lundi 5 octobre 2015

LE DERNIER VERRE DE SAKÉ - CHRISTIAN COSBERG




Tsuchiya Koitsu






aigre-doux
son tête à tête
avec un cornichon



*



chaleur
l'après-midi
se déboutonne



*



coup de vent
mon ombre mise
à la porte



*



pas de barrière
la maison n'est gardée
que par des fleurs



*



ancienne voie ferrée
une sorte d'attente
habite son chemin



*



sortie du Casino
pour pas un rond
la pleine lune



*



ikea
pour le prix d'un meuble
un casse-tête chinois



*



entre deux catastrophes
la douceur de quelques grains
de muscat



*



radio éteinte
le chant des oiseaux parle
d'un autre matin



*



rentrée
l'envie de ne pas descendre
du train



*



quelques jours
à piétiner au bord
de moi-même



*



nuits de septembre
l'été découche
de plus en plus souvent



*



tous ces chemins
ne mènent qu'à toi
petite colline



*



plainte lugubre
ma vieille porte et sa voix
de tragédienne



*



septembre
une cagette de raisin posée
sur la table



*



au bord du champ
des caisses remplies de pommes
le bruit d'un tracteur



*



nuages lourds
la ville silencieuse
attend



*



un reste de lumière
accroché dans les grands pins
tout est silence



*



à l'ouest
entre deux averses
une confiture de roses



*



septembre
toutes les nuits à discuter
avec l'automne



*



matin clair
encore trop d'immeubles
autour de moi



*



faire de vieux os
une ambition
de squelette



*



après la pluie
le figuier m'offre un délice
au milieu du vent



*



sur le chemin
suivi par un nuage
de moucherons



*



ciel d'ardoise
le couvreur a travaillé
toute la nuit



*



fondue de gris
le ciel et l'été passent
à la casserole



*



quelques pas
dans l'odeur vivante
de la nuit qui vient



*



minuit
même le silence
a quelque chose à dire



*



thé vert
j'aime qu'il me menthe



*



lune rousse
je n’aurais caressé
que le chat du parking



*



deux grandes oreilles
émergeant de la brume
le jour se lièvre...



*



cette vieille histoire
que murmurent la pluie et le vent...
nuit d'automne



*



sofa
parfois je meuble
le silence



*



pluie fine d’octobre
le dernier verre de saké bu
à toutes petites gorgées







Christian Cosberg

  

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