mardi 30 octobre 2012

Pivoines




 
pivoines -
l'une en bouton, l'autre épanouie -
près d'elles ma mère mourante

 
 
premières heures -
quelles sont ces voix
qui l'appellent


 
 
de souffle en souffle
elle se détache
de nous

 
 
 
 
entre deux sommeils
je voudrais monter
balbutie-t-elle
 
 
 
 
 
 
Toussaint -
au chevet de la presque morte
un rouge gorge

 
 
 
Philippe Quinta
 
 
 

lundi 22 octobre 2012

samedi 20 octobre 2012

Butin du matin









au petit matin~
nous ouvrons un chemin
dans les hautes herbes



*
 
couverts de rosée~
nous sommes des herbes
qui marchent
 
 
*
 
 
butin du matin~
une poignée de mousserons
jetée dans la poêle
 
 
 
Christian Cosberg
 
 

jeudi 18 octobre 2012

le cancer de la bêtise


   Eh, oui ! la bêtise est de nature cancéreuse ! Elle n'est pas seulement transversale, touchant toutes les couches de la société, elle est en chacun de nous, endormie au plus profond de nos cellules, dans l'attente du moment propice qui lui permettra de se réveiller et de s'épanouir. Si personne ne peut se targuer  d'y réchapper, une bonne hygiène spirituelle permet d'éviter ses assauts répétés. Pour cela il faut garder en tête le bon vieux précepte socratique " Connais-toi toi-même"  et, dans un temps qui cultive la bêtise à grande échelle, se dégager, tant que faire se peut, de la religion de l'ignorance. L'ignorance est le terreau naturel de  la bêtise mais elle  n'est pas le seul, en fait la bêtise prospère à peu près sur tout, sur nos qualités comme sur nos défauts, sur nos vertus comme sur nos vices ! A la manière d'Alexandre Vialatte* terminant ses chroniques je dirais: "Et c'est ainsi que la bêtise est grande !"


Christian Cosberg

*

mercredi 17 octobre 2012

Paraphe



QUI SE DÉDIE, CASSE !


Jean-Marie Frappereau

Une faim de loup !






 

petit déjeuner
j'attaque le soleil
avec des mouillettes




*

début d'automne~
un petit millefeuille
de chaud et froid




*
 
derrière les carreaux
qui rougeoient
~le chat nous appelle
 
 
 

Christian cosberg 

dimanche 14 octobre 2012

La vie est un quatre-heures





douceurs d'octobre~
entre arbouses et jujubes
le goût de vivre
 
*
 
chocolat chaud
et tarte aux pommes
~ la vie est un quatre-heures
 

 *
 
 petit déjeuner
le soleil s'installe
dans mon assiette
 
*
 
tôt, le matin~
quelques caresses au chien
qui passe
 
*
 
le monde est une pastèque~
la vie
au milieu des pépins
 
 
Christian Cosberg
 

vendredi 12 octobre 2012

Les haïkus de Phil : Promenade d'octobre





dans l’herbe
est-il possible à mon âge
que je m’endorme


   Tandis que Silouane, mon dernier né - il a tout de même 8 ans - participe à un club nature, je profite de la grande douceur de cet après midi d’automne pour aller divaguer en pleine garrigue. N’ayant pas le profil d’un aventurier, le seul défi que je m’impose est de rejoindre le Lirou afin d’écrire sur sa rive ombragée quelques haikus. Le Lirou est un court affluent du Lez. Il prend sa source à quelques kilomètres seulement de sa fin. Juste le temps de s’élargir un peu et de faire courir son eau claire à travers les roches calcaires et les paysages austères du Matoral. L’accès n’est pas des plus faciles. Mais je jouis de me voir encore à cinquante ans écraser les ronces et enjamber les grosses racines sans tomber. J’arrive enfin dans le lit desséché de la rivière. Contrairement à ce que j’avais entendu, ne s’y trouve aucun reste d’eau, pas la moindre flaque. C’est tout juste si le sable sur lequel je déambule est humide.
  Sous mes semelles autant de galets que de feuilles mortes. Sur ce chemin pierreux, plus large qu’un autre, je ne rencontrerai personne. Plus j’avance, plus la rivière s’enfonce. Les rives sont hautes et la végétation épineuse. J’aimerais poursuivre mon escapade mais la perspective de copier quelques tercets pour un enfant qui m’en a fait la demande m’invite à rebrousser chemin en quête d’une vieille table de pique nique. Les impressions ne tarderont
pas d’apparaître. Je jetterai sur mon carnet huit images arides...



rivière à sec –
à mes oreilles, l’eau seule
du vent


un lit de pierres –
je marche sur le souvenir
du printemps


plus une flaque
dans le Lirou
demeurent les chants d’oiseaux


sur un bois sec
ailes grandes ouvertes
un papillon mort


dans le lit sec
de la rivière, je marche seul
comme dans un rêve


l’éclat blanc
d’une racine de platane –
gris sale des pierres


octobre sec –
la soif muette
des micocouliers


un rapace
jeté du ciel –
sur quelle proie ?
 
 
Philippe Quinta




jeudi 11 octobre 2012

Deux poèmes de Jean Gelbseiden



Là-haut dans les sphères
S'élève un nuage saint
D'où les morts bientôt vont revivre.
Le gisant, nimbé d'étoiles porte profonde en lui
La dague funèbre
Et de ses yeux éteints semble son âme s'élever.
À genoux, la mère et l'épouse éplorées se lamentent:
L'une porte la myrrhe et l'autre en son ventre
L'orphelin à naître.
Les cieux s'apaisent et l'orage,
Tandis qu'un rayon vient caresser d'or
Les cheveux jeunes encore du trépassé.


                   


                        *  *  *




Ainsi t'aimé-je,
Puce dérangeante
Quand démanges mon âme
Et mon cœur et mon corps
S'animent mêmement.
Tu plonges au fond de moi
Comme taraud qui fores
Et me laisse piqûres
Et boutons boursouflés.
Aussi, si ne m'arroses
De ton sang fraîchissant
Je risque de brûler
Sempiternellement.



Jean Gelbseiden

dimanche 7 octobre 2012

La vertu de l'ignorance








matin sans infos
seulement la douceur
d'un nuage de lait
 
 
 
*
 


 
Dieu merci
nous n'avons pas le JT
des autres planètes
 
 
*
 
 
 
quand ma grenouille
se désape
je reste coâ
 

 
*





automne
entre tes seins blancs
la vie en rose
 
 
 
Christian Cosberg 


Ce dimanche, Reverie avec Sonny Rollins




    Dimanche matin gris, quoi de mieux que la chaleur d'un saxophone pour nous remonter le moral, surtout quand il s'agit de Sonny Rollins et de "My reverie".




lundi 1 octobre 2012

Un soir avec Ahmad Jamal



   Premier Octobre, il fait encore bon dans le sud de la France, ici à Montpellier, d'où je vous écris, amis lecteurs de Point Critique. Une douce soirée que je passe à bavarder avec quelques amis et à écouter du jazz, en sirotant un fond de whisky.  Et devinez ce que nous écoutons, encore une fois I remember Italy d'Ahmad Jamal.