mercredi 30 mai 2012

Les Haïkus de Phil


 Quiet Inlet (détail),  de John  Miller
 
 
 
gémissante
dès le matin
la vieille porte
*
 l'été n'est pas loin -
les portes ouvertes
même la nuit
*
 plus ça va
plus je les trouve grands
ces petits
*  
plus ça va
plus je les trouve petits
ces grands
*
 avant d'éteindre
je souhaite bonne nuit
à une mouche
 
Philippe Quinta
 

lundi 28 mai 2012

25 minutes avec HUM


   Jazz in Marciac, été 2000, Daniel Humair, Pierre Michelot et René Urtreger, toujours ce même plaisir à les écouter, doublé ici  de celui de les entendre nous parler un peu d'eux et du Jazz. Bien sûr !



l'impression du silence


la nuit
imprime son silence
sans rotative
 
Christian Cosberg

dimanche 27 mai 2012

PETIT POEME ENIGMATIQUE


Homme,
Tu es le plus bel et le plus grand des espoirs
Le plus beau et le plus grand des astres
La plus prodigieuse des illusions
Tu es toi, tout simplement...



Jean Gelseiden

SOLUTION DE L'ENIGME


Homme, tu es le plus bel espoir et le plus grand désespoir
Le plus beau des astres et le plus grand désastre,
La plus prodigieuse des illusions et la plus prodigieuse désillusion
Tu es toi, tout simplement



Jean Gelbseiden

samedi 26 mai 2012

Un bon moyen de positiver


ON ME DEMANDE SOUVENT: 
"VOUS ACCEPTEZ LES CHÈQUES ?
JE M'EMPRESSE DE RÉPONDRE.
"NE VOUS EN FAITES PAS, JE SAURAI LES TRANSFORMER EN SUCCÈS."


Jean-Marie Frappereau

La femme accomplie


   La femme accomplie ne choisit pas son compagnon, elle le reconnaît
   Choisir relève d'une spéculation. Reconnaître montre de la mémoire.
   Opportunité contre ampleur.


Roch-Gérard Salager
Extrait de Jour de l'an aux éditions La Dragonne

mardi 22 mai 2012

Terre lointaine



"La Terre est le berceau de l’humanité, mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau." Constantin E. Tsiolkovski (1857-1935)

planète bleue
dans l'espace et le temps
              
notre paradis               
     
         

lundi 21 mai 2012

La tête emplie de mandoline





restaurant italien
pour entrer
montrer pâte blanche

*
cristal de Murano
décor tremblotant
surtout ne pas souffler la bougie

*
 ici
plus que des mets raffinés
nos yeux amoureux

*
chaque table
est une île
peuplée d’inconnus

*
dans nos bouches~
des mots tendres
comme des ravioles

*
un chemin de table
nos mains
réunies

*
le temps suspendu
un peu d’Italie
dans nos coeurs

la fraicheur
en sortant

*
averse soudaine
rires et cris mêlés
couple en fuite

*
sous un porche
réfugiés
en quelque sorte

*
passe une fille à vélo~
un gros chien
dans son sillage

*
sur l’avenue
le chuintement mouillé
des voitures qui jazzent

*
ne plus attendre
braver la pluie
rentrer chez soi

la tête emplie
de mandoline 




Christian Cosberg

samedi 19 mai 2012

Solitude…




Aurai-je un jour contre eux raison ?
Puis-je encore demander ma part de pain,
Ma part d’amour, ma part d’humanité ?
Et si demain, la vie, devenue payante
N’était plus dans mes moyens ?
Qui m’offrirait la joie d’un ami,
D’une tendresse, les douceurs du jour
La complicité de mes nuits,
Qui me dirait « je t’aime » ?
Et qui me guérirait des barques narquoises
Qui m’attendent au loin
Dans la solitude abandonnée des débarcadères ?
J’ai cru en eux, en leur parole
Porteuse de lumière,

En leurs promesses folles…
Ô moissons, qu’ai-je de vous récolté
Qui vaille qu’il m’en souvienne ?
Ni la joie, ni l’été,
Morne infinité
des rêves écrasés,
Douleur insane de l’abandon !
Et puis quel poids a-t-il encore ce cri
Sous ce fléau louche et trafiqué ?


Jean Gelbseiden

jeudi 17 mai 2012

Nous étions à l'äge où...



Nous étions à l’âge où tous les enfants sont égaux.
Non ! C’est faux, nous étions à l’âge où tous les enfants blancs sont égaux.
Non ! C’est faux, nous étions à l’âge où tous les enfants blancs et riches sont égaux.
Non ! C’est faux, nous étions à l’âge où tous les enfants blancs riches et blonds sont égaux.
Non ! C’est faux, nous étions à l’âge où tous les enfants blancs riches et blonds aux yeux bleus sont égaux.
Non ! C’est faux, nous étions à l’âge où tous les enfants blancs riches et blonds aux yeux bleus, au teint pâle sont égaux.
Non ! C’est faux, nous étions à l’âge où tous les enfants blancs riches et blonds aux yeux bleus, au teint pâle et sans frères ni soeurs sont égaux.
Non ! C’est faux, j’étais à l’âge où l’enfant blanc, riche et blond aux yeux bleus au teint pâle et sans frères ni sœurs n’était l’égal de personne.
Non ! c’est faux, je n’ai jamais été cet enfant blanc, riche et blond, aux yeux bleus, au teint pâle et sans frères ni sœurs.

Je suis cet enfant brun sans chaussures, qui mendie au coin de la rue.
Comment ? vous ne m’avez jamais aperçu ?…

Jean Gelbseiden



Les Haïkus de Phil






Pour apprécier les senryus suivants, il faut avoir à l’image, une classe de 34 enfants de cinq ans dans un coin reculé des Cévennes. Ils sont là pour une semaine, répartis en sept chambres.
Pour les nuitées, les garçons et les filles sont séparés. Le reste du temps, ils partagent quatre ateliers (instruments de musique verte, maquette, botanique et poésie verte) et des instants de découverte sensorielle. La veillée est après le repas du soir un autre temps fort. La vie sociale est réglée autour d’un permis à point, quotidiennement mis à jour.




A la queue leu leu -
une simple corde
attachée à une branche


*

en classe verte
elle aimerait rester
toute sa vie

*

avant l’orage
la fillette écrit un haiku
d’avant l’orage

*

robes de princesse
sur les pyjamas, nus pieds                       
elles dansent

*

bal des petits -
l’accordéoniste
et ses figures de farandole

*

cinq jours de pleine nature
pas une seule bagarre

*

avant l’orage
l’herbe de plus en plus
froide

Anaëlle ( 5 ans)
   

mercredi 16 mai 2012

Une sorte de bleu magique : flamenco sketches, de Miles davis et Bill Evans


   Quand on a goûté à Kind of blue, on y revient toujours. Comment se lasser de cet album intemporel. Oui, c'est le propre des chefs d’œuvres que de ne pas prendre une ride.  Flamenco sketches, plage 5, réunit presque tous les artisans de cet album légendaire, à l'exception du pianiste Wynton Kelly.  Miles Davis, Bill Evans, Paul Chambers, Jimmy Cobb, Julian Cannonball Adderley et John Coltrane...ensemble, une nuit magique remplie d'étoiles !


Haïkus sans Phil


  Retard dans la livraison hebdomadaire des Haïkus de Phil, en attendant le Maître, quelques haïkus tout de même...





 à la cave 
cuver son vin 
~dormir comme une souche

*
 10~
sur le ring
dormir à poings fermés
*
sur la plage
attention
chutes de reins
*
up and down
le moral du bûcheron
en dents de scie
 
 
Christian Cosberg

dimanche 13 mai 2012

Haïku de saison : Le fruit de l'éloignement !





le haïku
se noie dans l'encrier
~le haijin mange des fraises
 

    
Christian Cosberg 
Le terme "haijin" désigne le poète qui pratique l'art du haïku.

samedi 12 mai 2012

Petit vocabulaire des Mots clefs : l'Ecart









 

 

Une définition de l'écart

Première approche


   La distance entre les mots et les choses est constitutive des mots et des choses, l'écart est cette matière immatérielle, ce vide dont les mots et les choses ne peuvent se passer. L'écart dit les choses, dit les mots et leur donne leur identité. L'écart fait, des mots et des choses, des choses et des mots distincts. Sans l'écart, point de distinction, l'identité des mots et des choses reste difficile, voire impossible. La compacité ne permet pas au souffle de passer, l'écart c'est le souffle répandu entre les mots et les choses. L'écart c'est le souffle qui a fait du point compact des choses et des mots, de ce point de l'indistinction, de l'incréé, de l'un… la distinction, le créé, le multiple.

 Christian Cosberg

vendredi 11 mai 2012

L'amour à feu doux



 
 
baisers après baisers
elle a le goût
du bonheur

caresses après caresses
l'amour à feu doux
 
 Christian Cosberg

mercredi 9 mai 2012

Les Haïkus de Phil : Chemin de Saint Jacques, partie 1 (haikus 2009)




J'ai fini par l'accompagner ma femme sur le chemin de Compostelle, que je prenais un peu pour une longue promenade en Catholicie. Cinq jours de marche, entre Aubrac et Conques, histoire de goûter à ce que cheminer en silence voulait dire...J'avoue aujourd'hui ma surprise.
A marcher ainsi, il y a quelques bénéfices ...

Départ pour Santiago -
j'allège mon sac
et ma crainte

*

"plus j'avançais, plus le monde me devenait lointain. Ses villes, ses bruits, ses véhicules, tout cela me semblait comme dépassé, abandonné très loin, de plus en plus derrière dans le temps, l'espace, la mémoire, hors d'intérêt. Et plus s'estompait le souvenir du monde, plus aussi la paix envahissait l'âme."
Henri Le Saux

Chemin de Saint Jacques -
nos premiers pas
entre les bouses de vaches

*

" Vous êtes en relation d'amour avec votre environnement, parce que la nature autour de vous n'attend que votre gratitude."

Jean Klein

pélerinage -
elle s'arrête à chaque station
de mûres

*

Il ne souffle pas bien fort ce matin, le vent sur les Monts d'Aubrac, et pourtant, j'entends sa musique sous les bords de mon couvre-chef. Et cette musique, quand les pieds commencent à souffrir, est une aide considérable.

Monts d'Aubrac -
le vent siffle
sous mon chapeau

*

N. vient d'enlever ses chaussures de marche. Nous mangeons des salades "bio" près du torrent. La fatigue nous fait silencieux. Il n'y a personne sur la variante du chemin officiel. Et pourtant ...

repos-
des voix d'enfants courrent
dans le torrent

*

Puech de Serre -
quelques gouttes de pluie
sur nos visages rouges


Philippe Quinta

Prises de conscience et prise de poids


AYANT PRIS CONSCIENCE DE MON INCONSCIENT, JE ME SUIS MIS A MANGER POUR DEUX, ET DEPUIS QUE JE SAIS L'EXISTENCE DE MON SURMOI, JE MANGE POUR TROIS ! MAIS IL PARAIT QUE POUR REUSSIR UNE BONNE PSYCHANALYSE IL FAUT SE METTRE A TABLE...


Jean-Marie Frappereau

mardi 8 mai 2012

Souchon toutes saisons


 Ah ! les chansons d'Alain Souchon, ciselées, rythmées et légères, de la poésie...Celle-ci pour le printemps et l'été... Et puis quand on l'écoute bien, l'ami Souchon n'est pas si léger, et sa poésie dit le monde à bas bruit...



   

dimanche 6 mai 2012

Nuit bleue avec Dexter Gordon



 
   Ciel bleu sur Montpellier, le vent s'est levé, les nuages sont soufflés. J'écoute Dexter Gordon, son souffle chaud, sa puissance caressante, dans une Méditation enjouée, quelques heures avant que la France ne connaisse le nom de son nouveau président de la république...

Petites plaisanteries poétiques entre amis

   
Ces quelques plaisanteries ont été construites à partir de phrases poétiques restées célèbres et que j'ai quelque peu détournées.

Jean Gelbseiden




Baudelaire : 
Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères
Car comme tout citoyen qui respecte ses pairs
Nous allons chaque jour, de tous ces camemberts
Tâcher d’enfin détruire les odeurs délétères…


Corneille le Cid
Enfin vous l’emportez et la saveur du foie,
Vous élève en un rang que le restaurateur
Savait vous ménager. Le rôti, la baudroie
N’auront plus la parole dans le prochain quart d’heure !



Lamartine : Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
Se disait le curé, qui couché sous l’autel
Cherchait depuis trois jours, en souci de querelle
Les dessous bariolés qu’avait perdus ma femme.


Verlaine :
Voici des fruits des fleurs des feuilles et des branches
Voici venir ma mie, jolie cousine Blanche
Dont les seins sont mes fruits et les yeux sont mes fleurs
La chevelure des feuilles et les branches mes saveurs

Voici des fruits des fleurs des feuilles et des branches
Que je porte en couronne sur ma tête et mes hanches
Et ce très jeune chêne impatient près de vous
de faire manger son gland par vot’ petit coucou.


Lamartine :
Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages
Nous irons tous les deux rejoindre un nouvel âge
Pour nous confier, joignant enfin nos âmes :
Le ciel est par-dessus le toit, si bleu, si calme.


 


vendredi 4 mai 2012

Pour que la France et l'Europe changent de cap !



   Ce qui est terrible parmi toutes les choses terribles c’est de ne pas comprendre que l’heure est à l’union nationale, que l’heure est à la mobilisation de toutes les énergies et de toutes les intelligences face à la guerre que nous devons mener pour sauver la République, l’Europe et l’âme européenne. Cette politique de l’union et de la mobilisation de tous, cet effort immense ne peut réussir que dans la justice et la solidarité. C'est-à-dire une voie diamétralement opposée à celle que la France et l’Europe ont suivie jusque là. 
   L'ultralibéralisme nous à mené là ou nous sommes, au bord du précipice, certains pays, Grèce, Portugal, Espagne, Italie,  dévalent déjà les pentes abruptes de la récession, de l'austérité et du chômage. Suivre les recommandations que préconisent les bons docteurs ultralibéraux  c'est à coup sûr continuer de s'empoisonner et hâter notre fin. Il n'y a pas d'autre alternative que celle de changer les règles et espérer éviter le chaos où de ne rien changer et sombrer à coup sûr.
   Nous allons en toute vraisemblance changer de président de la république au cours de ce dimanche 6 mai 2012, c’est une chose qui, au vu des orientations politiques et des dangereux discours de Nicolas Sarkozy, s’avère indispensable pour que le cap ait une chance de changer en France et en Europe. Cette chance, il ne faudra pas la gaspiller, c’est une des toutes dernières si ce n’est  la dernière que nous aurons face au chaos qui menace. Si, avec François Hollande, cette fois-ci, nous ne sommes pas capables d’inventer l’avenir pour la France, pour l'Europe et avec l'Europe, de trouver des solutions à chacun de nos problèmes vitaux, alors le passé repassera les plats, les plats indigestes des dictatures de droite ou de gauche qui, pour notre malheur, ne seront pas uniquement économiques…

Fall in love, coup de foudre, extase...


  MON CŒUR ET MON CORPS SONT A CŒUR D’ÊTRE D'ACCORD !



Laura Breitwieser

mercredi 2 mai 2012

Anthropophagie pyramidale


Cette nuit j'ai rêvé que dimanche j'allais me transformer en sarkophage.

Jean Gelbseiden



Haïkus qui tombent à Pic


j'ai essayé un œil moins photographique sur cette dernière journée
des médiévales du grand Pic Saint-Loup

Pic Saint-Loup, Vincent Bioulés
 
comme je le fixe
l’homme minuscule
me fixe

*

la maquilleuse :
- comme tu es déjà grande
- ce sera en noir et blanc

*

dans la foule
des chevaliers en arme
et un motard

*

un moine
derrière un comptoir
vend des chips mystérieux

*

je les écoute
parler de lames
les deux fabricants de couteaux

*

les musiciens seuls
le défendent becs et ongles
leur moyen-âge

*

dans l’allée marchande
le brin de muguet
m’est offert

*

ça y est, ça m’est confirmé
notre époque
c’est l’ironie

*

les parapentes
tourbillonnent
au dessus des tentes médiévales

*

le faux chevalier
a une tête
de vrai chevalier

*

le château endure
un énième assaut
avec infiniment de patience

*

le village médiéval
assiégé
par des touristes

*

acheté à mon fils
une corne de brume
de pacotille
 
Philippe Quinta

mardi 1 mai 2012

Au mois de mai fais ce qu'il te plait : Le temps des cerises par Nana Mouskouri



  Aux faux nez, aux fausses barbes, fossoyeurs de la fraternité et de l'espérance, qu'elle soit française ou européenne, une vraie chanson pour ce 1er Mai.