lundi 20 octobre 2014

DÉFAIRE LE TEMPS




Paul Delvaux - Train du soir




des ombres bleues
sous sa main allongée
le drap s'est froissé



*



il lui dit
tes yeux ont la profondeur
des sous-bois



*



il est tard
hôpital silencieux
une porte qui claque



*



dans l'herbier les violettes
ont un parfum
fané



*



sur ses paupières
du mauve en souvenir -
la veille dame est couchée



*



des ailes
sur les pétales fanés
- midi –



*



défaire le temps
fermer son livre
et le jardin



*



rêves ou poudre
de papillons
qui sait ?



*



enfuies
les âmes-fleurs
des grands enfants



*



dans le hamac
bercer des heures
bleues



*



dans ses yeux
chercher cette berceuse
qu'elle ne chante pas



*



en la chapelle
quelques prières
laissées aux hirondelles



*



une maison
dessus les lits des vieux
étoiles encloses



*



elle est mieux
dit la soignante
souriante



*



elle couchée
et puis son drap
froissé



*



dites-moi pourquoi
toutes ces hirondelles
dans les chapelles



*



Il ne sait
qui des bambous ou la pluie
murmure



*



Matin gris -
aux pluies le chagrin
s'égoutte



*



La vie
a-t-elle un sens dit-il
en faisant le poirier



*



dans le lilas
les oiseaux ont construit
une maison bleue



*



le vent
une belle histoire
infiniment



*



chercher
dans ces milliers d'étoiles
un regard disparu



*



- pluies -
doucement
son nom



*



Sous son chapeau fleuri
quatre-vingts
printemps






Sylvie Théraulaz



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire