jeudi 16 février 2017

CE VIEUX RHUM - CHRISTIAN COSBERG





Jean-Claude Götting







je rêve encore
d’un chemin qui se perd
dans les herbes folles




à l’évidence
tu es ce chemin
qui me traverse…




tisserands
au fil de l’autre doucement
se relier au fil de soi


*


arbouses
à défaut de la lune
je décroche
quelques planètes rouges


*


au matin
plein ouest
la lune
grosse de tous les rêves




trois pas de danse
pour éviter
l'enfant qui joue


*
 

tout l’or du couchant
braqué
par une bande de corneilles


*
 

après la pluie
la rivière chante
de toutes ses forces


 *


si seulement l’hiver
n’était que l’hiver
la pluie dehors




malgré la pluie
la neige ne quitte pas
la tête du vieillard


 


radio éteinte
le petit matin reprend
des couleurs


*


parfois la vie est belle
quand on se raconte
des histoires…


*


ton rire
et tes sourires
mes habits d’hiver


*


dans ses yeux
la promesse
d’un chemin


*


en bas
ce bruit de sources
- des enfants qui rigolent


 *


mine de riens
le quotidien
et ses pépites...


*


millefeuile
ah, les romans
pâtissiers !


*


ce soir
le froid partout
où tu n'es pas


*


nuit d'hiver
je suis ce vagabond
aux rêves de paille





minuit
au coucher se réveille toujours
un peu d'enfance


*

 

le menu ne varie guère
encore une tranche
de matin froid


*


 
prendre des gants
pour parler
du temps



*

 

fin de soirée
plus qu'une bougie
au fond d'un verre
qu'une petite valse d'ombres
dans le salon désert



*

 
à petits pas
sur les trottoirs ivres
de glace



*


un peu inquiet
de ce bruit de roulette

du dentiste russe…


*



pages blanches
sur l’histoire endormie
toute cette neige à déblayer


*


nuit de givre
suspendus au bon vouloir
des étoiles filantes



*


miss météo
un grand froid entre
elle et moi



*


les filles trop légères
finissent toujours
par s’envoler…


*


à force de lui tourner autour
qu’est-ce que la lune
sait de la terre ?


*


journée d’hiver
mon tête à tête
avec une fleur


*


brumes
il faut du temps
pour y voir clair



*
  

tondeuse
une machine à remonter
les tempes


*


matin frisquet
la neige éblouissante
des fleurs d’amandier



*


un morceau de nuit
jeté sur les épaules
les collines s’estompent



*


tous les carreaux
éclaboussés
de matin bleu


*


au carrefour
un goéland s'improvise
agent de la circulation



*


portière claquée
plus que quelques mètres
de nuit froide



*


d'un baiser
lui voler ce mot
qu'elle a
sur le bout de la langue



*


aujourd’hui
tant de monde
au bord de l’amer…



*


fin d'après midi
enfin le soleil trouve le temps
pour passer nous voir



*


tout s’explique
né la même année
que Gaston Lagaffe



*



quelques gorgées
de ce vieux rhum dérobé
au temps qui passe





Christian Cosberg






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