dimanche 7 juin 2015

FRISSONS BLEUS





Uemura Shoen








vache au pré
la queue dessine
un nuage



*



au bord de l'eau
une aile de papillon
abandonnée



*



grasse matinée
de temps en temps un oiseau
traverse la lucarne



*



au large
un bateau de pêche
ou la dernière étoile



*



sur mon poignet
fraîches les deux premières
gouttes de pluie



*



soleil oblique
les arbres s’allongent
dans le sentier



*



dans l'herbe verte
elle enfile des perles
la toile d'araignée



*



entre les rochers
une feuille blonde
a caché son or



*



solitude
l'allée des amoureux
a perdu ses feuilles



*



brouillard
je marche, fantôme
entre des fantômes



*



hiver
le ciel bleu
un couteau sur la peau



*



solstice d’hiver
les vieux tout heureux
du surplus de lumière



*



rosée
des gouttes de nuit
au bord de l’aube



*



cueillie sous la bruine
acidulée et fraîche
une pomme



*



au-dessus des plaines
un Mont Blanc
de nuages



*



fin de l'averse
la dernière goutte
ne me rate pas



*



odeur de roches
ou de silence
le petit sentier



*



il n’en finit pas ce rose
d’ouvrir ses pétales
à la brise du soir



*



bord de mer
par vagues successives
me visite son silence



*



aube limpide
dans la rue une voiture
en sens interdit



*



dattiers en fleur
le bec rouge de la sterne
dans le bleu du fleuve



*



tremblement
dans les feuilles légères
danse la lumière



*



le souffle du vent
sur les frissons bleus
de la mer



*



jardin d’avril
goûter dans le vert des feuilles
la joie du moment



*



crépuscule
le coeur de la rose
de plus en plus visible



*



crépuscule
doux entre les mains
le sable



*



printemps
son rire espiègle
me rajeunit



*



les criquets
au passage du vent
plus loquaces

*

le ciel est trop bleu
les vaches dans le pré
ferment les yeux



*

 

les rides de l’eau
portée musicale
sans notes



*



un oiseau
traverse le soleil
pour aller au nid



*



dans le vert
de chaque feuille
une once de soleil



*



odeur de roches
ou de silence
le petit sentier



*



le saule
admirer ses mobiles
de lumière



*



printemps
la rose et son reflet
sur la table



*



le mégot d' hier
toujours sur la dalle
plus le papillon



*



il pleut
invisible depuis hier
l'écureuil



*



de ses yeux rétrécis
que regarde le chat
dans la mer ?



*



ça gargouille
la vie reprend de plus belle
dégel



*



le vieux prof
ne se souvient
que de leur surnom



*



buée matinale
l’enfant sur le pare-brise
écrit un nom



*



dans l'autobus
nos jambes lentement
font connaissance



*


Aurore
les mots que l’on a tus
me reviennent





Marlène Alexa






4 commentaires:

  1. wahou très belle série oui, "un couteau sur la peau" incroyable ce vers !

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  2. Monique Junchat7 juin 2015 à 18:03

    Magnifique, suite de perles, bravo Marlène!

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