mercredi 31 juillet 2013

Juste par là





Edward Hopper, People in the sun


Juste par là



    La vieille Eugénie et ses mains blanches de linge, le soleil dans les nuages et les nuages qui n’en finissent pas, le frôlement du vent du Sud qui prend la tête, le chant antique d’un enfant calme et beau, l’ombre du grand chêne verte de fraîcheur, et qui joue avec un brin de soleil, et toujours Eugénie, et le soleil qui n’en finit pas, la terrasse à côté où se repose une chaise longue, juste là



   Et au travers du noir du soir, tu viens t’asseoir, juste là, présence parfumée, désirée, sans un mot, tu prends ma main, et sur notre Amour, enfin lovés, nos yeux se ferment, seul le bercement de la nuit demeure.



Jean-Luc Viala






lundi 29 juillet 2013

Une halte fraîche






pluie d'été
une halte fraîche
comme un rêve...




dessert du jour
je me goinfre
de vent frais




vallée du Rhône
le Mistral
pour langue maternelle




son sourire
la douceur
des brises de septembre




au bout d'une nuit de feu
la rive fraîche
d'un chant d'oiseau





Christian Cosberg

samedi 27 juillet 2013

Comment guérir de tant d'absences






   Comment guérir de tant d'absences...
   Au loin, tout là-bas, une mer de pierre ; dessaisie d'elle-même par ses propres sursauts, au regard de ses autres combats.
   L'oubli et le miroir convertissent nos dettes.
   Si le silence reste nomade par endroits.

   Au dessus du vide, en aplomb du désir, dans le rire des mains, nos corps viendront se fendre.
   Se fendre ; puis périr.

   La faille est fille du présage.

   Gageons-le mais sans trop y croire :
   des deltas de lumière, ici, demain, inclineront l'écriture de toute chose.




Roch-Gérard Salager

Extrait de Peut-on vivre si loin...aux éditions La Dragonne

mardi 23 juillet 2013

La colline enchantée








   


 De retour de Sète, il était environ 17 heures, juste après Frontignan, la route passe à flanc de colline et, là, des myriades de cigales chantaient si fort que j'ai eu le sentiment de traverser une terre exotique, j'ai pensé à l'Afrique, à une terre des origines, puissante et fascinante...On eu dit que ces milliers de cigales chantaient pour le ciel, que cette puissance se tournait vers ce qui n'était, encore, que d'invisibles étoiles...



cigales ~
la colline chante
à tue-tête





Christian Cosberg

 

vendredi 19 juillet 2013

Le Jeu de l’égo ou du Lego



Le jeu de Lego ou de l’égo est un divertissement à la mode dans notre société capitaliste. C’est un divertissement où celui qui à l’égo le plus surdimensionné, qui est le plus égocentrique et égoïste, et qui amasse le plus de pièces - de Lego, bien entendu, à moins que ce soit des lingots - l’emporte.


Tous les coups sont bons pour gagner, et les règles sont faites pour être bafouées. Celui qui se fait prendre, ne se fait pas prendre parce qu’il a triché, mais simplement parce qu’un concurrent plus malin l’aura dénoncé.

Peut importe que le mur construit - de Lego - soit imparfait, qu’il manque des pièces, quelles soient défectueuses, que sa solidité ne soit pas parfaite ou que les ouvriers aient été exploités ou mal payés. Dans ce jeu, la morale n’existe pas, c'est-à-dire que tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, quelque soient les conséquences pour les autres. Dans ce jeu, le cynisme est une qualité.

Les concepteurs du jeu rigolent bien car ce sont eux qui manipulent les règles - les lois - à leur convenance. Alors quand la masse des petits joueurs - ceux qu’ils nomment la populace - commence à grogner, ils créent des nouvelles règles pour résoudre le problème et apaiser les tensions. Ils auront bien entendu, soigneusement pris soin de créer ou de laisser des failles dans les nouvelles règles pour qu’ils puissent continuer leur petit jeu sans être inquiétés. De plus, le nombre croissant de règles et leur complexité est telle que cela suffit parfois à leur impunité. Vous noterez au passage, qu’ils en profitent pour ponctionner un peu plus la populace en lui expliquant que l’application des nouvelles règles nécessite plus d’argent. Ils en rigolent bien, soyez-en assurés !

Mais le plus fort dans tout cela est encore plus invraisemblable ! C’est qu’ils sont persuadés (à raison ?) de pouvoir continuer d’y jouer ad vitam æternam. Effectivement, personne ne dit rien ou presque.

Alors je me pose une question, le temple de la société étant construit sur un mur d’égos : s’écroulera-t-il un jour ? Quel est le point de rupture ? Cette question revient à se demander : quand, les gens biens, c'est-à-dire la majorité du peuple, comprendra-t-elle qu’elle est enfermée dans une morale inculquée par ceux là même qui n’en n’ont rien à faire ?

Sommes-nous condamnés, une fois de plus, à faire la révolution ? A nous transformer, à notre corps défendant, en coupeur de têtes devant l’impasse qui se dresse devant nous ?

Sommes-nous condamnés, une fois de plus, à basculer vers les extrêmes (droite ou gauche), et à redevenir collectivement fou avec toutes les dérives que cela implique ?

J’ai peur qu’un jour, après une série d’excès un tout genre, nous nous réveillions avec la gueule de bois en regardant derrière et en nous disant : merde, qu’avons-nous fait !



François Milhiet

lundi 8 juillet 2013

Christian Martel et l'auto-dérision




Auto-dérision, Christian Martel










Auto-dérision, Christian Martel













Auto-dérision, Christian Martel









Auto-dérision, Christian Martel







dimanche 7 juillet 2013

Forcément tout l'été







ton sourire
ce rafraïchissant
petit matin d'été




nuit d'été
trois geckos
font le mur




ivresse
dans le grand alambic
quelques jours d'été




forcément 
tout l'été
dans vos robes légères



Marylin Monroe dans "Sept ans de réflexion", de Billy Wilder




Christian Cosberg



mercredi 3 juillet 2013

Un grand galop de pluie






matin d'été
un grand galop de pluie 
me réveille
de la terre monte l'odeur
des jours anciens






Christian Cosberg