jeudi 26 mars 2015

SOIR D'ÉTÉ



Tsuchya koïtsu - Yanagbashi-Sale







vivre après Auschwitz-
l'entêtante odeur
du mimosa




*





femme à la burqa -
vif derrière le treillis
l’oiseau du regard





*





Pause bavarde
entre deux salves
de caresses





*





Éclats de rire -
Poutine et le Pape
sont « Charlie »



*



lendemain de colère-
mon voisin fait tout tailler
dans son jardin




*





nuit agitée-
cauchemar de guerre
rien que des morts




*




Après la marche
reprendre le dialogue
avec la lune




*







septième jour de l'an -
rafale de kalachnikov
une page est tournée...





*





Journée d’hiver
engourdie de poésie
-l’esprit exalté





*





Avec le temps
Les tuiles devenues poreuses
-la larme facile





*





Noël- s'il vous plaît
"écris-moi un haïku"
me répète l' enfant





*





Le sdf
penché dans la poubelle
la lune si maigre !





*





Première gelée-
sur la table du jardin
duvet de glace





*





Pont des arts
le musicien fait le « bœuf »
avec le vent





*





Chemin de hallage –
juste au loin un pivert
qui picore l’espace





*





Couleurs d’automne
blottie au milieu du livre
-feuille momifiée





*





Début novembre-
retrouver les pulls en laine
ajourés par les mites





*





Anniversaire-
un peu de sable a coulé
dans le sablier.....











restés prés du lit
ils ne réchaufferont plus
ses pieds Les chaussons





*





bruit de tondeuse-
le vent m’apporte les parfums
de l’herbe coupée





*





Émergeant de la sieste
l’ombre de l’arbre
a changé de coté





Vincent Bioulès - L'allée des béas






Fosse commune-
dans un coin du cimetière
pots de fleurs fanées





*





À nouveau la Toussaint
a nouveau le chrysanthème
a nouveau la mort





*





Vieux robinet -
toute la nuit toc toc toc
dit la goutte





*





Vieux garçon-
dans son regard imprimés
des regrets





*





Montagnes de brumes
J’y dépose mes rêves
-offrande à l’éphémère





*





Livre d’occasion-
sur le marque page oublié
un haïku





*





Ami disparu-
encore présente sa voix
sur son répondeur





*





Par poignées ses souvenirs
dispersés par le vent
-automne précoce





*





Ciel lumineux-
des cheminées d’usine
s’échappent des nuages





*





Marelle -L’enfant
trop pressé d’aller au ciel
les genoux en sang





*





maison ancienne-
dans ma paume la douceur
du bouton de porte





*





soir d’été -
plus qu’un à
déboutonner
et la robe tombe …





*





banc de l’hospice-
une vielle jeune fille
refait ses tresses





*





bibliothèque

caché derrière Rousseau

le marquis de Sade





*





Fukushima
il ne peut regarder les
vagues sans pleurer





*



bassin du Luxembourg-
ma jeunesse
y navigue toujours








Patrick Somprou



4 commentaires:

  1. impressionnant, varié, très forts et très beau

    RépondreSupprimer
  2. des petites merveilles ces haïkus, Merci Patrick et surtout merci Christian pour ce merveilleux travail - Graziella Dupuy

    RépondreSupprimer
  3. J'aime bien la diversité des thèmes. Merci à vous l'écrivain et l'accompagnateur sans qui cette lecture ne serait possible. Claude-Alice

    RépondreSupprimer
  4. beaux, tous si différents : merci pour le voyage ;-)

    RépondreSupprimer