mercredi 17 mai 2017

UN MATIN DE DRAPS BLANCS - CHRISTIAN COSBERG




Don Hong-Oai







magicienne

elle fait d’un morceau de sucre

un canard

*



nuit claire

entre deux culottes, éclatante

Vénus

*



terrasse ensoleillée

une petite promenade

avec un verre à pied

*



son déhanché

soudain de la brume

dans mes lunettes

*



sortie de la ville

la lune dans le dernier

quartier

*



au milieu du champ

un vieux chêne

et moi

*



comme l’oiseau

le soleil chantonne

dans les persiennes

*



petit matin

refaisant le lit j’emprisonne

un reste de rêve

*



de la lune

ne reste

qu’une rognure d’ongle

*



tôt le matin

la voix de mes parents

qui monte du jardin

elle ne résonne plus

que dans mes rêves

*



en gros

ne pas

m’aigrir

*



pressé

le camélia passe

au rouge

*



premier jupon

la dentelle

des jeunes feuilles

*



plié

dans ma panière

un matin de draps blancs

*



blue jean’s

toujours vêtu d’une nuit

farcie d’étoiles

*



framboise et orange

les confitures repoussent

le petit matin gris

*



engagé

sur un chemin qui ne cesse

de me conter fleurette

*



perchoir

le feu tricolore passe

au gris tourterelle

*



entre elle

et moi

quelques pivoines

*



un jour ou l’autre

penser à rendre ce corps

que la terre nous a prêté…

*



vieil homme

la place traversée

comme une aventure

*



ce trésor

dans mon cabas

une mangue

*



au cœur

des pêchers en fleurs

la vie en rose

*



une source intarissable

d'emmerdements

mon voisin

*



zigzaguant

entre les gravats

des pâquerettes

*



trois pas sur le sable

partir revenir

comme moi la mer hésite

*



un mur de pierres sèches

deux lézards

et moi

*



début du printemps

quarante ans plus tôt

tout semblait possible

*



radio arrêtée

enfin la station

du silence

*



accord parfait

le chant des oiseaux

et des dernières gouttes

*



nuit chaude

je pousserais bien les murs

jusqu’au grand vent

*



longtemps

la glycine en fleurs

marche à nos côtés

*



riche

d’un peu de soleil

et de calme

*



coups de marteaux

mon voisin cloue le bec

aux oiseaux

*

à petits pas dans le champ

livré au murmure

des butineuses

*



vent de face

je vais finir par ressembler

à Monsieur Spock
 

*



ces petits rires

les jeunes feuilles

dans le vent

*



depuis le début

en faim

de vie

*



passer

d’une journée à l’autre

comme on claque une porte

*



quinze mètres de varappe

pour goûter mes fraises

la fourmi

*



juste avant l’orage

le frémissement

des peupliers

*



nuit de fièvre

du vent les caresses

de linge frais

*



toutes rentrées

au bercail de la nuit

les collines

*



jusqu’à la fin

commettre des erreurs

de débutant

*



le temps

cet enfant qui n’arrête pas

de courir

*



neuf heures du mat

le papillon de nuit

fait des heures sup

*



vieux chemin

toute la beauté

du temps qui passe

*



comme ce chemin herbu

mon cœur serpente

au bord des vignes

*



au cœur des herbes sèches

une petite pluie

de sauterelles

*



avant la pluie

les petits rires de quelques

élégantes

*



petit matin

l’impatience

des rossignols

*



75 centimes d’une joie

toute rouge

premières cerises






Christian cosberg






4 commentaires:

  1. Sans modération... laissez tomber les 5 fruits et légumes et prenez 5 haikus de CC, votre santé sera sauvée !

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  2. Toujours ce petit plus qui n'appartient qu'à toi. Un regard malicieux mâtiné d'élégance. Honorée de te connaître cher poète !

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  3. Merci mon amie ! Tout aussi honoré de te connaître, chère Anne.

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