vendredi 31 mai 2013

Du vert comme s'il en pleuvait




Photo et texte de Christian Cosberg





printemps
du vert
comme s'il en pleuvait
 
*
 
 dernier réveil en mai
les herbes folles
jusque sur ma tête
 
*
 
 dernier jour de mai
ah la vache
toute cette herbe tendre !
 
 
Christian Cosberg

mercredi 29 mai 2013

Une journée au Salagou




Je reviens d'une journée avec mes petits élèves au lieu dit le salagou, un lac en terre volcanique. Les ruffes, terres rouges qui le bordent, font de ce lieu un paysage aussi étrange que merveilleux. Une forte averse est tombée sur nous à l'heure du pique nique. Bienheureuse cheminée de volcan pour nous protéger de la pluie.
 
dans l'eau du lac
les gravillons petite pluie
avant la pluie

 
au loin dans les ruffes
les enfants petits
pas leur voix

 
bord du lac
la fleur d'églantier
s'essaye esquif

 
beauté de l'endroit
assis
ils se taisent

 
un chant aigrelet -
la foulque approchera -t-elle
du groupe d'enfants

 

vieux volcan -
la descente se fait
sur les fesses
 
 



Philippe Quinta


 

mardi 28 mai 2013

GEORGES MOUSTAKI FOR EVER

NOUS SOMMES TOUS DES METEQUES


   Les poètes ne meurent jamais tout à fait pour peu qu'ils aient mis dans la tête des gens un peu de bonheur. Et c'est ce que tu as fait cher Georges, tes chansons nous accompagnent  depuis plus de cinquante ans, et cela va continuer malgré ton départ parce que tes chansons sont comme les étoiles un beau soir d'été, on ne peut pas y résister. Salut l'artiste ! Nous sommes tous des métèques !

 

 

 

 

Point Critique



lundi 27 mai 2013

La petite cuisine de l'oubli



D’abord, il y eut de vastes étendues d’herbes, du vert à perte de vue et, par moments, des îlots colorés de tissus et de gens, des sourires jetés dans le vent.
   Nous survolons maintenant une muraille immense, nous la franchissons et tout change.
   Ailleurs, nous sommes ailleurs mais très vite tout est semblable. Presque.

   La même ville  aux toits de tuiles rondes, aux mêmes génoises double ou triple, les mêmes persiennes aux fenêtres. Ce pays est un monde lointain écrasé de lumière, d’une lumière blanche éblouissante. La ville est remplie de monuments, tout à la fois, étranges et familiers, outragés par le temps, faits du même marbre, de la même craie, aux colonnes encore plus hautes, d’une solennité écrasante avec ses chapiteaux grecs ou romains. Peut-être plus anciens encore. C’est une ville venue du fond des ages. Une ville de pierre, impérieuse, sacrificielle, une ville déserte, aux rues et aux places vides, une ville ruinée, sans plus aucune âme qui vive.
                  La chine, est-ce possible ?
   Et puis, passé le fleuve, Shanghai, la ville d’aujourd’hui, la ville plus haute encore, incroyablement moderne, terrifiante de rectitude, mouchetée de lumières blafardes, la ville plongée dans la nuit, ville déserte encore, ville haute, ville de verre et d’acier, lisse, mortellement…
   Nous sommes dans un hôtel. Nous entrons dans notre suite.
   Voyons voir la vue. Je tire les rideaux.
   J’ai un mouvement de recul, pris de vertige.
   La personne qui m’accompagne depuis le début de ce songe ouvre la baie, sort sur la terrasse, j’ai à peine le temps de m’inquiéter qu’elle s’approche d’une balustrade dangereusement basse et bascule instantanément dans le vide. Prise, emportée dans l’abîme. Sans un bruit. Cela ressemble à un suicide. Celui d'un personnage de film, du frère policier dans « Nos plus belles années », après un dernier appel à l’aide.
   Mais aucune parole n’est sortie de sa bouche. 
   Ni de la mienne.
   C’est si soudain que je ne ressens presque rien.
   La trace d’un effroi, tout de même, que mon réveil, aussitôt efface.
   Un rêve ! Un terrible rêve.
   Je suis réveillé, je n’ai pas eu le temps de me sentir coupable, pas eu le temps de souffrir.
   J’ai la bouche sèche. Je me saisis de la bouteille d’eau posée au pied de mon lit et je bois.
   Je bois.
   Je sais ce que ce rêve veut dire, ce qu’il signifie.
   Je sais qui est cette autre personne sans visage et sans voix.
   Nous nous sommes séparés, peut-être pour toujours.
   Céder, ne pas s’aider, ne pas céder, s’aider.
   Se laisser tomber. Laisser tomber.
   Il ne faut pas être grand clerc !
   De l’histoire ancienne. Une histoire pétrifiée.
   La communion de nos âmes tarie comme les fontaines des villes abandonnées.
   L’anéantissement des larmes.
   Le détachement.
  This is the end.
  No tears.
  Partout de l'anglais de cuisine.
  La petite cuisine de l'oubli. 



  
  

dimanche 26 mai 2013

Un soir de mai







des rires dans la nuit
un grand chien noir
les écoute
 
 
*
 
 
depuis le balcon
à nos pieds
la ville en robe du soir
 
 
Menton
 
 
 
Christian Cosberg
 
 

samedi 25 mai 2013

L'amnésie des âmes : "Acte d'innocent"



 ACTE D'INNOCENT




       Je me réveillai péniblement avec l'impression d'avoir vécu un horrible cauchemar. Le corps endolori, la tête lourde et l'esprit vaseux comme après un siècle d'une java effrénée. Cette seule réflexion due bien me prendre un bon quart d'heure tellement j'étais mal en point. Il me fallut peut-être encore une heure pour que la douleur cesse et pour que je me sente un peu plus de force. J'étais encore trop faible pour bouger mais je tentais alors de rassembler mes esprits de façon à me remémorer les dernières heures. Peut-être pourrais-je trouver dans mes souvenirs une explication à ce que je vivais.Je n'eus pas le temps de penser plus car je fus pris de soubresauts. C'est du moins ce que je crus pendant un petit moment avant de me rendre compte que les tremblements montaient du sol sur lequel je me trouvais.

La secousse dura environ trente secondes. J'étais pétrifié par la peur et je ressentais les vibrations dans chacun des os de mon corps martyrisé. Je pensais la fin proche. Mon seul regret à ce moment là fut de ne pas avoir de souvenirs. Contrairement à ce qui arrive à ceux qui vont mourir, je n'ai pas vu le film de ma vie défiler devant mes yeux.



Je ne sais pas combien de temps dura mon évanouissement, mais mon réveil fut plus facile que le premier. Maigre consolation. Je tentai de faire le point et fis les déductions suivantes : j'avais été pris dans une catastrophe quelconque, genre tremblement de terre ou explosion atomique, je ne sais pas ou je suis et je ne me souviens plus de mon nom.



Je tentai alors d'analyser mon environnement. J'étais dans le noir le plus complet et semblais me trouver dans un espace relativement exigu en forme de boyau. Les parois étaient moites et glissantes. L'humidité ambiante et la chaleur étaient à la limite du supportable. Je devais certainement être descendu profondément sous terre pour trouver de telles conditions.



Je ne savais pas alors si je devais me réjouir d'être vivant. Qu'allait me réserver l'avenir ? Une fin heureuse ou une longue et atroce agonie ? Le sentiment d'oppression dû à cette pensée me fit perdre la raison une fraction de seconde. Je tentai alors de crier. Mais aucun son ne sortait de ma gorge. Certainement en raison du manque d'oxygène et de mon état de faiblesse général.



Une image de mon passé, une image de souffrance, me revint alors. Je me vis dans un tribunal. J'étais l'accusé et le juge rendait sa sentence. Chose étrange je me revoyais blêmir et protester énergiquement à l'audition du verdict alors que celui-ci avait été… la vie ! Oui, le juge m'avait condamné à vivre et dans mon souvenir cela me paraissait quelque chose d'insupportable. Il n'y avait pas de doute sur l'origine de ces images, elles représentaient bien mon passé... A la réflexion, si la vie c'était ce que j'éprouvais en ce moment, c'était effectivement un châtiment.

Je décidai alors d'agir. Si je ne pouvais pas appeler au secours peut-être pouvais-je faire parvenir un message à l'extérieur. Si tant est qu'il y ait du monde. Je tâtai autour de moi à la recherche d'un outil quelconque pour frapper la paroi. Je ne trouvais rien sauf une corde, à laquelle j'étais attaché et dont l'autre l'extrémité semblait fixée quelque part.



Peut-être étais-je un spéléologue perdu au fond d'un siphon. La présence de cette corde m'amenait plus de questions que de réponses. Enfin, elle pourrait peut-être me servir dans mon salut.



Je me décidai à bouger, en m'aidant de la corde. J'avais beaucoup de mal à avancer. Je rampais difficilement. Je suffoquais à moitié, et me demandais si la direction qui m'avait été imposée par ce câble était la bonne. Sans lumière, sans eau et nourriture. Combien de temps pourrais-je tenir dans ces conditions ?



Je progressais ainsi pendant peut-être une vingtaine de minutes. Un bruit lointain me parvenait. Je tentais d'avancer dans sa direction. Après une progression qui paru durer une éternité, subitement, ce bruit me sembla plus proche et je pus le distinguer. C'était une sorte de halètement. La brave bête, le plus fidèle ami de l'homme. Il avait senti ma présence et devait m'attendre quelque part, à l'entrée de ce boyau, en compagnie de son maître et des autres sauveteurs.



L'espoir revenant, je redoublais d'efforts dans ma progression et les halètements se faisaient de plus en plus proches. De temps en temps, des secousses sismiques venaient perturber ma lutte et tentaient de me faire reculer mais j'avais désormais une volonté de fer.



Et d'un seul coup, de nouveau, l'horreur, la panique la plus totale, d'autant plus épouvantable que l'on ne sait pas d'où elle vient. Des mains, surgies de nulle part, avaient agrippé mes pieds et me tiraient en arrière. Celui qui m'avait saisi devait être un hercule car malgré une opposition farouche de ma part il m'entraînait dans la direction opposée à mon salut.



Je me retrouvais très vite à la lumière, ne comprenant toujours pas ce qu'il se passait. Mes yeux qui n'avaient pas vu la lumière du jour depuis longtemps me faisaient atrocement souffrir. En fait je souffrais de tout mon corps comme si tous mes nerfs avaient été mis à vif.



Mes angoisses, ma panique, ma fatigue, mes douleurs, ma peur de mourir, disparurent d’un seul coup, remplacées par la joie de vivre, le bonheur, l'insouciance, et par l'affection et l'amour des gens qui m'entouraient. Les mêmes mains qui m'avaient inspiré autant d'effrois et qui maintenant étaient amicales, me prirent et me posèrent doucement sur le ventre chaud et accueillant de ma mère.

jeudi 23 mai 2013

L'imitation du printemps




trop faible
ce printemps
ne passera pas l'hiver


*


jamais un printemps 
n'a aussi bien imiter l'automne


*


printemps
les beaux jours
taxés à 75%


*


un temps d'hiver
paraît que le Qatar
a racheté Le Printemps...





Christian Cosberg

mardi 21 mai 2013

Trois haïkus dans le vent





sous mes fenêtres
et dans les arbres
le bruit des vagues
 
*
 
 
petite marche
mon courage emporté
par le vent
 
*
 
 
nuages dans le vent
mon regard braconne
le temps qui passe

 


  
Christian Cosberg
 

vendredi 17 mai 2013

Le printemps introuvable





arrive la pluie
et quelques vieux souvenirs
au goût de terre
 
*




nouveau matin gris

ce printemps

est une peau de chagrin



*



 

minuit passé
me voilà au milieu des ombres
couché dans le silence...




*

 

 
midi
ni toi ni le soleil
~ repas froid




*

 

 
ce matin
je croque un jour d'automne
~ pomme rouge
 
 
Christian Cosberg
 
 


lundi 13 mai 2013

Petits riens






matin de mai
je ne sais rien
de ce silence



mattino di maggio
non so niente
di questo silenzio
 
 *
 

midi
le soleil a déjà mis
les pieds sous la table

 

mezzogiorno
il sole ha già messo
i piedi sotto il tavolo
 
 
 
Christian Cosberg
Traduction de Giordano Genghini 
 

dimanche 12 mai 2013

Les haïkus de Phil : Quelques heures au Salagou




Tant de cris s'échappent
de la roselière -
oiseaux sans leur nom

 
*

autoroute -
le parfum des genêts
m'énivre

 
*

 
coups d'ailes bruyants
les tourterelles
amoureuses

 
*

 
milieu du lac -
sur le radeau
un parasol grand ouvert

 
*

 
eau tiède du lac -
des éclats de boue barbouillent
leurs joues

 
*

 
somnolant dans l'herbe
je compte les gouttes
sur mon visage
 
 
 
Philippe Quinta 


vendredi 10 mai 2013

mardi 7 mai 2013

Christian Martel sera à "La cabane trempée" en mai 2013




Pour ceux qui voudraient découvrir des curiosités artistiques dans un lieu délicieux je présenterai mes créations volantes dans les airs et des peintures au sol, les samedis et dimanches de mai, l'après midi,  à La cabane trempée (cabanes du salaison au sud de Mauguio ) suivre les panneaux, et le plan joint.
Christian Martel
 
 
 



 

dimanche 5 mai 2013

samedi 4 mai 2013

Fleur au fusil






comme j’aimerais
pouvoir te conter
fleurette




pour toi ces violettes
c’est mon côté
fleur bleue




fleur au fusil
vers toi je suis allé
j’aurais dû me méfier




découvert
le pot aux roses
renvoyé dans les roses




jeter des fleurs
je ne suis pas prêt
de recommencer




me méfier j’aurais dû
- il n'y a pas de rose
sans épines







François Milhiet









vendredi 3 mai 2013

Une vie de lézard

   
grand soleil
cachée dans les hautes herbes
ma vie de lézard




Gecko, réalisé et photographié par Marie-Hélène Auriac     




mercredi 1 mai 2013

Sourire un brin





 
premier mai
si le soleil pouvait
ne pas chômer...
 
 
 
premier mai
une éclaircie arrête
le défilé des gouttes
 
 
 
 
Christian Cosberg