mardi 24 avril 2012

Présence



(Petit poème à la manière de Rafael Alberti)


Ne laisse pas, garçon,
Ta barque t’embarquer…
Ce rideau qui semble avoir bougé
Est-ce de sa présence
Ou bien de ton désir ?
À moins que le vent
Dans un soupir l’anime ;
Mais peut-être est-elle là qui coud
attentive à tes allées et venues impatientes.
Peut-être se joue-t-elle de toi,
À moins que prisonnière…
Et toi, prince charmant,
Qu’attends-tu pour briser
Les chaînes et le silence qui la murent ?

Le rideau, depuis, n’a plus bougé ;
Sans doute a-t-elle changé de place
Ou bien de pièce, ou bien le vent s’est arrêté !
Pourtant tu te dis : « tout à l’heure, ces doigts agiles… »
Tout simplement, as-tu rêvé ?
Voilà ! C’est bien, fais-lui un geste ;
Un baiser, oseras-tu lui envoyer ?
Et elle, de coudre, coudre à sa fenêtre…
Profite-t-elle du jour qui baisse
Ou de l’impossible amant
Qui passe et repasse ?

Oh ! tâches ménagères…
Coudre, la voir coudre,
Et repasser !

Jean Gelbseiden

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