vendredi 30 août 2013

Les haïkus de Phil : Ciel rose






ciel rose ~
le monde à deux doigts
d'un conflit ouvert
 
 
 
 
 
 
ciel rose ~
dans l'air un parfum suave
tait son nom
 
 
 
 
 
 
ciel rose ~
un volet tarde
à se fermer
 
 
 
 
 
 
ciel rose ~
de la table s'envole
tous les sushis
 
 
 
 
 
 
Philippe Quinta
 
 
 

jeudi 29 août 2013

Marilyn, une étoile qui brille toujours...




   Marilyn Monroe, la joie toujours renouvelée de la voir et de l'entendre...Ici, elle interprète "I wanna be loved by you".











mercredi 28 août 2013

L'Assomption des signes





Vitrail, Conques, de Pierre Soulages



   

   L'audace des vivants adossée à l'Assomption des signes.

   Un désir d'être anime toute chose.
   Au- delà de la fatigue des mers.
   Au dessus de l'obscurité.
   Celle-ci souffrant de ne jamais être totale.
   
   On nomme parfois hors la parole.
   Dans le taire du lieu.
   Et les dires d'une autre enfance.
   De manière qu'ici où là, l'image fasse corps.

   L'obscur dénude certes
   Mais si le pont est détruit comment irons-nous, de l'autre côté, prendre pied sur la nouvelle rive ?




Roch-Gérard Salager
Peut-on vivre si loin...aux éditions La Dragonne



 

mardi 27 août 2013

Le bleu des rêves






juste avant midi
mes rêves partent en crawl
dans tout ce bleu




Le bleu des rêves, photo et texte de Christian Cosberg










lundi 26 août 2013

La pêche au Lamparo sur le bassin d'Arcachon



C’était il y a ... 50 ans



La pêche
au lamparo
sur le bassin d’Arcachon


Le contexte

Les faits dont je vous parle se déroulent à pointe du Cap-Ferret, bien après chez Hortense, en face du quai des Courlis, sur la plage.

Bien avant que le Bassin n'en bouffe cent mètres et que les pierres des perrés n’envahissent le paysage.

La journée était alors rythmée par le tintement interminable des drisses sur les mâts de la dizaine de dériveurs légers tirés au sec sur le sable.
La plage se situait alors à 300 mètres des premières cabanes de pêcheurs de Louis Doré et de notre grand père, Alexis Gambiny, ostréiculteur et patron de pêche de la Teste-de-Buch, dit Toutou le Borgne à cause de son œil crevé par une balle allemande en 1914. Nous l'appelions Apé.
A l'époque, on pouvait poser un corps-mort pour mouiller le bateau devant la maison au Ferret, se faire un "pet" de traïne (senne) devant la porte, de la plongée sous-marine en apnée comme un poisson.

Et aussi choper les culs-blancs avec des pièges à ressort appâtés d'une fourmi-volante, pêcher à la foène avec une fourchette, un bout de fil de fer et un manche
à balai et même tuer des bécasses dans les jardins des amis, en septembre, avec une petite carabine 9mm!

Pour nous, le jardin d'Eden...

En fait, le bassin était tout simplement… à nous.

C'était en 1958, nous avions 8 et 9 ans.

La description de cette technique de pêche est parfaitement véridique: nous, garçons de la famille, l'avons personnellement pratiquée.

Elle se déroule à une période bénie où il y avait encore du poisson, aucune législation contraignante et ou personne n’envisageait alors l’idée même d’une réserve Natura 2000 .

La période et les conditions

Septembre, mois féérique des vierges folles...

Nuit noire, sans lune, sans vent, pas même une légère brise, ni un souffle d'air.

Pas même le friselis léger des vaguelettes qui meurent sur le sable.
Calme plat, immobile.

Silence.

Simplement le léger bourdonnement des  moucherons  sur les tas de varech roulés sur le sable par la marée et qui, subitement éclairés par le lamparo prennent pour cible le nez, les oreilles et les yeux  humides du pêcheur.

Nous sommes de jusant, une demi-heure avant une marée basse par fort coefficient  (102 /103)

[ Pour lire la suite, cliquez sur Plus d'infos, ci-dessous]

dimanche 25 août 2013

Un papillon passe






chanteuse grecque 
son chant habite
toute la nuit







port du Pyrée -
un moinillon m'apprend
à manger du poisson






L'astrophysicien 
parle de milliards d'années -
un papillon passe






le coq du voisin
encore une poignée de jours
je l'étrangle








 Philippe Quinta 


vendredi 23 août 2013

Une sieste de coton blanc













entre deux nuages
ma sieste 
de coton blanc






août
son long baiser
de lumière






beau temps
la carotte bleue
du petit matin






Christian Cosberg


lundi 19 août 2013

Prendre la vague



Vincent Bioulés





Et même si le ciel

soufflé d'étoiles

Et même si la lune

gantée de nuit

un baiser

tout simple

tout rond

Et même si le ciel

blême de matin

Et même si le soleil

ourlé de brume

un baiser

ton baiser.




*




Prendre la vague, mouvement millénaire, souffle des astres,

suspendu, balancement nourricier, prendre la vague, sans peur, nacré de vent, porté, rythme intérieur, prendre la vague, pendule amoureux, irisé de brise,

projeté, sursaut ancestral



Qu'une fois

Prendre la vague

Et te l'offrir.




Jean-Luc Viala


dimanche 18 août 2013

Retour au Village Vanguard


California, Here Icome




   Retour au Village Vanguard, avec l'album California, Here I come pour Bill Evans, enregistré les 17 et 18 août 1967, c'est aujourd'hui son anniversaire... Je vous propose l'écoute du titre qui a donné son nom à l'album. Du grand Bill, comme toujours !


Bill Evans, Piano.
Eddie Gomez, Contrebasse.
Marty Morell, Batterie.





    



Notre amitié






à moitié cachée
dans les bambous
la demi-lune






heure creuse
j'y fais
mon nid







notre amitié
une petite marche
de trente années-lumière










Christian Cosberg

jeudi 15 août 2013

La fraîcheur d'un ruisseau




le vent ce matin
la fraîcheur d'un ruisseau
au travers de l'été





sur ma tartine
une petite montagne
de myrtilles






perdu dans les vignes
un ami figuier
attend ma visite






mur éventré
un massif de giroflées 
en guise de boyaux 











Christian Cosberg


mercredi 14 août 2013

Plus gros qu'un boeuf






canicule
le chien noir boit
à même la piscine
 


matin d'été
le chaton joue
avec une aile d'oiseau


 
un Canadair
fend le ciel lourd -
je peine à lever la tête

 
 
elle lâche tout
même le piano
l'adolescente amoureuse

 
 
sous la patte du chat
le papillon de nuit
bouge encore

 
 
dernières cigales
le cou du vieil homme
sue à grosses gouttes

 
 
orage à venir
le ginkgo Biloba
bat de l'aile

 
 
l'air d'un crapaud
le cumulus
plus gros qu'un bœuf
 
 
Amélie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet
 
 
Philippe Quinta
 
 

vendredi 9 août 2013

Une petite leçon de silence





matin calme
une petite leçon
de silence




dans les collines
il se murmure des paroles
de vent et de pluie




maman souffle
sur les joues de son bébé
~ baiser climatisé




soleil de plomb
le vieux marronnier
se fait des amis




Christian Cosberg

 

mercredi 7 août 2013

Les haïkus de Phil : D'une montagne à l'autre





pliant le hamac
j'emporte un morceau
de la voie lactée




vider la fosse septique
et trouver
le sens des réalités




ce que l'on a fait
de seaux en seaux
dans les framboisiers




après avoir vidé la fosse
elles échangent des robes à fleurs




repas familial
au bout de la table
le fantôme de ma mère




La nuit étoilée, Vincent van Gogh



Philippe Quinta

mardi 6 août 2013

Passer entre les gouttes... Maxime Le Forestier


 


   Dans la voix de Maxime Le Forestier, dans ses paroles et sa musique j'y vois, j'y entends toujours la promesse de passer entre les gouttes...







lundi 5 août 2013

Ne durera ici que l'ivresse du lieu





   C'est en désordre que le feu désaltère nos manques.

   L élégance des flammes définit l'accueil qui sera fait à nos destins.

   Et si le rien n'est plus, tant de choses demeurent :
   le rire de l'oiseau, quelques couleurs revisitées, le vibrato d'une harpe, le pain et le couteau -enfin, cet oubli à l'annonce duquel nul ne pourra plus naître.

   Ne durera ici que l'ivresse du lieu






Roch-Gérard Salager

Extrait de Peut-on vivre si loin... aux éditions La Dragonne


samedi 3 août 2013

Un rêve d'éternité





sur cette vieille photo
nous sommes toujours
au printemps

et nos sourires
ne disent rien d'autre




Un rêve d'éternité, photo et texte de Christian Cosberg




Christian Cosberg

 

vendredi 2 août 2013

Les haïkus de Phil : Les mééé des brebis






dans le hamac
toute la nuit
à regarder les étoiles



les mééé des brebis
pour me dire qu'il n'est plus 
l'heure de dormir



l'oiseau
au dessus de ma tête
presque muet




dire qu'il faudra
saluer ce monde 
où l'herbe est si douce




ici l'été
on l'apprécie -
vent dans les arbres




deux ans après
dans ses yeux verts
je plonge encore



Philippe Quinta