vendredi 23 janvier 2015

IL EST TOUJOURS PLUS TARD QUE L'ON NE PENSE




Photo de Philippe Quinta





              Prédire le temps, debout, derrière la fenêtre, sans prendre le soin d'écarter les rideaux.

           Réconcilier la main et le miracle.
           Au bénéfice du jour qui vient.
           Et de celui qui va ; sans aucune forme d'inventaire.

           La souffrance ne se partage pas.
           Aussi le solitaire doit-il faire nombre en lui-même.
           Le corps creuse ce que l’œil n'a pu voir.

          Il est toujours plus tard que l'on ne pense.
          On peut vivre aux côtés de quelqu'un sans connaître son exil.



                                                               *

          Tout au nord, une maison vide.
          Sur les murs, des portraits endormis.
          De la dentelle sale. Les serviteurs partis.
          Toute langue est lourde d'incertitudes.
          Les maîtres de l'endroit ont-ils su saisir quelques 
          chances avant de s'effacer ?

          Ces pierres qui ont bordé les premiers feux vers où nous 
          nous rendons, entourés de romance, d'itinéraires, 
          de cadastres, d'alphabets...

          Marcher. Bénir. Brûler.
          N'y a-t-il pas là un même geste...






Roch-Gérard Salager

Extrait de Peut-on vivre si loin... aux éditions La Dragonne
                
               

1 commentaire:

  1. Textes toujours très beaux,très recherchés et très justes.J'apprécie beaucoup....

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