jeudi 26 février 2015

L'ESCALE DU SOIR




Félix Valloton - Coucher de Soleil





un petit air frais sur les épaules
elle sera plus légère
la journée



*



au premier sourire qui passait
ce matin
le bonheur s'est accroché



*



Arthur a quatre ans
nous jouons ensemble
j'ai oublié mon âge



*



si fatiguée ce soir
que le parfum des fleurs
m'entête



*



la rue est obscure
tranquille le chat
traverse la nuit



*


sur le sable mouillé
l'empreinte éphémère
des oiseaux de mer



*



un instant de calme
avant la nuit
l'escale du soir



*



l'été se fatigue
l'automne
lui tend la main



*



coquillage oublié
à marée basse
mon coeur



*





Paris plage plie bagage
sur la seine
les bateaux passent



*



26 août 1968
sur mon arbre de vie
une nouvelle bouture
Leila ma fille



*



pour laisser passer le jour
le petit matin
ouvre les écluses



*



sous mes pieds fatigués
les feuilles craquantes
de l'automne



*



des lambeaux de nuage
traînent dans le ciel
épaves sans rivage



*



on replie le divan- lit
comme on replierait la vie
dans l'appartement trop petit



*



sur la mer
ou l'été s'est noyé
le soleil décline



*



déshabillés par l'automne
les arbres prennent
un bain de soleil




*



mariage de la lune
toutes les demoiselles d'honneur
scintillent



*



ruisseaux de lavande
sur les coteaux
parfumés de Provence



*



elles sont lourdes
les heures de la nuit
sans lune



*



douceur automnale
l'hiver
en trompe l'œil



*



elle a fait son lit
au creux de la nuit
la nostalgie









il n'a rien à redire
à cette petite pluie
le jardin



*



un filet de lune
descend sur la mer
et pêche des poissons d'argent



*



protégée par les remparts
de la nuit
la ville s'assoupit



*



immobile
dans son petit châle de brume
le croissant de lune



*



à petits pas
sur la patinoire de ma vie
j'avance



*



le vent froid
a traversé ma nuit
en gémissant



*



journées musicales
après le chant de la pluie
la complainte du vent



*



loin de mon pays
je suis la feuille arrachée
de sa branche



*



carnet d'adresses
trop souvent nos larmes
les effacent



*



la fleur frémit
à la caresse du vent
ta main sur mon corps








Nicole Braham


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