dimanche 15 mars 2015

IL Y A DES SOIRS... - DuBleu Dansmoncafé




Ito Takashi






Ce matin l'opéra
Merles et merlettes en divas
mon thé musical




*




Qu'importe le jour
la nuit l'heure ou la seconde
toujours ton absence




*




Un peu d'eau écume
ni amertume ni rien
juste de l'espoir




*




La résignation
peu aisée à digérer
empâte le corps




*




Potager du roi
Légumes et fruits mûrissent
Au son du jet d'eau




*




Musique coupée
seul le chant des tourterelles
colore mon thé




*




Mon premier chez moi
j'entre le cœur aux aguets
une clef en main




*




Blanche voie lactée
chemin du petit Poucet
en traînée céleste




*




Jour de pluie grisaille
je traîne ma solitude
au bistrot du coin




*




Larmes il suffit
place au rire et au champagne
Andrée ma manquante




*




Par le feu du fer
faire taire les embruns
en un rire aux larmes




* * *



A s'en dévisser les vertèbres, hier soir je regardais les derniers moutons blancs s'évaporer tranquillement dans le bleu finissant du soir ; un sourire idiot me fendant la face.
Que m'importait puisque c'était seule que je descendais la rue principale du village.
En moi une brusque envie de me coucher là, sur le sol, pour mirer éperdument ce petit bonheur gratuit.
Puis, plus tard dans le creux de nuit, la voie lactée et sa cohorte scintillante ont clôturé ce radieux samedi d'octobre.



Être heureux de peu
le ciel habille mes rêves
de bleu et de blanc




*




Volée de corbeaux -
la colline d'en face
gommée par la brume




*




Station RER
un parfum la repeint
en crème pâtissière




* * *




Il y a des soirs où tu ne sais plus comment tu t’appelles ni pourquoi tu t’accroches comme ça au rebord de ton plan de travail fariné, le corps secoué de larmes qui sortent à grands bruits, t’inquiétant de ne pas en faire trop fort de ce bruit qui jaillit de toi.
Des soirs où sans comprendre pourquoi ce soir-là et pas un autre tu ressens plus intensément l’amputation, car c’est le seul mot qui te vient à l’esprit, l’amputation dans ta vie de celle qui t’a aimée et accueillie dans sa vie à elle comme une mère, une seconde, la dernière.
Cette brèche ouverte et béante encore te revient à la gueule comme une gigantesque gifle et ton esprit n’arrive pas à canaliser son chagrin.
Ce qui fut n’est plus.
Ainsi en est-il.
Et pourtant tout en toi proteste, crie à l’erreur et à l’injustice.
Ne te reste que l’écrit.
Pour y coller tes larmes, renifler un bon coup, salir de ton eau chaude les touches de ton clavier et te prendre pour Scarlett O’Hara en te disant que demain ça ira mieux, que demain est un autre jour.
Un autre jour sans elle.




Cimetière d’un soir
la pierre froide se chauffe
de mes larmes bleues




* * *




1er décembre
le décompte des jours s'habille
de chocolats




*




Chuuuut les diurnes
voici l'heure bleue des noctambules
et des secrètes tendresses




*




Poissonnerie
le frais des odeurs ravive
mes souvenirs d'enfance





*





Bleu de nuit
appel à la paix sans oubli
sans pardon non plus





*




Silence de l'instant
l'or du soleil coulisse
le long du chèvrefeuille





*




Minuit silence -
le souffle du sable bleu
endort les poètes






Lhanne Indigo
(DuBleu Dansmoncafé)



8 commentaires:

  1. Très beau moment merci Lhnne indigo

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    1. merci pour vos mots !

      Lhanne Indigo

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  2. un joli ensemble empreint de solitude

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    1. merci pour votre commentaire :-)

      Lhanne Indigo

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  3. Monique Junchat15 mars 2015 à 23:20

    très forte émotion!

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    1. Merci Monique <3 !!

      Lhanne Indigo

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  4. Nul doute; je te reconnais là et te vois vivre ces moments que tu as figés de ta plume.
    Stéphanie

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