mercredi 21 janvier 2015

DANS UN CADDY BLEU





Lee Jeffries




Attendant la lune
une luciole ce soir
guide mes vieux pas



*



Le chardonneret
annonce à qui veut l'entendre
la fin de la sieste...



*



Le chardonneret
détricote le silence
la mare se tait...



*



Couché dos au sol
deux nuages se bécotent
le son de ta voix...



*



Ce n'est pas l'hiver
pourtant dans la cheminée
le feu bat son plein...



*



Frisson matinal
la démarche du corbeau
sur l'asphalte humide...



*



Piégés les pétales
dans la toile d'araignée -
la nuit prend le pas...



*



Voilà que le tilleul
suggère aussi des haïku
serait-il atteint ?



*



Face au vent trop fort
une toile d’araignée
largue les amarres



*



Sans tapis de feuilles
à même le sol s’allonge
le vieux SDF



*



Poussant sa tribune
elle occupe les saisons
à nourrir des chats



*



Dans les méandres
du ruisseau les feuilles mortes
reflets argentés



*



De nouveaux galets
dans le lit de la rivière
mais où sont les autres ?



*



Voir tomber les feuilles
n’est-ce pas mourir un peu
saison après l’autre



*



Quelques feuilles mortes
anonyme dans son sac
le « dormeur » du quai



*



l'âme vagabonde
à la fenêtre la lune
ne parle qu'à moi.



*



Des trombes de pluie
tambourinent sur le toit
un air de saison



*



Plus longue est la nuit
distraite la vieille lampe
s’allume en retard



*



le nomade urbain
pèle-mêle son « chez-soi »
dans un caddy bleu



*



La famille entière
passe la nuit sous le pont
une parmi d’autres



*



Sous un toit percé
tintinnabulent des gouttes
au fond d’un vieux seau



*



la fin de saison
pour la fille du métro
aller sans retour



*



Comme le Bouddha
dégarni le vieux tilleul
scrute la saison



*



Badauds par milliers
à tracer dans tous les sens
bien seul à t'attendre



*



Gare centrale
vraie fourmilière ce soir
comment te trouver



*



Devant le gros chat
téméraire le moineau
va chercher des miettes



*



sur le bout de mur
se suivent des coccinelles
en atterrissage



*



Le qalam dispute
à la plume l’encrier
le haïku s’éclipse…



*



J’ai la nostalgie
du grillon de la cigale
et des vents d’été



*



Partager la soupe
dans le couloir de la gare
le chat vient aussi






Allal Taleb

 

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