lundi 15 septembre 2014

PORTÉ AUX FERS




Gustave Courbet - Le désespéré





Un homme sourit.
   Tout entier dans sa défaite.
   Porté aux fers, en l'absence de mots.
   Ni nom. Ni lieu.
   Que la chose soit dite.

   Où vont-ils donc ces êtres textués qui bringuebalent d'une
 roue écarlate à l'autre, dans la grâce du plein été ?

Le feu ne pourrait-il ne jamais rencontrer personne...


                    

   Par rapport au présent, l'écoute se fait par l'oreille.
   Au profit du futur, l'écoute passe par l’œil.
   A l'égard du passé, l'écoute prend son essor dans la lumière.

   Ce que j'entends est déjà loin de moi.
   Ce que je vois m'a toujours précédé..
   Ce que je fus m'attend dans la lumière.




Désir et désert.
   Simple question de soif !
   La part du désir dans le désert.
   La part du désert dans le désir.
   Partitions mêmement équivoques.
   Sans cesse trouvées, sans cesse perdues.

   Pas plus qu'elle n'appartient à elle même, l'image ne peut
contenir le miroir.
   Tout possède tout ; et cependant rien.
   L'immense ne faisant que prolonger l'infime.

   Plus au loin, la rive séculaire de l'anneau.
   Et l'adjonction de l'espérance.




 Roch-Gérard Salager
Extrait de Futur Antérieur, aux éditions La Dragonne 

 

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