mardi 3 avril 2012

Demain



Demain, sans orgueil, sera-t-il réel
Aura-t-il à mes yeux la couleur d’aujourd’hui
Sera-t-il reflet d’un hier affirmé
Ou l’annonce tardive d’une lueur fanée ?
Faudra-t-il qu’en mon cœur, à ses lèvres gercées
Je puise tout le miel qui convient au passé
Pour que le jour sans frein s’émerveille enfin d’être ?
Faudra-t-il, prenant de tous côtés les amours à la fois
Que je découvre enfin les pas peureux du monde,
Les hauteurs déçues, les horizons sans nombre
Les retours sans regrets, les promesses fêlées ?
Qu’en restera-t-il donc de ces grises cohortes ?
Un ombreux tas insane, ou l’heureuse épousée
Qui se cachait en vain, comme dort en son lit
La fiancée tranquille et qui attend, passive,
Que viennent à ses rets s’écorcher ses amants ?
La vie est ainsi faite de trames et de chaînes
Qui s’enlacent et dessinent un chemin silencieux
Qui se révèle à peine et trace sous nos pas
De curieux camaïeux



Jean Gelbseiden 
*Paysage, Antibes 1954, Nicolas de Staël.

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