lundi 12 novembre 2012

Sur mes deux jambes, un 11 novembre


   

   Ce dimanche, je me promène seul, comme souvent, dans une campagne de vignes dépenaillées par les dernières pluies. On peut passer des heures à monter et descendre ces terrains légèrement vallonnés, entrecoupés de champs en friche, de prés où quelques chevaux restent parqués sous le ciel immense. Il fait beau aujourd'hui, un beau temps d'Armistice, le soleil chauffe un peu mes vieux os de promeneur, des moineaux se laissent caresser par cette douce lumière, indifférents à mon passage. Je peux à l'infini changer de parcours mais le plus souvent j'enchaîne la même promenade des jours durant. Encore une fois je passe près des trois grands cyprès noirs au bord d'un petit à pic de cinq mètres, une manière de chapelle ou de tombe est là, à la frontière de ce paysage qui court jusqu'à l'abbaye de Vignogoul. 
   Je m'assois sur un banc de pierre que le fenouil assaille et je reste ainsi dans le silence. Je ne me suis jamais approché de cet espèce de bâti indéfini, trop d'ombres s'y attachent. Je me contente de goûter le silence et le soleil, il me semble que près de moi la nuit veille...





sous le soleil
trois cyprès noirs
~la nuit s'y repose
 
*
 
 

toutes les guerres
enfouies dans ce beau silence
 
 
*
 
Christian Cosberg
 

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