dimanche 22 février 2015

LA FAUTE À SHIKI




Myoe Win Aung






comme à six ans
les pieds poussant les feuilles sèches
même bonheur



*



"c'est propre !"
pour elle-même lavant le sol
la dame du café



*



Coeur androgyne
le miroir est un autre
qui te fascine ...



*



le chien le jour
le chat la nuit
et voilà mes amours



*



au mot promenade
il court chercher sa laisse
très fier de lui



*



au lever
douleurs de vieille dame
dans sa tête 15 ans



*



perdue dans ses pensées
et soudain
l'or dans les peupliers !



*



de bon matin
maître en joie de vivre
mon chien



*



11 novembre
quel drôle de dimanche
ce mardi !



*



marche lente
sous le lent balancement
des grands arbres



*



de la farine
sur le nez
le bébé du boulanger



*



sur son lit de mort
elle m'a dit:
tu vas me manquer



*



ma vieille voisine
chevilles enflées; sur son dos
l'agonie de son frère



*



à table !
que sauront-ils des mille gestes
les invités?



*



calme
chien chat enfants sont rangés
pour la nuit



*



jardin abandonné
nous nous sommes faits voleurs
de ces fruits du soleil



*



l'éphèbe
ne se sait pas encore
éphémère






vers le ciel gris
les bras noueux de l'arbre mort
et ma chanson



*



rivière furie
es-tu encore
mon amie ?



*



les mots
ces traitres
impénitents



Takeuchi seiho




dégagés ou chargés
le cœur et le ciel
impermanence



*



les enfants jouent
à chat perché
le chien aussi



*



petit matin
elle et son chat se ronronnent
des mots d'amour



*



matin d'hiver
dans le four des cookies
pour mes amies



*



la faute à Shiki
le sommeil parti
reste le silence



*



deux dans la chambre
le tic tac et moi



*



elle fait une tarte
"pour si quelqu'un vient"
ma voisine






véranda au soleil
quatre amies à tour de rôle
trois écoutant l'une



*



il fait froid
il chantait white christmas
mon papa



*



de la pêche au haïku
n'ai ramené
que le bruit de l'eau



*



lente après-midi
l'ennui parfois prend des airs
d'autrefois



*



nuit d'hiver
en moi aussi
les cris du vent



*



ciel bas
dans l'air pourtant
une petite joie



*



rêve de grand froid
la chaleur d'une cabane
et d'un chercheur d'or



*



l'après-midi
en or s'achève
le chat s'étire







Joëlle Quinta-Rayner

 

3 commentaires:

  1. Très beaux.
    de la pêche au haïku : un chef d'oeuvre! lorenzo

    RépondreSupprimer
  2. Bel ensemble chère Joëlle, de la douceur qui dresse un portrait accueillant ��

    DuBleu Dansmoncafé

    RépondreSupprimer