mercredi 9 octobre 2013

Les Haïkus de Phil : Rue des souvenirs





l'été s'installe -
dans la rue aussi
les cris des enfants
 
 
*
 
 
cheveux hirsutes -
descendant la rue
il embrasse le soleil
 
 
*
 
 
rue piétonne -
de plus en plus d'hommes
à sacs à main
 
 
*

 
dans la rue,
 crâne nu
plutôt qu'avec une moumoute
 
 
*


rue de la gare -
je pisse sans honte
contre un parc mètre


*


rue du maure qui trompe -
autrefois, dit-il,
un coupe-gorge



*


rue noire de monde –
l’anglaise couvre de crème
ses cuisses blanches



 *


seul avec ma fille
dans les rues de Sète
un vent fou



 *


rue Verlaine
longtemps la fillette tourne
sur elle-même



 *


 rue ensoleillée-
le gros tas de sable
à peine entamé



*


 rue Thérèse
il élève du vin
dans son garage



*
 
 
rue du bout du monde -
un dominicain en habit
avec une valise verte
 
 
*


loin des lampadaires -
quatre artistes de rue
jouent avec le feu



*

 
Octobre
la rue soudain
se change en torrent
 
 
*
 
 
Toujours là
le petit magasin de jouet -
Rue de l'ange
 

*
 


la librairie
où je volais des livres
s'est agrandie



*

 
lever les yeux ~
la fenêtre de la chambre
où nous nous aimions



 *

 
dans la rue déserte
seul à m'émouvoir -
il neige


*


pour ce seul nuage
cela valait le coup
de sortir


*
 
 
dans la rue écrasée
une petite grue
de papier
 
 
 
 
Henri-Cartier-Bresson-Vélo-Solex-1952
 
 




 Philippe Quinta

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