mardi 5 juin 2012

L'obscur refuge


Paysage, Christian Martel


   Le hennissement des chevaux le stoppa net. Il se retourna et se laissa tomber dans l’herbe. Les silhouettes noires des cavaliers apparurent au sommet de la colline. Son cœur battait si fort qu’il se demanda si la terre pouvait transmette ses intimes ébranlements. La troupe se découpait sur un ciel rougeoyant évoquant un incendie d’apocalypse. La fin du monde, pour lui, s’il ne leur échappait pas.  Ils semblaient hésiter sur la direction à prendre. Il se retourna et se laissa glisser, dévala la butte sur les fesses, une fois sur ses pieds, il fonça vers les bois, masse sombre et inquiétante distante d’une cinquantaine de mètres, puisant il ne sut où la force nécessaire pour réactiver ses pauvres jambes douloureuses. Il franchit les derniers mètres au ralenti et pénétra dans la forêt à peine quelques secondes avant que ses poursuivant n’arrivent sur le tertre. Une nouvelle fois, il se jeta à terre. L’obscurité des lieux était si profonde qu’il était impossible qu’ils l’aperçoivent. Allaient-ils oser s’aventurer dans ces ténèbres ? Ils scrutaient la forêt. Cela dura un temps infini qui ne dut pas excéder la minute, puis ils repartirent au galop en direction du village tout proche.


Texte de Christian Cosberg

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