vendredi 13 avril 2012

EUREX, LA FRANCE EN DANGER






    Bien sûr, depuis 2008, nous sommes renseignés sur les agissements de la finance spéculative, nous savons qu'une partie de cette finance attaque les états et parient comme au casino sur le défaut d'un pays, notamment au moyen des désormais tristement célèbres CDS  (Crédit default Swap). Ces mêmes spéculateurs que Nicolas Sarkozy disait vouloir mettre au pas dans son premier discours de Toulon. Aujourd'hui, il en est réduit à faire des appels du pied à cette même finance, à présenter une victoire de la gauche aux élections présidentielles comme un risque pour la France, le risque d'être attaqué par les marchés. Comme si les marchés s'étaient privés de nous attaquer ces derniers mois, et que  le taux auquel la France emprunte l'argent dont elle a besoin pour finir ses fins de mois n'était pas, à un demi-point près, le double de celui de l'Allemagne. Comme si ce n'était pas sous son mandat que la France avait perdu son fameux triple A. Comme si ce n'était pas se tirer une balle dans le pied, dans le pied de la France, que de jouer les marchés contre le processus démocratique de son pays et qu'on pouvait croire la France à l'abri par la grâce de la réélection de Nicolas Sarkozy!
   Et voilà qu'un article du Monde* nous apprend qu'un nouvel outil financier l'Eurex sera lancé le 16 avril 2012:

"POURQUOI PRENDRE UN TEL RISQUE ?"

"Le timing du lancement de ce nouveau produit est troublant, note Marc Fiorentino, président d'Euroland Finance. Il va faciliter grandement la spéculation sur la dette française." Un investisseur souhaitant parier contre celle-ci avait jusqu'ici deux outils : d'abord, les "credit default swaps" (CDS), ces contrats d'assurance contre la faillite d'un emprunteur, mais leur utilisation est en train d'être limitée à ceux possédant des titres de dette ; ensuite, la vente à découvert, quand l'investisseur vend aujourd'hui un produit financier qu'il n'achètera que plus tard, mais ce marché de gré à gré reste circonscrit à un nombre limité d'intervenants, car très technique.
Le contrat Eurex - organisé et permettant de prendre des positions aussi bien sur la vente que l'achat - ouvre donc la porte à de nouveaux acteurs... "Pourquoi prendre un tel risque ?, s'interroge l'eurodéputé Pascal Canfin (EELV), spécialiste des questions financières. Pour que ce produit soit un instrument de couverture et non de spéculation, il aurait fallu restreindre son utilisation à des investisseurs ayant effectivement de la dette française."

   Qui peut encore croire que la guerre contre la finance spéculative n'aura pas lieu ? Et qui peut encore croire que Nicolas Sarkozy est l'homme qui mènera les troupes au combat et à la victoire ? !



Christian Cosberg

*
Le-Monde

Liens conseillés le Blog-de-Paul-Jorion et celui de Frédéric Lordon La-pompe-à-phynance

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