mercredi 29 février 2012

Les haïkus de Phil


Nahaiwrimo se termine. Aujourd'hui 29 février (année bissextile) les participants se saluent. Voici ma dernière proposition.


29 février -
elle se consume
la dernière bûche

*

29 février -
dans l'air quelque chose
de printanier

*

ah ! puissè-je mourir
le 29 février
d'une année non bissextile


*
29 février-
ce jour-là aussi
il en est qui meurent


*

il doit porter un nom rare
le saint
du 29 février

 
Philippe Quinta
 HOKUSAI - (Peintre japonnais - 1760-1849) Une des 36 vues du Fujiyama

ELLE







Elle a posé sur moi sa main tranquille
J’ai vu trembler doucement sa robe
dans l’élan que lui avait donné son pas ;
elle s’est immobilisée, le regard absent, les yeux fixes,
immensément fixes.
Sous le lent balancement des arbres apaisés
j’ai senti que sa présence n’était pas fortuite
qu’elle était là pour moi…
Alors je l’ai regardée
—sans doute avais-je au cœur une prière simple—
Elle a libéré de sa main mon poignet,
m’a semblé répondre
et j’ai compris sur son visage obscur qu’elle me disait :
« à bientôt »


Jean Gelbseiden

lundi 27 février 2012

Le dernier café


Il tournait le dos au soleil
Appuyé au mur
Buvant son café
Elle lui souriait
Disait n'importe quoi
Heureuse et troublée
Lui, l'écoutait
Lui souriait en retour
Ils s'aimaient déjà
Sans trop le savoir
En le sachant
Dans l'hypnotique lumière
Du couchant
Bientôt
Ils quitteraient le bureau
Main dans la main
Planeraient dans les rues encombrées
D'odeurs et de gens
Mais il n'y aurait d'autres bruits  
Que leurs souffles                                                                
D'autres musiques                                         
Que leurs baisers mouillés
Ils s'aimeraient
Ô oui
Ils s'aimeraient
A la tombée du soir
Emportés par un flot
D'ombre et de sang




Christian Cosberg
 Le dernier café, photo de Christian Cosberg 

Le cheval fou du vent



Le cheval fou du vent
S’emmêle à mes oreilles
Et me dit des choses nouvelles :

Là d’où je viens, les nuages sont verts
Les gouttes d’eau sont d’or
les filles sont  jolies 
et se livrent au vent…

Il me dit aussi des choses anciennes :
Que les hommes cupides
et les animaux tranquilles
marchent aux grands fleuves
assoiffés par les temps.

Le cheval fou du vent
M’en apprend de bien belles :
Qu’on se bat là-bas pour un lopin de terre
Que la belle Ivana est amoureuse folle
Et que son fiancé va mourir à la guerre…

Il me dit aussi des choses du présent :
Que dans le lointain, ce qu’on entend
N’est pas bruit de tonnerre,
Et que ces grincements
Sont pleurs des enfants
Qui pleurent sur leur mère
Et cette mastication
celle des âmes qui mordent la poussière.

dimanche 26 février 2012

Cadeaux de Gabriel



ORAGE


Fin d’après-midi

Promenade paisible

Seul avec le vent

*

En préambule

A l’orage qui gronde

Rallye de mouches

*

 Après l’orage

Le ciel et mon cœur lavés

Senteurs de terre


Christian Cosberg

jeudi 23 février 2012

La défaite de la pensée


   Des chiennes de garde ont déchiqueté le mot "mademoiselle", sa beauté, sa poésie, toutes ses belles lettres fraîches et joyeuses, son doux visage, sa jeunesse éternelle.
   Eh ! oui ! la bêtise est transversale et il arrive que des "ânes intégraux" fassent la loi. Mais... résistons !







  

Futur Antérieur, D'UNE SOURCE


   D'UNE SOURCE ou bien d'un crâne coulait une pensée morte;
morte de soif sans doute avant que de naître.
   On avisa. Et l'on construisit aussitôt des cimetières bien que
 les premiers morts n'eussent pas encore existé.


   Des images de l'avant-monde frémissaient dans le sommeil de l'eau.
   Autres douleurs. Autres déserts. Autres mesures.
   Tous dans l'attente d'une nouvelle saison.


   Puis vinrent, certes, des jours nouveaux...

   Mais il y eut encore, non loin de là, un tréteau fait de multiples
soifs où des enfants, indéfiniment, sautent à la corde !



Roch-Gérard Salager
Extrait de Futur Antérieur, aux éditions La Dragonne
Photo Henri Cartier-Bresson

mercredi 22 février 2012

IL PLEUT




Il pleut ;                                                          
Il se délaye dans l’air une odeur de mouillé,
sous le grand pays de nuages qui passe et s’appesantit dans la brume.
Le froigris s’est approprié l’eau née de néant…
Avez-vous déjà levé le nez sous les gouttes qui tombent, et renversent le monde ?
Imaginé qu’une fois plue la pluie remonte au ciel
et remplisse à nouveau les nuages pour d’autres pluies lointaines ?
Et que gonflés à nouveau d’eau et d’orgueil,
les strato-cumulus, les cumulo-nimbus
et d’autres drôles de gus,
aillent faire voir ailleurs leurs panses biscornues,
leurs cotonnades grises,
et leurs bizarres boursouflures ?
Il pleut ;
la citerne en rit de clapotis et rondelles de plaisir, à gorge déployée,
comme l’énorme bouche d’un énorme crapaud noir…
Il pleut des nuages gris et des souris bleuies,
sur les combles noircis de la halle, où se mûrit le vin.
Il pleut, comme on dit en Albion, des chats et des chiens, qui courent après les chats
qui courent après les souris grisées de grains.
Je ris et souris sous cet écheveau de gouttes oblongues ou fines,
qui ventriploquent dans les gouttières,
qui ruissent et qui chantouillent dans les gargouilles,
dévalent les pentes obtuses des gros cailloux luisants,
et gratouillent le ventre des looooongs escargots gris

Les haïkus de Phil


Vous le comprendrez vite, il s'agissait sur Nahaiwrimo en français  (Facebook) d'écrire quelques haïkus sur le parapluie.

crème glacée -
la petite ombrelle
déjà  brisée
 
averses -
un grand chêne
pour parapluie
 
grenier -
du parapluie
il ne reste que les baleines
 
temps sec -
dans la chambre d'enfant
le parapluie sert de cabane
 

mardi 21 février 2012

Tout va à Volo !





Le rendez-vous à Samarkand



Un matin le khalife de Bagdad vit accourir son vizir qui se jeta à ses genoux, pâle et tremblant.  

-  Je t’en supplie, Seigneur, laisse-moi quitter la ville aujourd’hui même !

-  Et pourquoi donc ?
-  Ce matin, en traversant la place pour venir au palais, une femme m’a heurté dans la foule.
      Je me suis retourné et j’ai reconnu la mort… Elle me regardait fixement. Seigneur, elle me cherche...
-  Es-tu sûr que c’était la mort ?
-  Oui, Seigneur, elle était drapée de noir avec une écharpe rouge. Son regard était effrayant.
      Crois-moi Seigneur, elle me cherche, laisse-moi partir à l’instant même, je prendrai mon coursier le plus rapide,
      et si je ne m’arrête pas, je peux être ce soir à Samarkand !

Le khalife, qui aimait son vizir, le laissa partir. Ce dernier disparut dans un nuage de poussière…


Songeur, le khalife sortit du palais déguisé, comme il avait souvent l’habitude de le faire.

Sur la place du marché, il vit la mort et s’avança vers elle :
   -  J’ai une question à te poser : mon vizir est un homme encore jeune et bien portant.
      Pourquoi l’as-tu terrorisé ce matin en le fixant d’un regard menaçant ?
   - Ce n’était pas un regard menaçant, c’était un regard étonné.
      Je ne m’attendais pas du tout à le voir ici, à Bagdad, alors que j’ai rendez-vous avec lui ce soir, à Samarkand !

 
C'est une des plus célèbres histoires sur le thème de la mort et du destin, une histoire persane attribuée à Fariduddin Attar.  Dans "La cible", le premier film de Peter Bogdanovitch, où un jeune homme ordinaire se met à tuer des inconnus avec un fusil à lunette, Boris Karloff raconte cette histoire. Dite par le célèbre interprète de Frankenstein elle ne peut que se graver dans votre mémoire.

L'AIR DE RIEN L'R CHANGE TOUT


SI L'R EST CHANGEANT DES LAMES DE PARQUET DEVIENNENT UN PAQUET DE LARMES


SANS R LA MORT N'EST PLUS QU'UN MOT


 Christian Cosberg


lundi 20 février 2012

L'écume et le sel marin



L'air marin est salé
 
L'écume est grisée

La tempête est levée

Les bateaux sont à quai

Le sable s'est déposé

Dans le creux de nos pieds

Le regard vers le quai

Le cœur vers l'horizon

Dans la pomme des mains

La mer et ses poissons.




Samuel Thomas

vendredi 17 février 2012

RIVIÈRES DANS LE CIEL



                                          



Gouttes de soleil
Rayons de pluie
Rivières dans le ciel
Chemins de vie

De votre beau mariage
De votre belle union
Tous autant que nous sommes
Nous naissons

Petit arbre ou petite herbe
Petit homme ou petit lion

Aussi
De chacun d’entre nous
Monte une prière
Qui vous remercie
De vous aimer sur Terre 


Laura Breitwieser

mercredi 15 février 2012

Les haïkus de Phil


Voici quelques haikus de Nahaiwrimo, l'opération sur facebook consistant à écrire un haiku par jour pendant le mois de février.


dehors le gel
dedans la fièvre
et les joues rouges

*

vent glacial -
à l'atelier haiku
je suis seul
 
*

seul dans la cuisine
j'ouvre le réfrigérateur
vide

*

grand froid -
je te garde mouche
dans ma cuisine

*

matin d'hiver -
la cuisine
est une glacière
*

lundi 13 février 2012

Manchette

THE ARTIST, INTOUCHABLES : LE NOIR ET BLANC DONNE DES COULEURS AU CINÉMA FRANÇAIS.

Mélancholia et Intouchables : Le choc des Mondes



C’était en 2011, une année qui allait encore sur ses deux jambes, deux films, deux chocs des mondes.
   Le premier, Mélancholia, magnifique, symbolique, funèbre,  nous a parlé d’un monde condamné, notre monde, la terre. Une planète nommée Mélancholia  fonce vers elle et l'anéantie. Noir c’est noir avec Lars Von Trier mais c’est un beau noir, un peu un de ces noirs dont Pierre Soulages a le secret, un noir lumineux, plein de matière, un noir qui dit quelque chose mais un noir qui  nous met devant l’état symbolique du monde, lequel, malheureusement, se confond avec son état réel. Nous laisserons-nous détruire par la mélancolie ?
   


 Dans le second, Intouchables, la mélancolie est terrassée. Ce film nous a parlé de joie et d’humanité triomphante. Pour autant, il a, lui aussi, évoqué  l’état du monde, et d'une manière, tout autant symbolique que réaliste.
   Un homme très riche et tétraplégique rencontre un homme très pauvre et en pleine santé. Le riche vit dans un hôtel particulier parisien, le pauvre dans une cité déshéritée de la banlieue. Deux mondes, séparés jusque là, se rencontrent. Chacun va apporter à l’autre ce qui lui manque et chacun va renaître à la vie. Aussi improbable qu’elle puisse paraître, tout le monde sait aujourd’hui que cette rencontre a, véritablement, eu  lieu, que c'est une histoire vraie. 
   
  Si Mélancholia nous a coupé le souffle par tant de beauté et d’ultime gravité, Intouchables est venu, comme une respiration joyeuse, généreuse, nous  apporter un peu d’espoir dans ce monde menacé par toutes sortes de calamités.
   
  
  

CONCERT





 Tremblante est sa main
           Sous son regard absent ;
Impatients, le sont ses pieds
           Sur l’asphalte indifférent ;
Sa tête dodeline…
           Entend-elle seulement
le rythme obsédant
du pas des passants ?
Et lui, très lentement, s’est assis,
comme suspendu…
Céleste, il effleure
les touches du piano,
ses pieds marquent le rythme
d’une batterie légère
que frappe, ingénu,
le frère qui ne l’a jamais vu.
A deux pas, leur sœur ballerine
Pose son délicat baiser
sur le plancher
de bois blanc.
Les curieux s’agglutinent,
spectacle charmant,
qui pour un sou, qui pour un franc.
Et puis soudain,
Les vilains poils blancs d’un petit chien
-inconscient petit loulou surgi de nulle part-
sèment la terreur et l’affolement.
Elle tombe…empêtrée de tissu blanc
sur la grosse caisse, en plein élan.
Le batteur penche la tête :
 Étonnement !
Et puis s’emmêle les baguettes
dans tous les haubans blancs.
Seul et délaissé
Le pianiste lentement s’étonne
à ses mains de ses gants blancs.
Là-haut, tout là-haut,
le grand monsieur vivant
sans un reproche se rapproche.
Il se courbe, tendrement,
rend à l’une sa robe, à l’autre ses gants blancs,
démêle baguettes, chapeaux et loulou blanc,
puis il part faire la quête…
Mais il est cassé le cercle
des badauds insouciants…

Alors il referme ses boîtes
range, Mesdames et Messieurs,
ses instruments,
et quitte les lieux fort tristement
au cœur une larmette
et l’œil plein de néant




 Jean Gelbseiden


dimanche 12 février 2012

Les petis galets



Galets des eaux, galets des mers

Je suis déjà venu hier

Il était tôt; j'étais tout fier

D'être venu jusqu'à la mer.

Des cieux tombés, un rivière

A vu jaillir la terre

Repentances et prières

Ode à la joie

Ode à la mer.




Samuel Thomas



samedi 11 février 2012

WS

 "LIFE [...] IS A TALE TOLD BY AN IDIOT FULL OF SOUND AND FURY SIGNIFYING NOTHING..."


William Shakespeare, Macbeth, Acte V scène 5

Le ciel de France


       
Par la fenêtre
Je vois des nuages bas
Je ne sais plus ce que je dois faire
Peut-être écrire cette lettre aux amis des Pays-Bas
Peut-être dormir et m’envoyer en enfer
Ou alors rêver jusqu’à plus faim
Jusqu’à la fin d’une après-midi grise
Rimer à rien rimer sans fin
Jusqu’au réveil où tout se brise
Jusqu’au bout de mon impuissance
le ciel
                                            Et regarder                                de France
                                     
                                 

Futur Antérieur, A nouveau

   

A nouveau, il y eut un orage violent que, trop plongé dans l'enfance, j'ai cru d'abord sec, entièrement dénué d'eau, les coups de tonnerre rapprochés au point de couvrir le bruit de la pluie, imaginant des chevaux dételés qui partaient en tous sens, comme pour gagner, sinon un pays neuf, à tout le moins une autre terre...
Ils allaient résolument et rien ne permet pourtant aujourd'hui d'affirmer qu'ils s'éloignaient de l'endroit qui les avait vus naître !
   
   Le matin, mon père couché. "Pourquoi irait-il contraindre sa jambe malade !" tonne ma mère.  
   Jamais on l'avait connu allongé après le lever du soleil.
   Les draps ensevelissent un arbre. 


   Ascèse des distances.
   Dans l'aplomb d'un effet, les détails cherchent une ébauche.
   Rien ne couronne l'errance, cette autre mère de l'erreur, marâtre de l'inabouti et nourrice de l'abîme.
   L'audace des morts réitère cette distance qu'aucune main ne menuise, ni n'anime.
   Dispersion toujours trop tardive des amas de non-dits.
   Le rapport des ruines au dévolu recouvre les distances.
   A l'égal des pierres que le grand froid n'arrive à rompre, ni à raisonner.


Roch-Gérard Salager, extraits de Futur Antérieur, éditions La Dragonne.

 

vendredi 10 février 2012

Nicolas Sarkozy : La machine à remonter le temps

Les prochains référendums de Nicolas Sarkozy
  • Le temps légal du travail
  • Le SMIC
  • La peine de mort
  • L'avortement
  • La contraception
  • Le droit de vote des femmes
  • La sécurité sociale
  • Les congés payés
  • La séparation de l’Église et de l’État
  • L'école publique
  • La liberté de la presse
  • La république
Retour à l’Ancien Régime, voilà le programme de Nicolas Sarkozy !

jeudi 9 février 2012

Me llaman calle




   Depuis le choc Clandestino de 1998, nous connaissons tous Manu Chao, "citoyen du présent" comme il le revendique. Ses chansons et sa musique bigarrée, aux rythmes lancinants, sont entrées en nous, elles se sont nichées  dans notre mémoire,  elles nous rappellent un moment de bonheur et d'espérance. Quoi de mieux, par ce très grand froid, que  l'humanité de Manu Chao pour nous réchauffer le cœur.

Parole de Jean


Décidément, rien ne va plus:
"Non, la vie n'est pas  tranquille pour un fleuve.
Désespéré par l'indifférence et la goujaterie de ses riverains,
Le Dniepr s'est suicidé ce matin en se jetant dans la Mer Noire.
Nous prions pour son repos." 
                                          
***

"Jésus fait un miracle au premier jour de sa naissance:
Il aurait fait tourner l'étable"

***

"L'amour, c'est comme la grippe,
On ne sait comment on l'attrape
Et on met un temps fou à s'en débarrasser"

***

Sarkozy et sa germano-mania:
"Ich bin ein Berliner"

Jean Gelbseiden

mercredi 8 février 2012

Les haïkus de Phil

trois du froid
 
Statuette - Le Froiddans l'arbre
les passereaux
se serrent les coudes
*

rouge pâle -
le soleil
a-t-il froid aussi ?

  *

grand froid -
mes rondeurs
ne suffisent plus



Philippe Quinta

Le froid,  Henri Godet (1863 - 1937) [Public domain], via Wikimedia Commons

Petite ode au thé



Thé nous t’adorons,
Thé nous te bénissons
Thé nous te louons,
Thé, nous te glorifions…


Ce qui, en latin pourrait se dire :

Adoramus te,
Benificamus te
Laudamus te
Glorificamus te,
amen


Jean Gelbseiden

mardi 7 février 2012

lundi 6 février 2012

Pour une nuit


A toute vitesse
le visage lavé d'un mouvement
ils vont

Le bruit du moteur
s'asphyxie
dans la musique

Ils vont
mais ils ne parlent pas

Prisonniers de la nuit
fatigués de sons et lumières
ils vont

Déjà l'étang métallise sa peau
et une goutte de sang
brouille lentement l'eau

dimanche 5 février 2012

Une vie de rêve



J'ai rêvé une vie

Une vie de rêve

un rêve infini

Une infinité d'oiseaux

Des oiseaux de feu

Du feu de joie

La joie dans un rire

Le rire d'une petite fille

La petite fille d'une maison

La maison d'un rêve

Le rêve d'une vie

Une vie de rêve...




  

Samuel Thomas 

L'empire des lumières, de René Magritte

samedi 4 février 2012

CHER ANGE




Sur le bord des rêves
Il y a des sentinelles qui surveillent le monde


Bébé dort

Il faut bien des anges
Pour veiller
Sur un tel trésor

Christian Cosberg



vendredi 3 février 2012

Aglagla cui-cui



Sur la branche
un oiseau s'ébroue
Il neige





Jean Gelbseiden

Cui-cui cuit



Sur la broche
Un oiseau tourne
Il cuit


Jean gelbseiden

Futur Antérieur, Bénir le pain


   
   Bénir le pain sous-tend quelque chose de fort.
   Force non pas du rite mais du pain lui-même qui est poésie.
   Le paysan introduit la nature dans chacun de ses gestes.
   Nous guettions celui que faisait le père, à l'instant du repas :
rompre la croûte après y avoie tracé une croix à l'aide d'un 
Opinel ramené d'Allemagne où il fut retenu - l'ensemble se
fractionnant en deux parties égales.

           Midi

                           Milieu du jour

                                                          Mémoire d'évangile


   Habileté.
   Fractions égales du pain rompu.
   Nous survivons grâce à l'habile, tandis que l'on meurt
de trop de sincérité.
   Hisser le passé dans l'existence, n'est-ce pas là, dès maintenant - ici toujours -
le rôle du futur antérieur ?
   Le front des gestes s'oppose au monde indéfait, au long sabbat
des distances, à l'encre tiède des négations.
   Longtemps - sans doute avant que ne viennent les mots -
l'ensemble des gestes convergeait vers une esthétique du jadis ;
en dépit de cette clarté obscure à quoi renvoient les mesures 
du temps.
   L'ici et le maintenant sont propices à l'accueil des mystères et
le futur simple déguise bien plus qu'il ne vêt.
   Le jadis serait-il alors préférable au naguère ?
   A bas bruit ; dans la lumière de l'été.


Roch-Gérard Salager
extraits de Futur Antérieur, aux éditions La Dragonne

       

jeudi 2 février 2012

Aglagla, il fait froid !


  
    Mon pays, est une des grandes chansons  de Gilles Vigneault, sa voix, à nulle autre pareille, y joue d'une plasticité inouïe, s'étirant de crescendo en decrescendo, se jouant d'une brassée d'octaves telle une tempête de neige inarrêtable, mais c'est une tempête de mots et de poésie, d'amour et de réconfort.

mercredi 1 février 2012

Les haïkus de Phil


retour du froid -
la fumée a beaucoup de peine
à monter

 *

un vieux billet
dans un vieux manteau -
inutilisables

*

soucis -
il arrache violemment
un poil de son oreille

*

carnaval -
des avocats au menu "pirate"
des avocats

 *