jeudi 31 octobre 2013

La grâce du peu





   L'informel fut-il bordé de signes...
   Et ce froid permanent dans le berceau des choses.
   Aussi, par le jeu, les jeunes morts lancent-ils des cerceaux dans le ciel...
   A l'instant où un étranger aima une passante.

   Mais avant de fabriquer une nouvelle langue,
   longtemps, n'aurait-il pas mieux valu chanter...

   A lui seul le silence requalifie les formes dans le dépassement des nombres et la grâce du peu.




Roch-Gérard Salager
Extrait de Peut-on vivre si loin...aux éditions La Dragonne


lundi 28 octobre 2013

Ministère du leurre




Salvador Dali, Montre molle, 1931






REPUBLIQUE FRANÇAISE

Ministère du leurre



Madame, Monsieur,

Vous êtes très nombreux à être sensible à ce problème crucial qui nous touche tous de très près. Je veux parler du problème de l'heure.

Effectivement, n'avez-vous pas, vous aussi, à vos heures, souffert de ce problème. Je vous l'accorde, ces mauvais quarts d'heures sont de mauvais souvenirs, qui, j'espère ne se reproduiront plus grâce à la loi que je viens de faire voter pour abolir l’heure. Elle prend effet sur l'heure et je l’espère va remettre les pendules à l’heure.

  • Terminé les demandes d'heures intempestives dans la rue !
  • Terminé vos amis en retard à vos rendez-vous !
  • Terminée la fatale dernière heure !
  • Terminé les prises de tête à chercher midi à quatorze heures.
  • Terminé le guichetier qui n'est aimable qu'à ses heures.

Terminés, l'heure légale, l'heure d'été et l'heure d'hiver avec leurs changements, l'heure moyenne, l'heure H, l'heure vraie, l'heure GMT, la bonne heure, la petite heure, l'heure sainte, les heures qui n'en finissent plus, le réveil de bonne heure, et surtout, l'heure supplémentaire !

            TER-MI-NE !

Maintenant, à la bonne heure, tout ceci est terminé.

Mes chers concitoyens, l’heure est décisive, nous ne doutons pas que cette loi sonnera l’heure de gloire de notre mandat.


Bien cordialement.
Le Ministre de l'Heure.
FRANÇOIS MILHIET




samedi 26 octobre 2013

vendredi 25 octobre 2013

Une rue du New Jersey





une vieille photo retrouvée dans un livre. Parfois, ranger dérange, surtout à minuit passé, quand l'air est trop doux et que l'alcool ne titre qu'un haut degré de nostalgie...
 
 
minuit passé
mes pensées s'égarent
dans une rue du New Jersey

 
 
l'Atlantique
entre elle et moi
je ne sais pas nager

 
 
ma barque lentement dérive
sur le fleuve Amour
nuit d'octobre
 
 
 
Christian Cosberg
 

mercredi 23 octobre 2013

L'averse promise





les nuées semblent vouloir
la retenir
l'averse promise
 


un an déjà ( qu'elle est morte)
et son sourire
triomphal


 
crapaud sous la pierre
l'enfant bombarde
un cri de joie

 
 
insomnie -
la lettre s'écrit
toute seule

 
 
les yeux fermés
la mer plus grande
encore

 
 
au bout du fil
la voix clémente
du vieillard
 
 
Philippe Quinta
 
 

samedi 19 octobre 2013

mercredi 16 octobre 2013

Festival manga à Grabels









les petits fours
attendent en rang
la délibération du jury


*


festival manga
les tables s'envolent
vers le soleil


*

nappe dans le vent
l´ombre de la fille
s´envole


*

quizz manga
difficile d'être plus nul
que moi


*

démonstration de kung fu
le sabre soudain
tranche le nuage


*


solidarité Japon -
je feuillette le livre
des infortunes


*


tatami vert -
sabre au poing il déchire
le paper board


*

au claquement de serviette
les invités attentifs


*


jeune visiteuse 
un papillon
sur chaque paupière



*


cérémonie du thé
seule la dernière gorgée
est bruyante


*


dimanche d´automne
les joueurs de mahjong
ne décollent pas de leur chaise


*


sixième invitée
de la cérémonie du thé -
une mouche


*


livre grand ouvert
ĺ´enfant sourit
à sa dédicace


*


yeux hagards
l'enfant contemple
les figurines





Philippe Quinta

 


lundi 14 octobre 2013

Treize octobre





le bel après-midi
d'un dimanche
très octobre




Treize octobre-Texte et photo de Christian Octobre

 

vendredi 11 octobre 2013

Soleil touchant





soleil touchant
je ne cherche plus
à comprendre




Soleil touchant-Texte et photo de Christian Cosberg




mercredi 9 octobre 2013

Les Haïkus de Phil : Rue des souvenirs





l'été s'installe -
dans la rue aussi
les cris des enfants
 
 
*
 
 
cheveux hirsutes -
descendant la rue
il embrasse le soleil
 
 
*
 
 
rue piétonne -
de plus en plus d'hommes
à sacs à main
 
 
*

 
dans la rue,
 crâne nu
plutôt qu'avec une moumoute
 
 
*


rue de la gare -
je pisse sans honte
contre un parc mètre


*


rue du maure qui trompe -
autrefois, dit-il,
un coupe-gorge



*


rue noire de monde –
l’anglaise couvre de crème
ses cuisses blanches



 *


seul avec ma fille
dans les rues de Sète
un vent fou



 *


rue Verlaine
longtemps la fillette tourne
sur elle-même



 *


 rue ensoleillée-
le gros tas de sable
à peine entamé



*


 rue Thérèse
il élève du vin
dans son garage



*
 
 
rue du bout du monde -
un dominicain en habit
avec une valise verte
 
 
*


loin des lampadaires -
quatre artistes de rue
jouent avec le feu



*

 
Octobre
la rue soudain
se change en torrent
 
 
*
 
 
Toujours là
le petit magasin de jouet -
Rue de l'ange
 

*
 


la librairie
où je volais des livres
s'est agrandie



*

 
lever les yeux ~
la fenêtre de la chambre
où nous nous aimions



 *

 
dans la rue déserte
seul à m'émouvoir -
il neige


*


pour ce seul nuage
cela valait le coup
de sortir


*
 
 
dans la rue écrasée
une petite grue
de papier
 
 
 
 
Henri-Cartier-Bresson-Vélo-Solex-1952
 
 




 Philippe Quinta

samedi 5 octobre 2013

La souris amoureuse d'un chat






jadis
à l'ombre des grandes jarres
je rêvais d'aujourd'hui

de tes grands yeux
si calmes et profonds












Christian Cosberg


vendredi 4 octobre 2013

Dilemme

  



dimanche d'automne
pastis ou café
la mouche hésite




Dilemme, texte et photo de Christian Cosberg





Christian Cosberg 


mercredi 2 octobre 2013

L'Automne à Grabels





un chaton chie dans mon lit
pas moyen de savoir lequel
 
 
 
*
 
 
 
lumière d'automne -
le feuillage de la glycine
blanchit
 
 
 
*
 
 
 
la guêpe
de ces bouts d’œufs
qui nourrit-elle
 
 
 
*
 
 
 
autour d'un bouchon de liège
les cabrioles du chat
 
 
 
*
 
 
 
mon avenir dans
l'énième verre de vin
 
 
 
*
 
 
 
dans le livre d'enfant
deux chouettes ont le secret
du bonheur
 
 
 
*
 
 
 
après le repas
le vent se réveille -
les chaises sont vides
 
 
 
 
Philippe Quinta