samedi 19 janvier 2013

La machine était en noir


Mécaniques, Christian Martel, 2012.



   Mon ami Philippe en avait une de ces vieilles machines à écrire. Une Remington. Sa physionomie massive  voisinait celle d'un gros insecte, exactement l'allure de cette œuvre réalisée par Christian Martel. Moi-même, j'en possédais une achetée  aux puces pour presque rien. La mienne  était moins ancienne, moins volumineuse, faite pour le voyage. C'est ce qu'elle a continué de faire, voyager. Je ne l'ai gardé que quelques mois, le temps de m'essayer à quelques nouvelles, à quelques bribes d'histoires un peu noires. Le noir, c'était leur couleur à ces machines. Elles avaient de la gueule. Je  regrette de m'en être séparé. Il y avait dans ces machines à écrire quelque chose de sculptural et une poésie dont nos claviers d'ordinateurs sont totalement dépourvus. La noirceur de nos histoires, aujourd'hui, est aussi forte qu'hier, c'est la poésie des choses qui fiche le camp. La poésie a besoin de relief, nos machines à écrire actuelles ont le charme restreint  de leur platitude. Avec la révolution quantique en marche, elles vont finir par disparaître, alors nous entrerons dans un  temps qui ressemblera fort à celui de la magie.  Pour le coup, espérons que cette magie ne soit pas trop noire...


Texte, Christian Cosberg.

2 commentaires:

  1. Tellement d'accord avec vous,et heureuse de découvrir votre blog,moi qui suis si peu encline à me poster sur l'ordi!J'en profite pour saluer le talent de Christian Martel dont ma soeur posséde deux tableaux,et je file explorer un peu plus vos "allées-sur écran".Merci!(JC)

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  2. Merci beaucoup pour ces aimables paroles. A mon tour d'être heureux de cette visite que vous nous faites.
    Christian Cosberg

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