dimanche 27 juillet 2014

LES FESSES DE L'ABRICOT





Magritte - L'empire des lumières




 

L'araignée,
Ce crabe en deuil de la mer


*


tellement léger
que ses paroles
s'envolent


*

tellement lourd
que sa conversation
ne décolle pas


*


je l'ai aimée,
quand elle était
quelqu'un d'autre


*


des balles dans le magasin
des morts en soldes
la guerre 14


*


l'astuce
du pissenlit et du lapin :
un pacte de prolifération


*


peureux jardinier
autour du cœur
toute cette paille
de l'été d'avant


*


herbes de la pampa
une ivresse de grands espaces –
son petit jardin . . .


*


le vert du persil
permet-il d'espérer que
les tomates soient bonnes ?


*


il prend sa douche,
le réverbère, sous la lune,
comme ça dans la rue


*


un père et ses deux fils,
trois barbus boivent un café
pudeur des hommes


*


ce cœur,
qui n'a personne
à toucher


*


le jour m'a devancé
j'avais joué à cache-cache
avec la nuit


*


je vais
marcher sur les mains
pour retourner la situation


*


les fesses
de l'abricot
bien bronzées


*


plus moyen
de péter les plombs
des différentiels partout !


*


son cœur chirurgien
prend toujours la direction
des opérations


*


en somnambule
j'ai traversé ta vie
tu ne m'as pas réveillé


*


elle a
le sentiment profond,
plongeuse dans un snack


*


comment te comprendre,
moi qui ne lis jamais
un mode d'emploi ?


*


je tombe
sur une déviation
je suis dérouté


*


Jouissive
Les poils du nez
Elle m'a coupés


*


Le regard absent
Elle m'embrasse sans me toucher
Comme faisait maman


*


femmes de ma vie
chacune m'a acheté une cafetière
pour remplacer la précédente


*


je regarde trop en l'air
j'ai des ampoules
au plafond


*


la voir encore
pour un souvenir
supplémentaire







MC Craquou  

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