lundi 30 avril 2012

Option Haïkus langues étrangères : dolce stanchezza - В середине ночи






dolce stanchezza
il sonno mi chiama
domani mi prende
 
douce fatigue
le sommeil m'appelle
demain me prend
 
*
 
 В середине ночи
он пишет один
Хайку 
по-русски
 
au milieu de la nuit
il écrit un haïku
en russe
 
 

Spiritualité marsupiale


KHAN-GOUROU, MAÎTRE SPIRITUEL SAUTEUR.

vendredi 27 avril 2012

potage divin !




- J'ai un petit cadeau pour toi, Maria, ma chérie !
- Un cadeau pour moi  ?
- Oui.
- Mais qu'est-ce que c'est ? 
- C'est un navet Maria ! Pour la soupe...




Christian Cosberg (ine)

Prospective divine


UN AVENIR RADIEUX EST UN AVENIR A DIEU.


Jean-marie Frappereau


Haïkus Roucoucou...



Bobby Lapointe


  



pas de nouvelles
de mon vieux papy russe
épistolaire

*


A4
jusqu'au point final 
roule mon stylo

*


aux idées reçues
pour tordre le coup
haïku addict je suis

*


nonobstant six « mais ».
pas encore persuadé.
d'aller voter.



François Milhiet




jeudi 26 avril 2012

Le savoir se tisse où la vie se joue



     De vieux papiers issus d'un siècle déjà lointain...
   Un vigneron écrit à son frère. L’épure presque gothique
des lettres supporte un verbe vigoureux. Époque où l'épistolier
est conteur, l'artisan avant tout artiste, le paysan, garant du paysage...


   Il confie ici sa joie de voir s'instruire ses filles. Le maréchal-ferrant, apprend-on, abandonne parfois ses outils
pour enseigner les nombres aux enfants peu surpris par l'odeur du feu sur la corne. D'autres pareillement


professent sur leurs lieux de travail.
   Écologie suprême : le savoir se tisse où la vie se joue.
   Transmet-on ce que l'on est au lieu de ce que l'on sait ?
   Comment abstraire l'être du savoir...


Roch-Gérard Salager
Extrait de Jour de l'an, aux éditions La Dragonne

mercredi 25 avril 2012

Pom pom girls et pommes dauphines



muret terminé
niveau en main
rentrer coincer la bulle
*
devant la télé
siroter un whisky
scotché dans un fauteuil
*
match soporifique
les pom pom girls
me réveillent
*
faute de pom pom girls
je me jette
sur des pommes dauphines
 
 
 
Christian Cosberg

mardi 24 avril 2012

Présence



(Petit poème à la manière de Rafael Alberti)


Ne laisse pas, garçon,
Ta barque t’embarquer…
Ce rideau qui semble avoir bougé
Est-ce de sa présence
Ou bien de ton désir ?
À moins que le vent
Dans un soupir l’anime ;
Mais peut-être est-elle là qui coud
attentive à tes allées et venues impatientes.
Peut-être se joue-t-elle de toi,
À moins que prisonnière…
Et toi, prince charmant,
Qu’attends-tu pour briser
Les chaînes et le silence qui la murent ?

Le rideau, depuis, n’a plus bougé ;
Sans doute a-t-elle changé de place
Ou bien de pièce, ou bien le vent s’est arrêté !
Pourtant tu te dis : « tout à l’heure, ces doigts agiles… »
Tout simplement, as-tu rêvé ?
Voilà ! C’est bien, fais-lui un geste ;
Un baiser, oseras-tu lui envoyer ?
Et elle, de coudre, coudre à sa fenêtre…
Profite-t-elle du jour qui baisse
Ou de l’impossible amant
Qui passe et repasse ?

Oh ! tâches ménagères…
Coudre, la voir coudre,
Et repasser !

Jean Gelbseiden

A droite toute : Sarkozy s'engage dans la Marine


Sarkozy et la droite dans l’œil du cyclone.


1er Mai 2012 : Pour Sarkozy ce sera la fête du travail, de la famille et de la patrie...

A force de frayer dans les eaux territoriales du FN, à force de pactiser avec ses idées et de faire sien son fond de commerce, l'UMP, la droite et Nicolas Sarkozy se retrouvent encerclés par une inquiétante armada de vaisseaux  surarmés.
 Pris dans l’œil du cyclone.
 C'est le calme qui précède la tempête, qui précède l'assaut, la droite est désormais à la merci de Marine le Pen et du Front National. La droite, dans son espoir de reconquête de l'électorat frontiste, a livré sa flotte avec le discours de Grenoble. En s’engageant dans cette mauvaise passe, elle s'est abandonnée  au déshonneur... et à la défaite !
   
  

dimanche 22 avril 2012

Fourmi fourmidable...

 
 
 coquelicots
offrande de Mars
à Vénus

* 
plan épervier
Rolex au bec
la pie se carapate
 *
sous la fenêtre de sa voisine
la cigale chante
fourmi fourmidable...
*
 pour faire un bout de chemin
le poète
compte sur ses pieds
 
Christian Cosberg
 

vendredi 20 avril 2012

Radieux à l'écoute de "Cité soleil", du grand Aldo Romano



 D'où vient-il ce soleil, où Aldo Romano va-t-il le chercher ? Il nous raconte une histoire qui sied bien au cadre magnifique de Jazz à Porquerolles, une histoire méditerranéenne, latine et africaine, haute en couleur, une histoire à raconter une nuit d'été...





Avec Aldo Romano à la  batterie, Henri Texier à la contrebasse, Géraldine Laurent au saxophone et Mauro Negri à la clarinette.

La grande course des Tout petits






Où est-ce que ça vous mène
De courir comme ça
Vers la joie
Où vers la peine
J’avoue
Je ne sais pas

Mais rester immobile
A quoi ça sert
Dîtes-moi
Quand on est si habile
Pour vivre comme des rois

Il y a tant de choses à voir
Tant de mondes à découvrir
Bien sûr
Qu’il vous faut courir
Avant
Que ne tombe le soir

Vous êtes à l’aube
Vous êtes au tout début
Je vous en prie
Courez, courez
Même sans cap
Même sans but
Ne vous arrêtez jamais


Laura Breitwieser

jeudi 19 avril 2012

UN PETIT JEU ETRANGE AVEC LE MOT ORANGE





Sans N
On n’a pas d’ORANGE
Mais un ORAGE
Sans O
Forcément on n’a plus d’ORAGE
Mais la RAGE
Sans R
On respire mal
Mais c’est aussi dû à l’AGE
Sans A
Ma foi
On reste avec ce petit GE étrange







Et NORA
 La voyez-vous ?



 Laura Breitwieser
Sources photographiques : Lèvres oranges, luxestory.fr ; orange épluchée, mediablogrueil.blogspot.com

mercredi 18 avril 2012

Armes de corruption massive : Un las Vegas à Madrid ou Barcelone


Las vegasification du monde




  
 Un Las Vegas à Madrid ou Barcelone, des milliards à la clef dans un contexte de crise économique aigüe: une aubaine, une chance ? Non, que du malheur ! Du malheur pour l'immense majorité des pauvres gens qui iront dilapider le peu qu'ils ont dans l'espoir de décrocher le jackpot. Le ressort des jeux d'argent vous promet de vous affranchir de la triste réalité, d'accéder à une vie de rêve mais il réalisera l'exact contraire, vous serez esclave, drogué et pour certains ruinés. Mais le malheur nous concerne tous. Les grands complexes de casinos drainent aussi tous les trafics liés à la prostitution et à la drogue, ils attirent toutes les mafias. Rien de plus facile que de blanchir de l'argent sale au casino. Voilà ce que le capitalisme ultralibéral nous offre comme horizon, voilà ce qu'il nous propose comme civilisation : le poison mortel d'une Las Vegasification du monde !



Christian Cosberg

Double affirmation renversante ou renversée


JE SUIS CELUI QUI EST, IL EST CELUI QUE JE SUIS.*



Christian Cosberg
* Voir chez nos amis de Vitriol

Les haïkus de Phil








sur le buffet
l’image poussiéreuse
de Dieu le père


*

hall de gare –
rare celui qui ne trifouille pas
son mobile


*

sur la route au loin
le bruit incisif
d’une moto


*

cuit par le gel
mon olivier va-t-il
refaire des feuilles


*

Pâques orthodoxe -
remonterais-je un jour
à la petite chapelle



*

joueurs impatients -
le maitre du jeu
dort encore


Philippe Quinta


mardi 17 avril 2012

Lumineux préalable : Fiat Lux


IL N'Y A D'YEUX SANS LUMIÈRE.




Jean-Marie Frappereau

Ce chien est un âne



entre chien et loup
mon chat
prend la poudre d'escampette
*
midi moins dix, aboiements rauques
c'est le vieux mâtin
me dit mon voisin
*
 nuit sanglante
le moustique attaque
la main fait mouche
il faut appeler un chat un chat
ce chien
est un âne
 
 
Christian Cosberg

dimanche 15 avril 2012

A une semaine du premier tour : Desproges est grand


   Oui, Desproges est grand, son humour ravageur et ciselé ne loupe jamais sa cible. Ici, en l’occurrence, le racisme, la xénophobie, forcément, bête et méchante ! Piqûre de rappel avant le premier tour de ces élections présidentielles avec Les rues de Paris ne sont plus sûres.



samedi 14 avril 2012

Samedis chorégraphiques : Présentation


Instituteur puis conseiller pédagogique à l’inspection académique du Gard, Christian Garrel accompagne depuis plus de trente ans les apprentissages sensibles des enfants, des enseignants et des artistes, de la maternelle à l’université.
Son travail avec Marcelle Bonjour et Françoise Dupuy, pionnières du mouvement « Danse à l’école », l’amène à multiplier les dispositifs qui provoquent de véritables rencontres avec les œuvres, en particulier les œuvres chorégraphiques. Car rencontrer sensiblement et poétiquement la danse à l’école, semble souvent inimaginable, notamment là où les rapports de force se substituent aux relations humaines. Pourtant, en convoquant ce langage d’avant le langage par la rencontre avec les artistes, Christian assiste à de spectaculaires retournements.
En danse, il n’y a pas d’œuvre sans ce corps du danseur qui en est le sensible et fragile dépositaire. Sur cette éthique de la fragilité et de l’altérité, bien loin de l’ingénierie actuelle et autres fantasmes de la maîtrise, il construit chemin faisant, des ateliers artistiques et pédagogiques. C’est ainsi que depuis quatre ans, au sein de la mission gardoise pour les arts et la culture à l’école, les «Samedis chorégraphiques» font traverser à des médiateurs, des éducateurs et des enseignants, l’expérience d’une pièce et le processus de création d’un chorégraphe.
Il est heureux de partager cette expérience sur Point Critique.
Chantez, dansez, aimez vous à tort et à travers*.
Christian Gallair

*Je pense de toutes mes forces qu’il faut s’aimer à tort et à travers.     Julos Beaucarne

Christian Garrel
Conseiller pédagogique départemental en éducation musicale
Chargé du développement de la danse artistique
Mission arts, culture et patrimoine
Direction des services départementaux de l'éducation nationale du Gard
Bureau des CPD, IUFM, 62 rue Vincent Faïta 30020 Nîmes cedex 1
04 66 02 14 75
06 12 61 30 41

vendredi 13 avril 2012

EUREX, LA FRANCE EN DANGER






    Bien sûr, depuis 2008, nous sommes renseignés sur les agissements de la finance spéculative, nous savons qu'une partie de cette finance attaque les états et parient comme au casino sur le défaut d'un pays, notamment au moyen des désormais tristement célèbres CDS  (Crédit default Swap). Ces mêmes spéculateurs que Nicolas Sarkozy disait vouloir mettre au pas dans son premier discours de Toulon. Aujourd'hui, il en est réduit à faire des appels du pied à cette même finance, à présenter une victoire de la gauche aux élections présidentielles comme un risque pour la France, le risque d'être attaqué par les marchés. Comme si les marchés s'étaient privés de nous attaquer ces derniers mois, et que  le taux auquel la France emprunte l'argent dont elle a besoin pour finir ses fins de mois n'était pas, à un demi-point près, le double de celui de l'Allemagne. Comme si ce n'était pas sous son mandat que la France avait perdu son fameux triple A. Comme si ce n'était pas se tirer une balle dans le pied, dans le pied de la France, que de jouer les marchés contre le processus démocratique de son pays et qu'on pouvait croire la France à l'abri par la grâce de la réélection de Nicolas Sarkozy!
   Et voilà qu'un article du Monde* nous apprend qu'un nouvel outil financier l'Eurex sera lancé le 16 avril 2012:

"POURQUOI PRENDRE UN TEL RISQUE ?"

"Le timing du lancement de ce nouveau produit est troublant, note Marc Fiorentino, président d'Euroland Finance. Il va faciliter grandement la spéculation sur la dette française." Un investisseur souhaitant parier contre celle-ci avait jusqu'ici deux outils : d'abord, les "credit default swaps" (CDS), ces contrats d'assurance contre la faillite d'un emprunteur, mais leur utilisation est en train d'être limitée à ceux possédant des titres de dette ; ensuite, la vente à découvert, quand l'investisseur vend aujourd'hui un produit financier qu'il n'achètera que plus tard, mais ce marché de gré à gré reste circonscrit à un nombre limité d'intervenants, car très technique.
Le contrat Eurex - organisé et permettant de prendre des positions aussi bien sur la vente que l'achat - ouvre donc la porte à de nouveaux acteurs... "Pourquoi prendre un tel risque ?, s'interroge l'eurodéputé Pascal Canfin (EELV), spécialiste des questions financières. Pour que ce produit soit un instrument de couverture et non de spéculation, il aurait fallu restreindre son utilisation à des investisseurs ayant effectivement de la dette française."

   Qui peut encore croire que la guerre contre la finance spéculative n'aura pas lieu ? Et qui peut encore croire que Nicolas Sarkozy est l'homme qui mènera les troupes au combat et à la victoire ? !



Christian Cosberg

*
Le-Monde

Liens conseillés le Blog-de-Paul-Jorion et celui de Frédéric Lordon La-pompe-à-phynance

jeudi 12 avril 2012

Mon oncle est un vieux tzigane des carpates



Django Reinhardt
            
              

              Mon oncle est un clown              
un chanteur
un acrobate

Mon oncle est un conteur
un rêveur
un vieux tzigane des Carpates

Mon oncle rêve d’Amérique
d’Afrique
de Mexique

 Il marche sur un fil
il marche sur les mains
il éloigne tous mes chagrins



Laura Breitwieser


Confusion sucrée



" DOCTEUR, JE CROIS QUE MA MÈRE FAIT DE LA CONFISERIE MENTALE."


Entendu par Jean-Marie Frappereau

mercredi 11 avril 2012

Les haïkus de Phil






Six langues parlées -
parfois, il oublie 
dans laquelle il pense
 
*

avant d'allaiter -
un coussin
pour cacher son sein

*

demi-lune -
trois fillettes hurlent
sur le balcon

*

dans la nuit
en carré de lumière
la vie des voisins

*

avide de lait
le bébé suffoque -
la lune à moitié
 
*

la nuit
se termine
au tricot


Philippe Quinta 



mardi 10 avril 2012

Stan Getz et joao Gilberto, ô ma douce douleur !




    1963, le jazz prend des accents brésiliens avec ce magnifique album Getz-Gilberto. Qui n'a pas succombé à  Corcovado ou à O grande amor, à Desafinado ou à The girl from ipanema ? Depuis , ces chansons, cette musique ne cessent de nous trotter dans la tête. Sublimes douleurs !




 
 

lundi 9 avril 2012

L’INCLÉMENCE






 L’INCLÉMENCE. Le déconstruit.
   La patience sauvage d'un miroir oublié.
   Une femme va sur le boulevard, d'un pas léger, en robe du soir,
un décolleté profond que semblent accompagner ses lèvres.
   Élégance de marbre, certes, mais abstraite de tout refus.
   Étrangement ses plus paraissent identiques à ses moins ; y
compris lorsque, au dessus d'elle, le ciel est rose par endroits.
   Peut-être - on est placé trop loin pour l'envoyer dire -, ses
pensées occupent-elles l'ensemble de sa voix.
   Des passants la regardent.
   Un peu comme si certains parmi tous disaient d'elle : "Ici
son art ; là-bas sa faute" ; et qu'en elle même une unité inconnue
se fut détruite par manque de soi.
   A mieux l'observer, cette femme paraît s'inscrire dans le posthume
et sème déjà ses propres cendres au devant d'autres pas...
   Semer étant vécu ici au sens primordial de perdre, car on ne sème
jamais que le perdu !
   Tout en elle traduit une immense patience.
   Or, elle marche assez vite pourtant, comme s'il y avait une chose à
atteindre ou bien un paysage nouveau où aller.
   Il est curieux que l’extrême patience d'un être engage sa beauté
plutôt que sa raison.
   Bien qu'elle ait fini maintenant de sourire, on peut toujours suivre
cette femme des yeux, précisément jusqu’à ce qu'elle ne soit presque
plus qu'un point à l'horizon, attendu que " précisément " et " presque "
sont l'otage d'un simple geste ou, pour mieux dire, l'objet d'une antique
rotation.
   Bientôt le point disparaît et on se dit que tout ici n'a été possible qu'avec
le secours et les douanes de l'illusion...

   Même si la mort hiérarchise l'exprimable.
   Même si les arbres longtemps ont tenu lieu de cérémonie.
   Même si la fleur défroisse le silence.

   L'envers du jour est-il rempli de cercles ?
   A quoi bon posséder alors une voix de forêt !

   Ailleurs - demain, hier ou bien déjà - sur le boulevard, sans autre mélange,
une femme marchera, également réelle et abstraite. Et ses pas accompliront
l'écriture de ce qui doit être et de ce qui jamais ne sera...


Roch-Gérard Salager
Extrait de Futur Antérieur, aux éditions La Dragonne.
*Audrey hepburn dans Breakfast at Tiffany's

dimanche 8 avril 2012

1° prélude, François Couperin





C’est une rue qui chuinte sous la trace humide
Des réverbères…
Solitude qui s’égoutte, comme une pluie triste.
Je t’attends, et je sais que tu ne viendras pas,
Que tu ne viendras plus. Jamais.

Au loin le souvenir,
au loin cette attente
verglacée d’angoisse et d’impatience
au loin, de même ce tremblement
à ton visage, riant, heureux, sous la pluie de nuit et de printemps.
Au loin, tes cheveux mouillés dans mes mains,
Ton regard éperdu,
Ton corps qui tremble sous mes bras…
Couperin m’accompagne dans cette plainte immense
Et mes doigts sur le clavier jouent de mots cette sublime et nocturne sérénade.

Clavier,
où les notes s’égrènent,
comme un cristal presque tombé qu’on aurait pas su retenir
et dont le verre brisé atteint notre oreille avant d’être tombé,
comme ton désamour…

Clavier d’une eau amère et claire,
Où chaque note décompte en pleurant le temps
D’une amertume indicible.
Où la moindre syncope m’est retard à ton aveu.

Au loin le pas d’amoureux :
Elle danse sur l’asphalte,
Où ses talons marquent le rythme
Accrochée gaiement au bras de son amant.
Plus loin du balcon entrouvert d’une fenêtre anonyme,
Le grelottis incertain d’un clavecin que la musique enchante.

J’ai froid, et les gouttes de la musique n’y sont pour rien.
Elles me rappellent seulement un matin de soleil,
Au bord des vitraux d’une cathédrale oubliée.
Elles scandent le rythme mystérieux de quelque sarabande
Et pressent mon cœur d’une attente impalpable :
Ma nuit du coup pourrait en être moins lourde
Et le cœur plus léger, j’irais de carrefour en café,
De boulevards en ruelles, d’éclairages en obscurités.

J’ai cru voir, au coin de l’incertain balcon
Une figure amie, qui
pourrait comme moi, attendre
Lancinante, la pluie, lancinante la vie,
Mon chapeau dégouline…



Jean Gelseiden

samedi 7 avril 2012

mercredi 4 avril 2012

Les haïkus de Phil


pour carnaval
habillé de mots
et de lettres


+

je ne veux pas dormir
avant d'avoir aimé
toutes les gouttes de pluie


les yeux vers le haut
elle déchiffre une partition
de nuages


en voiture
mon chien et moi
sur une route sinueuse


au fil des jours
les vieux me paraissent
moins vieux


Philippe Quinta

mardi 3 avril 2012

Lacan, tu nous tiens !


"JE SUIS FOLLE DE TOI." PAROLE DÉMENTE ! PAROLE D'AIMANTE ?




Jean-Marie Frappereau

un couvreur amoureux


"JE SUIS FOU DE TOITS"

Demain



Demain, sans orgueil, sera-t-il réel
Aura-t-il à mes yeux la couleur d’aujourd’hui
Sera-t-il reflet d’un hier affirmé
Ou l’annonce tardive d’une lueur fanée ?
Faudra-t-il qu’en mon cœur, à ses lèvres gercées
Je puise tout le miel qui convient au passé
Pour que le jour sans frein s’émerveille enfin d’être ?
Faudra-t-il, prenant de tous côtés les amours à la fois
Que je découvre enfin les pas peureux du monde,
Les hauteurs déçues, les horizons sans nombre
Les retours sans regrets, les promesses fêlées ?
Qu’en restera-t-il donc de ces grises cohortes ?
Un ombreux tas insane, ou l’heureuse épousée
Qui se cachait en vain, comme dort en son lit
La fiancée tranquille et qui attend, passive,
Que viennent à ses rets s’écorcher ses amants ?
La vie est ainsi faite de trames et de chaînes
Qui s’enlacent et dessinent un chemin silencieux
Qui se révèle à peine et trace sous nos pas
De curieux camaïeux



Jean Gelbseiden 
*Paysage, Antibes 1954, Nicolas de Staël.

lundi 2 avril 2012

Porté aux fers


   
   Un homme sourit.
   Tout entier dans sa défaite.
   Porté aux fers, en l'absence de mots.
   Ni nom. Ni lieu.
   Que la chose soit dite.

   Où vont-ils donc ces êtres textués qui bringuebalent d'une
 roue écarlate à l'autre, dans la grâce du plein été ?

Le feu ne pourrait-il ne jamais rencontrer personne...


                               * * *

   Par rapport au présent, l'écoute se fait par l'oreille.
   Au profit du futur, l'écoute passe par l’œil.
   A l'égard du passé, l'écoute prend son essor dans la lumière.

   Ce que j'entends est déjà loin de moi.
   Ce que je vois m'a toujours précédé..
   Ce que je fus m'attend dans la lumière.



Roch-Gérard Salager
Extrait de Futur Antérieur, aux éditions La dragonne.

*Le désespéré, 1843-1845, de Gustave Courbet

Mémoires d'une fourmi complètment ouf !


"IL AVAIT LE BEAU REGARD PERÇANT DU TAPIR*."


*Le tapir est un mammifère ongulé qui vit en Asie et en Amérique du Sud. www.tapirs.org