jeudi 6 novembre 2014

IL N'Y AURA JAMAIS ASSEZ DE PASTIS




Albert Dubout






lent ce matin
comme si les voitures
allaient à pied




*




seul à bord
les enfants roulent tout seuls
les pointilles s'espacent




*




le soleil
a dénoncé
mes vitres




*




dans les rediff
parfois je ne sais plus
qui est mort




*




à l'équateur
le jour et la nuit ont su
se mettre d'accord




*




ce matin
il fait beau
comme une vie qui va bien




*




je t'aime
vêtue de rose
avec un goût de cerise à l'intérieur




*




je vieillis,
ta visite est devenue
un événement




*




fort à l'extérieur,
faible à l'intérieur,
maman a choisi papa




*



si on s'achetait des jumelles
pour regarder l'avenir
de plus près ?




*




elle m'a fait l'amour
à la Belge
une fois




*




Pourquoi
je ferais une croix sur le bonheur
je sais écrire




*




femme canon
je n'ai pas l'âme
d'un artilleur




*




le soir tombe
et ça fait mal




*



globe trotter de charme
ces femmes
au paysage décolleté




*




je me suis passé un savon sur le visage
je n'en suis pas plus raisonnable




*




je cherche un gué
pour sortir de mes larmes
sans sombrer




*




mes amours dévastées
des lianes enroulées
autour de mon ADN




*




soir de juin
quatre couples d'amis
trois cancers a table




*




les belles dames
aux longues chevelures
qui bouchent mon lavabo




*




ma solitude
me verse
un autre café




*




jusqu'à moi
elle a fait du chemin
cette banane




*




je suis au lit
dans les bras de la femme
invisible




*




6h
assis sur le lit
les pieds par terre
je pense
à toi
à moi
aux tournures de la vie
aux rivières
à l'eau enfermée ou noyée dans la mer
à la plage comme antichambre
à moi
à toi




*




j'ai voulu
jouer les durs à cuire
les femmes m'ont bouffé tout cru




*




un été noir
un éteignoir
les saintes Marie de l'amer






*




toute cette eau qui tombe
il n'y aura jamais assez
de pastis








MC Craquou





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