lundi 2 mai 2016

UN RIEN DE FRAMBOISE - CHRISTIAN COSBERG




Nataliya Corfu-Ivanyuk





bu la tasse
avec la fille au teint
de porcelaine


*


mes pensées
zigzaguent
sur ta peau


*


dans l’assiette
mon dernier radis
et sa coiffure de mohican


*


comme l’abeille
le nez dans la fleur
d’amandier


*


ces êtres
qui vous aiment instantanément
le chien qui passe


*


un air de printemps
sa musique
au dessus des fleurs


*


jour de pluie
une lumière jaune ensable
le matin


*


plein soleil
l'après-midi dans les bras
du vent


*


banc au soleil
quelques secondes
j’habite là


*


vieille joie
elle remonte les ruelles
du village


*


mars en ville
le nid de l'oiseau
terminé avant l'immeuble


*


un peu gris
après trois verres
de blanc


*


au printemps
de si jolis mensonges
dans la bouche des anges


*


repas en amoureux
en amuse-bouche
nos bouches


*


sous mes pas les moineaux
cette volée de flèches
sortie des buissons


*


toujours la même nuit 
passée 
le nez dans tes cheveux


*


dans la vitrine
un livre guère épais
sur Tolstoï


*


burka
enfermées
dans un tissu de mensonges


*


soleil caché
une femme en noir
traverse la place


*


la nuit
ce vieux chemin
qui nous ramène chez nous


*


Bruxelles
un matin
de larmes


*


jours d'infamie
ce besoin de revoir
la mer


*


un matin
encore un matin
le chemin m’attend


*


le jaune citron
de deux papillons
escaladant le ciel bleu


*


les mouches aussi
parlent du printemps
derniers jours de mars


*


ah ! sur chaque arbre
une pouponnière
de feuilles


*


soleil de mars
il pose sur l'horizon 
un sourire d'enfant


*


traversée du désert
avec un fille
un peu gourde…


*


loin dans la campagne
un peu de joie embusquée
parmi les fleurs


*


premier d'avril
il pleut
un ciel de tourterelles


*


beau temps
quatre amis
sous la pluie


*


face à face
le pommier en fleurs et une fille
à la taille de guêpe


*


coccinelle
le garagiste me parle
d’une mise au point


*


sur l'auvent
la basse continue
d'un matin de pluie


*


léger léger
le vent tiède
sur les primevères


*


le vent souffle bleu 
le grand meeting
des goélands


*


du voisin
je ne connais que son volet
qui grince


*


loin de la ville
encore une fois je me perds
dans les hautes herbes


*


pâquerettes
la fine fleur
des demoiselles


*


hautes herbes
mes amis sont le fenouil
et la folle avoine


*


à midi
le soupir du vent
je n'aurais pas mieux dit


*


arbre de Judée
sur la route noire il pleut
du mauve


*


dimanche d'avril
un rien de framboise
sur le bout de tes doigts


*


fleurs des champs
un bouquet dans un coin
de ma tête


*


vent froid
garé au soleil
dans deux mètres cubes d’été





Christian Cosberg





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