis mars et avril, la saison des noyés qui, lorsque fond la glace sur les        rivières gelées, apporte sa récolte hivernale de camés, de vagabonds et de prostituées.    Juillet et août approchent -les mois des couteaux. Canicule et meurtres. Blessures par balles, blessures par lames, strangulations fatales -sinistre cortège vomi par les ghettos           torrides du centre de la ville. /... Comme tant d’autres entreprises prospères, celle de    Paul Konig est cyclique. / ..., mais son métier est unique. Il est médecin légiste. Le       chef de l’Institut médico-légal de la ville de New York”. On retrouvera ce personnage,           dix ans plus tard dans Le tueur et son ombre.
            Lieberman traitera également du monde de la finance dans Trois heures du matin à             New-York (Editions du Seuil, 1983) et d’une ville et  ses bâtiments quasi criminels dans La Nuit du solstice.

  • En 1976, c’est aussi l’année d’un autre très beau roman ayant pour héros Mongo le magnifique, nain, acrobate, docteur en philosophie et détective privé qui va s’intéresser à l’héritage artistique de l’architecte Victor Rafferty dans L’Ombre d’un homme brisé de George Chesbro. Cela le conduira notamment à fréquenter le siège des Nations Unies (New York en est le siège permanent depuis 1952). Chesbro est également l’auteur du fameux Bone (1989) qui revisite le New York souterrain et traque un serial killer tentant d’exterminer les sans-abris. (Chez Rivages/noir).

  •  Michael Collins a été l’un des précurseurs du retour du privé dans les années 70-80. Son attachant détective Dan Fortune (Fortunowski) est manchot et exerce à Chelsea, un quartier irlandais pauvre de New York, refuge de minorités ethniques. Il se coltine français et polacks dans L’Ombre du tigre , lituaniens et yougos dans The Blood-Red dream et cubains dans La Nuit du crapaud..

  • Ayons une pensée pour Patricia Highsmith, née au Texas mais élevée par sa grand-mère à New York, la reine noire d’un monde clos et oppressant, repère absolu du thriller psychologique… et n’oublions pas que Mary Higgins Clark, native de New York, avant de se répéter avec diverses fortunes et de faire écrire sa fille a publié La Nuit du renard (1979, Grand Prix de Littérature Policière en 1980).

  • En avril 1981, une chronique de Jean-Patrick Manchette nous signale la Série Noire n° 1805, La Cendre et le clinquant d’un nommé Dennis Smith  “L’intrigue a un intérêt documentaire original puisque le héros est un enquêteur des pompiers de New York /.../ une écriture tout à fait fine ne cesse de tresser ainsi des réseaux d’allusions thématiques”.


  • En 1981  Martin Cruz Smith publie Gorky Park. S’il y évoque superbement l’atmosphère de Moscou où il n’a que très peu séjourné, c’est auprès des dissidents russes de New York qu’il a complété sa documentation et peaufiné son personnage d’Arkady Renko. Il se promène au bras d’Irina, fréquente Broadway et “sur Times Square il y avait à chaque coin un couple de policiers nerveux. Les panonceaux explosaient de couleurs et de fumée. La neige tombait comme des cendres sur la foule.” (p. 563) Phrase prophétique, n'est-ce pas ?

  •  En 1982 l’ancien flic devenu privé sans licence après une bavure, le personnage le plus célèbre de Lawrence Block, Matt Scudder noie son désespoir et sa culpabilité plusieurs verres à la main... “Dans cette putain de ville de merde il y a 8 millions d’hommes et... il y a 8 millions de façons de mourir.” D'où le titre de son chef d’oeuvre Huit millions de morts en sursis. L’éventreur du motel y assassine entre autres les putes de “Chance” un jeune mac Noir esthète et expert en art africain. Matt Scudder enquête entre deux réunions des AA (alcooliques anonymes) “Puis mon tour arriva. Je dis: -Je m’appelle Matt. Je m’appelle Matt, et je suis alcoolique.”
            “J’étais en train d’écrire trois histoires à la fois. Il y a tout d’abord l’intrigue policière. Puis il y a le roman sur New York, les réflexions de Scudder sur la vie et la mort à New York, c’est d’ailleurs le thème central du livre. Il y a enfin les problèmes        d’alcoolisme de Matt et ses tentatives d’en sortir” (Introduction de L. Block, parue     dans Calibre 38, n°1, 1986 ; citée par le guide Totem sur le POLAR, 2001). Une     dizaine de titres narrent les aventures de Matt Scudder, qui serait apparu pour la    première fois dans Le Péché des pères, 1976.
            Block est aussi l’auteur de la série consacrée à Bernie Rhodenbarr le bouquiniste        cambrioleur de New York... qui est si proche du Dortmunder de Westlake… Block a         aussi écrit après l'effondrement des tours jumelles le très bon Lendemain de Terreur           (Seuil, 2004).

  •  Ne passons pas sous silence la merveille de Tom Topor Coda (1984) ainsi que L’orchestre des Ombres (la Série Noire n° 2055) où Max Weill, l’ancien pianiste de génie passé par Auschwitz, est finalement retrouvé à New York par sa femme Lilli qu’il n’a pas vue depuis cinquante ans ! (Dans un registre proche, citons le Marathon Man de William Goldman, 1975, adapté au cinéma par John Schlesinger, où tout le monde court encore pour sa survie dans les pas terrorisés de Dustin Hoffman en Babe Levy).
  
  • En 1982 aux USA, Paul Benjamin, un inconnu de Brooklyn fait paraître à la Série Noire, Fausse balle, une enquête où les trajectoires amorties des balles de base-ball se révèleront métaphoriques, avant de publier sous le nom de Paul Auster sa célèbre Trilogie new-yorkaise : Cité de verre - Revenants - La Chambre dérobée où un art de la narration confirmé nous envoûte entre le thriller, les traces des trajets dans la ville illimitée “New York était un espace inépuisable, un labyrinthe de pas infinis, et, aussi loin qu’il allât... elle lui donnait toujours la sensation qu’il était perdu”... et la quête métaphysique des autres et de l’écriture.


  • Andrew Vachss, avocat spécialisé dans les affaires de violences contre les enfants, crée Burke qui, aidé de marginaux ou d’handicapés, mène une sorte de croisade personnelle contre les pédophiles, violeurs, tortionnaires d’enfants. Obsédé par la survie il a pris d’incroyables précautions dans son repaire souterrain. La Sorcière de Brooklyn (1987, chez Albin Michel en 1988) a obtenu en France le Grand Prix de Littérature Policière en 1988. Burke est à la recherche d’une photo unique de jeune garçon perdue parmi des milliers de clichés pornos d’enfants. Au volant de sa Plymouth -payée par mandats sous un nom d’emprunt- il se “faufile dans les embouteillages aussi anonyme qu’un rat au milieu des poubelles” (p.103 de l’édition en Livre de Poche, 1990). Tandis que “d’autres enfants envahissaient les trottoirs... mais ces enfants n’avaient plus de rêves. Les Blood Shadows, ombres de sang, c’est le nom qu’on leur a donné, à cause du trait qu’on trace à la craie sur l’asphalte autour des cadavres” (p.136)/ ... jusqu’à ce qu’à la page 267, la dérision se montre la plus forte dans la dénonciation de l’horreur la plus abjecte : “- Vous voulez dire que vous échangez ces photos [d’enfants] ? Comme celles des joueurs de base-ball ?”...

  • En 1988 Nick Tosches plébiscite La Religion des Ratés (Série Noire N° 2437, 1996 pour la traduction française), où Louie, un truand de second rang est sous le charme de son grand père John, 85 ans, une gloire locale de la mafia new-yorkaise spécialisé es-arnaques à la loterie. La ville y est très présente, elle pue la mort et le traquenard : “Mais il ne prit pas la direction de Jersey. Il tourna dans la 6è Avenue et roula vers le nord, traversant lentement cette brume et les volutes de fumée blanche qui s’échappaient des égouts, les scintillements pastel de la nuit, comme des soubresauts d’agonie. Dans la 23è Rue, il bifurqua vers l’est, et tourna à nouveau dans Madison, qui à cette heure de la nuit ressemblait à une vallée sombre et aride, totalement silencieuse, à l’exception du grondement d’un bus au loin.”(p.113).
            Et grande et subtile est la sociologie des bars dans ce roman ! “Alors que les traînards            vidaient les lieux, de nouvelles têtes arrivaient pour se faire servir. /... Quelques unes           de ces têtes familières demandèrent des nouvelles de Louie et de son oncle. La plupart         conversaient entre eux, deux par deux, dans un mélange confus de dialectes -             Sciaccatano, palermitano, napoletano, quelques bribes ici et là de pugliese et de    genovese - ayant finalement recours au broccolino, le langage universel de Brooklyn,         quand tout le reste était incapable d’exprimer leur humeur noire.” (p.191-192).
            Sans oublier, toujours de Nick Tosches  Trinités (1994, traduction française de 1996,         Folio policier 2000), où mafia italienne et triades chinoises se battent pour le contrôle           du trafic d’héroïne. Je vous recommande particulièrement la description d’un      établissement digne de la mythologie mafieuse, sa “petite salle à manger d’une taverne             au coin de la Première Avenue et de la 116è Rue” (p. 14-15)
            et les magnifiques Confessions d’un chasseur d’opium (in Vanity Fair n° 481, 2000 et aux éditions Allia      en 2001) avec l’évocation des fumeries d’opium (p. 23)  “dans    ces repaires du vice où les gangsters, le demi-monde et les vampires sordides de   Broadway et de la haute société -bref, les gens dans le vent- se donnaient rendez-      vous pour éprouver les langueurs de l’irréparable.” Tosches nous y apprend entre          autre la fermeture de la dernière d’entre elles, le 28 juin 1957, sise au premier étage   de l’immeuble du “295, Broome St, entre les rues Forsyth et Eldridge, à la limite             Nord-Est du quartier    Chinois”.

  •  Robert Daley dans L’année du dragon (1981) s’est lui aussi intéressé aux mafias chinoises de Chinatown et à la chronique historique du NYPD dans Le Prince de NewYork (Prince of the city ; The True Story Of A Cop Who Knew Too Much, 1978), mettant en scène le flic... Bob Leuci, les repentis, la corruption généralisée en un remake plus contemporain de Serpico. . Bob Leuci, devenu formateur dans la police  publiera lui aussi Captain Butterfly et Odessa Beach (1985) mettant en scène la mafia Russe à l’assaut de Coney Island, Brighton Beach et Brooklyn (tous deux chez Rivages/Noir).

Note : N’oublions pas cependant l’importante contribution de notre Grosse Pomme à la gloire des séries télé et vice et versa. Citons New York Police Judiciaire / NY District (Law and order aux USA) créée par Dick Wolf en 1990. Et NYPD Blue ou New York Police Blues créée par Steve Bochco et David Milch en 1993.

  • Début des années 90 Sandra Scoppettone inaugure la série de son personnage fétiche Lauren Laurano, une privée sensible, fragile et atypique d’1m60, homosexuelle militante férue de chocolat, dont le théâtre des opérations est Greenwich Village (au Fleuve Noir, par exemple : Je te quitterai toujours, Toi, ma douce introuvable, Long Island blues).

  • En 1990 Manuel Vázquez Montalban fait paraître Galindez (Seuil, 1992  puis chez Points Seuil, 1994). Une jeune universitaire, Muriel Colbert va recomposer la trajectoire si particulière de Jesus de Galindez qui, installé à New York dès 1946 où il représente le PNV (Parti nationaliste basque) ainsi que le gouvernement basque en exil, collabore au FBI et enseigne à Columbia. Il est enlevé en mars 1956 tout près de son domicile, en pleine 5ème Avenue… On ne l’a jamais revu. De très beaux passages du roman érudit et foisonnant de Montalban nous décrivent une ville qui l’est tout autant. “De temps en temps je retrouve German Arciniegas sur le campus de Columbia et je lui donne un bain de Harlem, de négritude et de portoricanité, dans les boutiques de la Cent-vingt-cinquième Rue, les bougies aux sept couleurs, une pour l’amour, une pour l’argent, la vengeance, les examens…” (p.68).

  • En 1991 Bret Easton Ellis publie chez Vintage American Psycho (1992 au Seuil, 1993 en Points), la dérive monstrueuse de Patrick Bateman l’esthète shooté dépravé et golden boy de Wall Street dans le Manhattan des années 80. Yuppie de 26 ans le jour, serial killer à la tronçonneuse la nuit ! Un texte important et controversé qui exhibe l’omniprésence de l’argent, des marques, de l’objet, la notice –je vous renvoie aux Choses de Georges Perec-, les snobinardes réservations dans les restaurants branchés, les futilités d’un consumérisme luxueux... et l’horreur la plus gratuite et la plus absolue au second ou troisième degré ?

  • Ne passons pas sous silence la nouvelle, époustouflante de virtuosité narrative, de Don DeLillo publiée par Harper’s (Pafko at the wall, 1992) et qui deviendra le prologue d’Outremonde (1997, Actes Sud 1999)... Elle met en scène l’univers d’un match légendaire de base-ball qui eut lieu le 3 octobre 1951 et qui opposa les Brooklyn Dodgers aux New York Giants. La dense description d’un microcosme extraordinaire qui voit parader Sinatra et ses copains mafieux, qui suit les vendeurs dans les travées, qui couve du regard les jeunes spectateurs passionnés, zoome sur les lanceurs concentrés et écrit… l’Histoire du Monde. 

  • En 1994 le roman policier historique trouve en Caleb Carr l’un de ses plus brillants interprètes. L’aliéniste ( publié en France aux Presses de la Cité l’année suivante) nous ramène dans le New York de 1896, magistralement reconstitué “Mais ici, rien ne semblait anormal, pas plus la danse du linge gelé que le ballet furtif des spectres qui désertaient les noirs pas de portes pour s’aventurer dans des allées obscures, vêtus de sombres hardes, foulant de leurs pieds nus l’amalgame verglacé d’urine, de suie et de crottin qui couvrait le sol.” Une ville noire qui voit l’un des premiers « psychiatres » Laszlo Kreizler côtoyer un préfet de police nommé Theodore Roosevelt -qui sera l’un des prochains présidents des USA- afin de résoudre les effroyables meurtres qui ont commotionné la ville suintante d’angoisses “Vous savez quoi, Mr Moore ? On croirait jamais qu’il peut y avoir autant d’étoiles au-dessus d’une fosse à purin comme cette ville. Moi, j’aurais pensé que l’odeur suffirait à les faire décarrer...” (p. 481). 

  • Rivages a publié en 1998 le roman de Thomas Kelly Le Ventre de New York (Titre Original : Payback, 1997) qui analyse les itinéraires convergents des deux frères Paddy et Billy Adare issus d’une famille ouvrière du Bronx. L’auteur qui s’était très investi dans le syndicalisme et ses rapports avec la politique propose un roman noir engagé  “Le plus important pour moi c’est tout ce qui concerne les ouvriers des tunnels en approvisionnement en eau... Crime organisé d’un côté, chantiers de construction de l’autre”. / “Chaque fois que des gens me demandent de quoi parle Le Ventre de New York, je fournis une réponse différente, c’est sur le monde du travail, sur le Bronx, sur la loyauté envers ses racines, ses amis, sa famille, ceux avec qui on travaille.” (Entretien avec Pierre Bondil, le co-traducteur avec Danièle Bondil-, Revue 813, n° 66, mars 1999). Thomas Kelly a par la suite fait paraître Les Bâtisseurs de l’Empire (Rivages/Thrillers, 2007) qui reconvoque le New York des années 30 autour de l’édification du plus haut gratte-ciel du monde : l’Empire State Building et Rackets (Rivages/Noir N° 773, 2010). 

  • C’est au tour de Richard Price (qui a aussi écrit Les Seigneurs, sur les bandes du Bronx dans les années 60, Clockers, Ville noire Ville blanche), de contribuer -et de quelle manière !- à cette histoire de New York avec Le Samaritain (2003, 2005 en 10/18).  Ray Mitchell un blanc de 43 ans, originaire de la cité Hopewell aux 24 tours de logements sociaux, devenu scénariste de séries télé, revient animer un atelier d’écriture dans son ancien lycée new-yorkais. Victime d’une violente agression, il s’en remettra difficilement, confronté à la dérive des sentiments et aux pourquoi vacillants de toute bonne action humaine… Tandis que Nerese Ammons, l’inspectrice noire, elle aussi originaire de la même cité va mener l’enquête. D’autant que Ray ne veut pas dénoncer le coupable de son agression ! Nerese, armée d’une patience infinie, mettra tout en œuvre afin de terminer sa carrière sur « un dossier clos après arrestation », boucler la boucle et rembourser une dette d’enfance. Le puissant roman de Price, empreint d’attention au monde, est un hymne à l’histoire de la ville et à ses petites gens (cf page 300, par rapport aux diverses époques de l’émigration, comment savoir qui est arrivé en dernier ?) “… il suffit de lire le numéro d’immatriculation sur la licence de taxi affichée sur la cloison de séparation. S’il commence par un zéro, c’est un vieux juif avec des poils qui lui sortent des oreilles, il conduit son bahut depuis la série record de Joe Di Maggio. Mais si le numéro commence par un cinq ou un six, tu as affaire à la vague la plus récente. Par exemple, l’hiver dernier, c’étaient tous des chinois du Fujian, au printemps des sikhs du Pendjab, en été des hindous du Gujerat, en automne des musulmans albanais ou je ne sais quoi.” Une ville à la dure efflorescence de bunker “Nerese contempla le profil de New York de l’autre côté du fleuve, forteresse dans une forteresse dans une forteresse, épais buisson de tours luisant à la lumière de la fin d’hiver.” (p. 465).

  • J’ajouterai que l'auteur de best-seller Harlan Coben, créateur de l’agent sportif Myron Bolitar est new-yorkais. Disparu à jamais (chez Belfond) se passe à Livingston, une proche banlieue de New York.

  • Je terminerai cette intervention en citant le mystérieux, si noir et si dur Boston Teran, auteur de Satan dans le désert, qui a récemment fait paraître le quelque peu mélodramatique Trois Femmes (2006 aux éditions du Masque). Trois magnifiques destins et portraits de femmes ballottées au fin fond d’une humanité dégénérée, dans le New York des années 50 à 70 perclus de racisme et bouffé par les drogues dures : Clarissa, catho et inculte, qui meurt sous les coups de son mari, Eve, sa fille, sourde et muette, menacée du même sort et Fran qui a subi l’hygiène raciale nazie. Elle enseignera à Eve le langage des signes, la douceur et la photographie… “Le Bronx, cette nuit, serait une bien lugubre planète. Ruelles et volets fermés contribuaient encore à assombrir l’atmosphère, et les devantures incandescentes, éclairées au néon, semblaient gravées au fer rouge sur un horizon de ténèbres (p. 448).”
            “Dans les rues du Bronx, on peut suivre à la trace les changements intervenus entre les            années 50, quand les pulsions les plus sombres étaient encore latentes, et les années             70, quand elles sont devenues la lumière brutale qui éclaire le monde que nous        connaissons aujourd’hui. ”(B. Teran, in catalogue Le Masque, 2008). On peut en dire             autant des liens qui unissent l’histoire de cette ville et celle du roman noir et policier.

[Note / pseudonymes : Aux USA ils sont souvent utilisés par les auteurs connus et reconnus pour contourner les contraintes des contrats mais aussi afin de diversifier leur production sans nuire à leur image de marque.]

© Gerardo LAMBERTONI
2007-2010  

Sauf indication de l’auteur, les dates indiquées concernent la date de parution aux Etats-Unis.

Cette séance fut en fait une conférence à la Médiathèque de Limoges le jeudi 8 février 2007 (séance 5 de la 7ème année de Polardisons), mise au propre pour La Vache Qui Lit et enfin revue, corrigée, complétée à l’occasion de l’édition d’un livret par la BfM de Limoges.

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*Toujours de Gerardo Lambertoni sur Point Critique:
*Road Polar
* Etno-polar ou...polar exotique?




4 commentaires:

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  3. Purée, quel boulot !
    Bravo Christian

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    1. Merci, Yann ! Mais c'est l'auteur, Gérardo Lambertoni, à qui revient tout le mérite.

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