dimanche 30 novembre 2014

LUNE BASSE




Estampe XIXe siècle, Utagawa Hiroshige





L'amour l'effleura
le temps d'un pétale
porté par le vent



*



La poussière
que le tram soulève,
c’est aussi le printemps



*



Premières cerises mangées
mon vœu: écrire des haïkus
sur les... pamplemousses



*



A vélo sur le chemin
je touche du doigt
la lune basse d'été



*



Sur le chemin
dans le bois sombre
deux brigands: toi et moi



*



A l'heure des vêpres
un carillon mélange
les dernières douceurs d'été




Kawase Shoen




Trempés par la pluie
ils se réfugient
dans la chaleur d'un baiser



*



Quand le dimanche
les enfants jouent dans la rue
mon lundi est peuplé
de soleils et de princesses
en poudre de craie



*



Porté par le vent
un ballon s’envole –
il vient de la quitter



*



Début septembre
deux saisons se partagent
les arbres de la rue



*



Un raisin entre ses lèvres
elle le lui donne
de sa bouche



*



Son visage en mains
il distille la tendresse
sur ses lèvres



*



Bogue ouverte
mes doigts délogent la châtaigne
de sa douceur



*



Sept « je t’aime » comptés
sur le chapelet des gouttes d’eau
au long de ma main



*



Fenêtre allumée -
la même portion de jardin
grignotée chaque nuit



*



L'ombre de l'arbre
passant sous la grille
foule le gravier



*



Des arbres noirs
rampent en bord de rue
la lune blanchit les maisons
 


*



le curé s'avance
des ombres se tiennent sur le seuil -
une étoile brille plus fort



*



Automne installé -
le coin d'une tombe au soleil
attire le papillon



*



Novembre venteux -
derrière le paravent des branches
une lune dénudée



*



Les jours gris
épousant le creux rocheux
le vent chante



*



Le rouge du couchant
l'homme y trempe le regard
délaissant son verre



*



Un dimanche par mois
ses pas se font plus lents -
sa vieille mère l'attend






Iocasta Huppen


2 commentaires: